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«Les milliardaires ne peuvent plus se faire élire avec l’argent sale»

Publié le 06/11/2016, par dans Non classé.

C’est en homme décidé et donnant l’impression d’avoir de larges prérogatives que s’est exprimé hier, après avoir réuni, à Alger, quelque 400 cadres de son parti entre députés, sénateurs, ministres, mouhafedh et membres du bureau politique.
En tant que patron du FLN, Djamel Ould Abbès précise être « venu pour recoller les morceaux», mais promet de « sévir» et d’être « impitoyable» contre « s’hab ech’kara», ceux qu’il accuse d’avoir acheté les voix des électeurs. « J’ai des preuves et des informations sur ces pratiques viles. J’ai la liste des personnes incriminées.

Laissez-moi juste le temps de valider les décisions avec mon cachet. Je ne suis pas en train de prêcher dans le désert. Ces milliardaires qui se sont enrichis dans l’import-import ne peuvent plus continuer à utiliser l’argent sale pour se faire élire au nom du parti», déclare Djamel Ould Abbès.

Il va plus loin en lançant avec colère : « Je ne laisserai personne qui sent la ch’kara (la corruption, ndlr). Je prendrai des mesures sans en référer à la commission de discipline. Même du temps du parti unique, nous n’avons jamais vu ces pratiques honteuses.» Il affirme avoir été « très clair» lors de sa dernière réunion avec le bureau politique (BP), où il a eu à exposer « les graves» informations qu’il détenait sur certains membres de cette instance du parti qui « marchandaient les sièges et les listes électorales».

Interrogé sur d’éventuels changements au sein du BP, il ne dément pas d’une manière formelle et explique : « Je n’ai pas de raisons d’opérer des changements, mais si la nécessité l’exige, je le ferai…» Ould Abbès prendra tout son temps pour revenir sur ses contacts avec les représentants des différents groupes de l’opposition.

« Ziari a été le premier à me contacter. Il cumule dix années d’expérience au sein de l’APN. J’ai besoin de son expertise. Le règlement intérieur me donne toutes les prérogatives pour lui confier des dossiers dans le cadre des comités ad hoc.

J’ai également discuté avec Bourezam, Kassa Aïssi, Djaâfar Boualem et Annane qui m’on informé des nombreux dysfonctionnements. J’ai promis de réagir non pas comme médecin, mais plutôt comme chirurgien. J’ai également contacté Abada, Goudjil et d’autres cadres expérimentés», révèle Ould Abbès. Il s’est attardé sur le cas de l’ex-secrétaire du FLN, Abdelaziz Belkhadem, qu’il a eu au téléphone juste après sa désignation à la tête du parti.

« Nous nous sommes parlé et nous devions nous revoir dès son retour, étant donné qu’il devait être absent pour quelques jours. Malheureusement, j’ai été surpris par les propos qu’il a tenus publiquement à des médias. La confiance a été rompue et le débat est clos.» Face à l’insistance des journalistes sur le sort de Belkhadem, Ould Abbès lâche : « Je suis venu en réconciliateur et conciliateur. C’est moi le patron. J’ai ouvert la porte à tous.

Ceux qui veulent revenir dans le cadre du 12e congrès sont les bienvenus parce que je veux gagner les élections avec tout le monde.» Interrogé sur le cas des ministres FLN qui n’ont pas de passé militant au sein du parti, Ould Abbès n’a pas été clair dans sa réponse, pour ne pas dire qu’il l’a esquivée : « Le problème qui se pose au parti est celui des ministres qui veulent reprendre leur siège de député une fois déchargés de leur mission au sein du gouvernement. Les autres doivent revenir à la base pour se faire réélire.»

Pour le secrétaire général du FLN, la crise à laquelle fait face le parti n’incombe pas à son prédécesseur, Amar Saadani : « Elle a commencé bien avant son arrivée, en janvier 2012, lorsque les membres du comité central se sont ligués contre Belkhadem. Saadani est venu le 29 août 2013 et il était pour le maintien de Belkhadem.» Ould Abbès ne dit pas clairement si Abdelaziz Belkhadem a été exclu du parti. Il se limite à affirmer, à propos du communiqué de la Présidence qui enlève toutes les prérogatives à Belkhadem au sein du parti et de l’Etat : « Bouteflika est le président du parti. Ses décisions sont respectées.»

Enfin, l’orateur a évoqué ce qu’il a appelé « la discipline partisane» en déclarant : « Les projets de loi que le président Bouteflika, en tant que président du parti, a initiés, peuvent être réaménagés, mais pas invalidés. Les députés et les sénateurs FLN, même s’ils ont un autre avis, doivent respecter les consignes du parti…» Lire la suite

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