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Les mises au point d’Ahmed Ouyahia

Publié le 21/01/2018, par dans Non classé.

Attendu sur plusieurs sujets polémiques, le secrétaire général du RND, Ahmed Ouyahia, a étalé, hier, son talent de dribbleur.
Le patron du deuxième parti du pouvoir a esquivé, lors d’une conférence de presse animée à l’issue des travaux du conseil national de son parti, certaines questions sensibles. Ouyahia qui porte aussi la casquette de Premier ministre a démenti, formellement, l’existence de lutte ou guerre de clans au sein du pouvoir.

« Au sein de l’appareil exécutif et au sein du pouvoir en tant que structure, il n’y a pas et il ne peut pas y avoir de lutte de clans, car cet appareil a un chef, mais dans la grande galère de la politique de la majorité, les luttes existent forcément», tranche Ouyahia, précisant que le pouvoir, sous la direction du président Bouteflika a, depuis 1999, œuvré dans le sens de mettre fin aux spéculations ayant cultivé l’amalgame sur la question du pouvoir en Algérie. Ouyahia n’a aucun problème, ni divergence de point de vues avec le président Bouteflika, c’est du moins ce qu’il a laissé entendre.

Et de préciser que le Président n’a nullement besoin de le rappeler à l’ordre, dès lors qu’il peut le démettre de ses fonctions à tout moment. « Le Président n’a pas besoin de me rappeler à l’ordre, il m’a nommé et peut donc me démettre.

C’est cela le fonctionnement d’une République et d’un régime semi-présidentiel», note-t-il. Sur la question de la présidentielle et ses ambitions politiques, Ouyahia pèse ses mots et répète à qui veut l’entendre qu’il ne sera jamais candidat à la présidentielle contre le président Bouteflika.

« Si le Président veut aller à un 5e mandat, il est définitivement établi que je serai à ses côtés, comme pour les 4 anciens mandats et ce, par considération personnelle et parce que je suis un homme de conviction qui a une certaine valeur», se défend Ouyahia. Invité à répondre aux attaques dont il fait l’objet, notamment, de la part de son « allié» Djamel Ould Abbès, le leader du RND a tenté de calmer le jeu. Il dit avoir même donné instruction à ses militants pour ne plus attaquer ou commenter les propos du premier responsable du FLN.

L’ingratitude de Chakib Khelil

« Le FLN est notre allié stratégique dans le soutien au programme du Président. Concernant les attaques contre ma personne, j’ai développé des écailles comme le crocodile. Et puis, je suis venu pour partir un jour», ironise Ouyahia. Quant aux attaques émanant de Chakib Khelil, Ouyahia a eu une brève réplique en le qualifiant tout simplement d’ingrat. Le secrétaire général du RND a répondu froidement et brièvement aux questions des journalistes.

« Le citoyen Chakib Khelil a parlé. Il est responsable de ses paroles. Il ne m’intéresse pas», a-t-il lâché. « Vous êtes tous témoins. Personne en Algérie ne l’a défendu comme moi je l’ai fait», rappelle sur une note de regret Ouyahia. Sur le plan économique, et plus particulièrement la polémique liée au partenariat public-privé, le secrétaire général du RND s’est attardé dans son explication sur le processus de privatisation entamé depuis 1995.

De son avis, la privatisation en Algérie n’attire pas beaucoup d’investisseurs, vu les conditions imposées par la loi. Selon lui, la charte pour un partenariat public–privé est un « document référentiel» qui nécessite, explique-t-il, une loi. « Certains sur la scène politique ont créé un conflit sans aucun contenu politique, mais la décision de Bouteflika de donner instruction au gouvernement à ce sujet a permis le retour de la sérénité. Le Président a tranché la question.»

Poursuite du PPP

Pour le patron du RND, le partenariat public-privé va se poursuivre. « Il y a certains qui font dans le spectacle politique. Laissez les choses marcher, c’est dans l’intérêt de l’économie du pays. Certaines entreprises publiques sont fermées», a-t-il insisté. Ahmed Ouyahia estime que l’ère du socialisme est terminée. « Il n’y a plus de charte nationale et plus de socialisme, c’est une réalité historique. Vous dites non par principe. Mais quelle est l’alternative ?» s’est-il interrogé.

Questionné sur son discours jugé trop alarmiste, Ahmed Ouyahia estime qu’il a juste dit des vérités au peuple algérien, parce qu’il est le propriétaire et le premier chef de la maison. « J’ai participé à faire sortir le peuple de l’illusion de l’aisance financière», a-t-il avancé avant de démentir l’existence d’une tension, d’une enquête ou d’un rapport des services de sécurité sur son discours et ses conséquences. En outre, le conférencier a indiqué que la loi de finances 2018 a été adoptée par le Parlement avec un déficit de 1800 milliards de dinars et que l’augmentation du prix de baril de pétrole à 65 ou encore à 70 dollars ne peut résoudre la crise. La hausse actuelle du prix du pétrole est liée, d’après lui, à des problèmes techniques et géostratégiques, ce qui n’autorise pas une projection financière à long terme de la part du gouvernement.

Des cercles font bouger le front social

S’agissant des usines de montage de véhicules en Algérie, Ahmed Ouyahia a annoncé la révision de la liste des opérateurs autorisés à créer des usines. Il a précisé que le ministère de l’Industrie était en train de travailler sur le dossier. Concernant les accusations formulées contre le Maroc, un pays qui inonde l’Algérie de drogue, Ouyahia persiste et signe.

« Le monde n’a pas besoin que le secrétaire général du RND lui dise où se trouve le haschisch en Afrique du Nord. Il ne nous vient pas d’Afghanistan, qui est trop loin de nous !» a-t-il soutenu.

« Si ça ne tenait qu’à moi, j’instaurerais la peine de mort pour les trafiquants de drogue, pas ceux qui la vendent au gramme, mais ceux qui la font rentrer par quintaux», observe Ouyahia. Sur le plan social, Ouyhia rappelle que les marches sont interdites au niveau de la capitale. « Je suis contre l’anarchie.

Des agents de l’ordre ont été blessés lors du sit-in des résidents par des intrus qui se sont mêlés à la manifestation. Notre but est d’assurer la sécurité des citoyens», souligne Ouyahia, accusant des cercles de travailler(manipuler) pour faire bouger le front social.
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