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Les occupants des chalets de Boumerdès tournent le dos aux urnes

Publié le 05/05/2017, par dans Non classé.

« Personne n’a voté ici. D’abord pour qui voter ? Ils sont tous des affairistes», tempète Selhani Ouahid (30 ans), un TS en froid industriel habitant au site des chalets de Seghirate, à 5 km à l’est de Boumerdès.
Ce site qui borde la mer compte près de 1000 chalets abritant des familles rattachées aux communes de Boumerdès et de Thénia. Hormis la mer, rien ne semble alléger la détresse des familles habitant cet endroit qui devait abriter des structures touristiques. Le centre de vote le plus proche est situé à Figuier (4594 inscrits), où le taux de participation vers 18h était de 25,6%. Benmoudether Abdessamed, 19 ans, lui aussi n’a pas choisi celui qui va défendre ses préoccupations à l’APN.

Elève de terminale, Abdessamed tient une petite baraque au bord de la RN24 où il vend du tabac et des cacahuètes. « Cette barraque a été érigée par mon frère pour aider la famille. J’ai trois frères et 4 sœurs. Et nous vivons tous dans un seul chalet depuis plus de dix ans. Comment voulez-vous que j’aille voter», fulmine-t-il. Chômage aidant, ce lycéen nous confie avoir même fait campagne au profit du Parti des jeunes (PJ) et du FLN. « Les premiers m’ont promis de me donner 1000 DA/j mais ils ne m’ont toujours pas payé.

Que dire alors s’ils devenaient députés ?» lance-t-il. Contrairement à ses voisins, Midouna Bachir (42 ans), un ancien garde communal originaire de M’sila, lui, affirme n’avoir jamais manqué de voter. Ce père de 4 enfants a toujours « accompli mon devoir pour le bien du pays et pour ne pas perdre mes droits». « On ne sait jamais, s’il arrive un jour où on me demande ma carte de vote pour un dossier», craint-il. Aujourd’hui, la wilaya compte 10 000 chalets répartis à travers 90 sites, dont la plupart sont situés dans les communes du littoral.

Le nouveau wali de Boumerdès s’est engagé à les éradiquer avant la fin de l’année en cours, mais les travaux des projets de logements prévus à cet effet avancent très lentement. « En vérité, ce ne sont pas les logements qui manquent. Il y en a 600 à Figuier. Cela fait plus d’une année qu’ils sont achevés, mais ils ne sont pas encore raccordés au VRD», déplore Bouazoug Mohamed (24 ans), chômeur de son état.

Outre la dégradation de leurs habitations, nos interlocuteurs se plaignent du manque d’infrastructures, de la prolifération des ordures ménagères, ainsi que des coupures récurrentes d’eau et d’électricité. « La délinquance fait des ravages ici. Certains chalets ont été transformés en lieux de débauche. Vous voyez l’école primaire en bas, tous ceux qui étaient là-bas ont échoué. Les meilleurs ont accédé au collège. Pas plus», regrette Mohamed avec beaucoup d’amertume.
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