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Les partis de l’opposition refusent de céder à la menace

Publié le 18/01/2017, par dans Non classé.

Noureddine Bedoui veut-il amender la loi sur les partis politiques ? C’est en tout cas la question qui est sur toutes les lèvres des responsables politiques après les propos tenus par le ministre de l’Intérieur et des Collectivités lors du débat à l’APN sur la loi relative à la régulation budgétaire de 2014.
« Le ministre a déclaré qu’il veut retirer l’agrément aux partis politiques qui boycottent une élection, affirme Lakhdar Benkhellaf, député du parti Al Adala. Alors que jusqu’à maintenant, il fallait qu’un parti boycotte quatre élections successives pour voir le ministère de l’Intérieur saisir la justice pour demander sa dissolution.» Cette disposition réglementaire est inscrite dans l’article 70 de la loi sur les partis politiques. Pour les formations politiques, les propos de Noureddine Bedoui sont « anticonstitutionnels et n’ont aucun sens».

Et ils sont d’abord dirigés contre Ali Benflis au lendemain de la décision de Talai El Houriyet de ne pas prendre part aux prochaines législatives. « Le ministre a concentré ses attaques contre le parti de Ali Benflis», a confirmé le député d’Al Adala, joint par téléphone. Un ministre qui n’a pas hésité à sortir l’artillerie lourde lors d’un déplacement à El Oued. « Quelle peut être la responsabilité des partis qui boycottent les élections vis-à-vis de leurs militants ?

Quelle est cette vision unitaire étroite par laquelle on cherche toujours à entraver une opération électorale ? Jusqu’à quand on continuera à agir de la sorte ?» a lâché le ministre, reconnaissant que ce boycott mettait mal à l’aise le gouvernement. « La société a sa part de responsabilité dans cette opération, parce que ce sont ses élus qui font passer les lois au niveau du Parlement», a-t-il encore affirmé. Si pour les décideurs, le parti de Ali Benflis n’est pas une menace, son refus d’aller aux législatives constitue un camouflet, car il a une charge symbolique importante aux yeux des capitales étrangères.

Ces menaces sont également révélatrices de la peur du régime de devoir faire face à un taux d’abstention record, au moment où un plébiscite populaire arrangerait ses affaires et légitimerait sa politique d’austérité. « Pour le régime, ces élections seront un test, estime un député. Elles permettront de se faire une idée sur l’adhésion populaire à la politique de Bouteflika, au moment où les manœuvres pour la prochaine présidentielle sont déjà lancées.»

Face au risque, le régime a ressorti les vieilles ficelles, à commencer par celle de la « main de l’étranger» utilisable en toute circonstance. L’annonce de l’arrestation, la semaine dernière, d’une dizaine de ressortissants africains à Ghardaïa pour espionnage au profit d’Israël, a été largement médiatisée dans un contexte de menace sur la stabilité et de grave danger pesant sur l’avenir de l’Algérie.

Surfant sur la vague, le ministre a appelé les Algériens à être plus que jamais vigilants et à ne pas tomber dans le piège de « la manipulation dans laquelle excellent les ennemis de l’Algérie». Pour lui, la préservation de la stabilité du pays n’est pas uniquement l’affaire de l’armée et des services de sécurité, mais de toutes les forces vives et actives de la nation. Il a assuré que l’Etat ne ménagera aucun effort pour défendre la sécurité et la souveraineté nationales.

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