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«Les premiers agresseurs des femmes mariées sont les époux»

Publié le 07/03/2016, par dans Non classé.

– Quel constat faites-vous de la situation en matière de violence à l’égard des femmes ?

Si l’on se réfère aux statistiques, nous constatons une hausse du nombre des victimes. Nous sommes passés de 7000 femmes violentées en 2010 à près de 10 000 en 2015. Cette hausse peut être le résultat du fait que les femmes sont de plus en plus nombreuses à dénoncer les agressions dont elles sont victimes.

– Ne sont-elles pas encouragées par ces nouvelles lois qui pénalisent ces violences ?

La loi a toujours pénalisé la violence. Elle ne fait pas de distinction entre les sexes lorsqu’il s’agit, par exemple, de coups et blessures volontaires. Peut-être que la nouvelle loi va encourager à dénoncer, mais pour l’instant, grâce aux campagnes de sensibilisation relayées par les médias et la formation de la police pour faire face à cette violence, les femmes ont tendance à ne plus accepter de souffrir en silence.

– Quels sont les types de violence auxquels sont le plus souvent confrontées les femmes ?

Les violences physiques continuent d’occuper le podium. Le milieu familial, censé être sacré et le plus protégé, est l’espace où cette violence est la plus présente. Lorsque la victime est mariée, l’époux vient en première position de la liste des agresseurs. Les célibataires sont souvent victimes d’agressions commises par des étrangers, soit des collègues, soit des inconnus. Les mineurs sont dans leur majorité victimes de violences sexuelles, et les auteurs sont souvent des proches, rarement des étrangers.

– Est-il vrai que les victimes qui déposent une plainte au niveau de la police se rétractent une fois devant la justice ?

Au niveau de la police, lorsque la plainte est déposée, même si la victime se rétracte, la procédure se poursuit. Il est vrai que certaines familles peuvent exercer des pressions sur les victimes, surtout lorsque l’agresseur est un proche, pour que l’affaire n’aille pas loin. Mais je pense qu’il y a une prise de conscience.

– Les travaux de la Conférence des chefs de police africains sur les violences à l’égard des femmes s’ouvrent à Alger. Quelle expérience la Sûreté nationale va-t-elle partager ?

La Sûreté nationale a consenti des efforts importants pour faire face à ce fléau. Elle a une expérience particulière dans le domaine. L’accent a été mis en matière de formation dont les sessions se multiplient chaque année. Quatre sessions ont été organisées en 2015 pour permettre au personnel et aux cadres de la sûreté de mieux appréhender la problématique. Cette conférence verra la participation de trois panels qui évoqueront les stratégies globales de lutte contre les violences à l’égard des femmes. Chacun des pays va présenter son expérience en la matière et l’Algérie présentera sa stratégie. Lire la suite

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