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Les messages de Hassiba Ben Bouali et du colonel Lotfi

Publié le 05/09/2016, par dans Non classé.

Pour leur première journée de classe, les élèves des trois paliers de l’éducation nationale ont eu droit à un cours inaugural d’un genre particulier.
Ils ont eu accès, pour la première fois pour une majorité d’entre eux, à deux lettres émouvantes, empreintes d’émotion et de leçons : celle adressée par Hassiba Ben Bouali à ses parents et l’autre, envoyée par le colonel Lotfi à son épouse quelques semaines avant de tomber au champ d’honneur. Ainsi, le 15 septembre 1957 — retrouvée en 2010 — Hassiba Ben Bouali, alors âgée de 19 ans, adresse une lettre à ses parents à partir d’Alger. « Ne vous en faites surtout pas pour moi, il faut penser aux petits qui vont bientôt reprendre l’école et qui j’espère travailleront bien. Vous ne pouvez vous imaginer combien ils me manquent», écrit-elle, à propos visiblement de ses petits frères et neveux.

Plus émouvante, la martyre, tombée lors de la Bataille d’Alger, indique : « J’aimerai beaucoup vous voir avant de partir. Je ne sais pas si je pourrai, mais sachez que je ferai mon possible car une fois au maquis vous n’aurez que très peu ou rarement de mes nouvelles. Bientôt Inch’Allah nous serons tous réunis mais peut-être ou si la mort nous arrache à la vie, nous nous rencontrerons chez notre Dieu.» « Si je meurs, vous ne devez pas me pleurer, je serai morte heureuse je vous le certifie», écrivait-elle. Et elle est morte le 8 octobre de la même année en compagnie de Ali La Pointe, P’tit Omar et Mahmoud Bouhamidi.

L’autre lettre, que les potaches ont l’honneur de connaître, est celle écrite par le colonel Lotfi à sa femme le 16 mars 1960, 11 jours seulement avant sa mort. « Tu pourras être très fière de ton mari et celui que je te confie, mon fils, le sera aussi beaucoup de son père. Au nom de l’Algérie, pour laquelle j’aurais vécu et j’aurais tout donné, et au nom de notre amour, je te recommande instamment de veiller sur mon fils, sur son éducation, de lui donner une très solide instruction et d’en faire surtout un grand nationaliste et un grand révolutionnaire capable de réaliser ce que son père n’aura pas pu faire parce que la vie ne lui aura pas accordé assez de temps», écrit l’ancien chef de la Wilaya V historique, alors qu’il n’avait que 26 ans.

« En ce qui te concerne personnellement, je te recommande encore une dernière fois de t’améliorer, de te perfectionner, d’approfondir tes connaissances et d’être toujours à l’avant-garde des jeunes femmes algériennes et un exemple sans reproche aucun», a écrit encore le héros de la guerre d’indépendance. Ces deux lettres, qui font partie d’un lot de milliers de messages échangés entre les moudjahidine et leurs familles, sont destinées à réveiller chez les enfants le sens du sacrifice et surtout leur faire connaître le passé de leur pays.

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