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Les parts de marché du gaz algérien menacées

Publié le 23/02/2016, par dans Non classé.

Le chef de l’Etat a présidé hier un Conseil restreint consacré à la politique nationale dans le domaine du gaz.
Ont pris part à cette réunion le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, le ministre d’Etat, directeur de cabinet de la présidence de la République, Ahmed Ouyahia, le conseiller spécial auprès du président de la République, Youcef Yousfi, le vice-ministre de la Défense nationale, chef d’état-major de l’Armée nationale populaire, le général de corps d’armée, Ahmed Gaïd Salah, ainsi que des membres du gouvernement, a indiqué l’agence APS. La mutation du marché gazier mondial a donné l’éveil à un gouvernement qui semblait perdre de vue les horizons qui s’assombrissent davantage au gaz algérien.

L’activité de l’amont gazier et pétrolier continue de ralentir, alors que le pays peine à avoir, en aval, une politique compétitive de transformation du gaz. En témoignent les chiffres communiqués par l’Opep qui lèvent le voile sur une contraction de 16% des exportations algériennes de pétrole en volume et de 5,4% des quantités du gaz exportées durant l’année 2014. Les exportations via gazoducs, essentiellement destinées à l’Europe, notamment l’Espagne et l’Italie, sont passées de 34,2 milliards de mètres cubes en 2012 à 28 milliards de mètres cubes en 2013, soit un recul de 18%.

A l’issue des débats dudit Conseil, le président de la République a « ordonné» à juste titre « la poursuite et l’intensification de la prospection des ressources en gaz naturel, insistant également sur le respect des plannings d’amélioration des capacités de production des gisements déjà en cours d’exploitation». Le Conseil a fait la part belle aux énergies renouvelables, élevées désormais au rang de « priorité nationale». Le chef de l’Etat a également chargé le gouvernement d’accorder une importance particulière au développement de la pétrochimie et à la rationalisation de la consommation nationale d’énergie en général, dont le gaz naturel, y compris à travers la consommation de l’électricité.

En ligne de mire également : l’enjeu d’une meilleure compétitivité sur le marché international. Sur l’échiquier gazier mondial, l’on se prépare d’ores et déjà à une guerre des prix dans la perspective d’une arrivée massive du GNL américain sur le marché. De ce fait, le consensus tacite sur les prix qui prévalait depuis quelques années déjà, du moins pour les contrats de long terme, risque de voler en éclats sous la pression d’une concurrence qui s’annonce plutôt à couteaux tirés, particulièrement sur le marché européen.

Selon des sources de la Présidence, le Conseil restreint, dédié à la problématique du gaz, a débattu, certes, de la situation de l’amont et de l’aval gazier, de la consommation domestique, des énergies renouvelables mais aussi de la conjoncture qui prévaut sur le marché international et les risques qu’elle fait subir à l’Algérie, tant il est question désormais de défendre ses parts de marché, les prix et la compétitivité du pays face aux autres fournisseurs. L’arrivée des Etats-Unis sur le marché européen laissent entrevoir une poussée de fièvre chez les fournisseurs traditionnels du vieux continent, dont la Russie et l’Algérie. Mais les Russes ont déjà déclaré qu’ils ne se laisseraient pas abattre.

Les analystes et les investisseurs du secteur gazier craignent que les compagnies russes du gaz suivent le modèle saoudien de défense des part de marché. En termes plus clairs, les Russes pourraient pousser les prix à un niveau où il serait improbable de rentabiliser le GNL américain expédié sur le marché européen. Une telle stratégie ne sera pas sans conséquences sur le marché gazier mondial. Comme c’est le cas pour le marché pétrolier, il y aura assurément de la casse et des victimes collatérales. Les Russes comptent jouer la carte de leurs capacités de réserves, tout comme les Saoudiens qui jouent sur la flexibilité de leur production du brut sur l’échiquier pétrolier mondial.

En témoignent leurs capacités à augmenter et à réduire la production en fonction de leurs intérêts sur le marché. Pour l’Algérie, l’enjeu n’est pas des moindres, ce qui justifie, en partie, le Conseil national de l’énergie qui s’est tenu hier sous la présidence de Abdelaziz Bouteflika. L’Algérie devra batailler désormais sur plusieurs fronts ; élever les niveaux de production ; accroître les volumes destinés à l’exportation ; défendre à la fois les prix et ses parts du marché, notamment sur le vieux continent.

L’équation se complexifie davantage à mesure que les nouveaux concurrents qui arrivent sur le marché européen, principal débouché du gaz algérien, risquent de lui faire bien du mal. A court terme, le Qatar est le concurrent qui risque de faire du mal à l’Algérie sur le marché européen. Et l’Iran, éventuellement, à moyen terme. Le pays du Shah envisage de construire un gazoduc qui devrait alimenter l’Europe en gaz naturel, faisant monter ainsi d’un cran la concurrence sur ce marché. En somme, le déclin des prix du gaz, indexés au pétrole, ainsi que l’arrivée de nouveaux producteurs sur le marché constituent les principaux enjeux auxquels l’Algérie devra faire face à l’avenir.
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