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Les marchés submergés à Constantine

Publié le 07/06/2016, par dans Non classé.

En sept jours, la flèche de la mercuriale a pris son envol pour atteindre un taux impensable de 100%. Qu’on en juge : la tomate vendue à 60 DA, il y a une semaine, a grimpé à 120 DA. Les autres légumes ont suivi la même courbe.
Décidément, les mêmes réflexes et les mêmes habitudes reviennent chaque année à l’approche du Ramadhan, provoquant cette folie de la consommation et cette hausse inexplicable de la mercuriale dans les marchés de Constantine. C’est comme s’il s’agissait d’un cycle naturel, un rituel qui doit accompagner ce mois de jeûne. Il y a même une sorte d’entendement entre tous les commerçants de la ville qui semblent avoir adopté le même plan pour allumer le « brasier» des prix une semaine avant le Ramadhan.

En sept jours, la flèche de la mercuriale a pris son envol pour atteindre le taux impensable de 100%. Qu’on en juge : la tomate vendue à 60 DA, il y a une semaine, a grimpé à 120 DA. Les autres produits ont suivi la même courbe : le poivron à 120 DA, la courgette à 140 DA, la laitue à 120 DA, sans parler des haricots verts à 150 DA. Seuls la pomme de terre, cédée à 45 DA et l’oignon à 40 DA ont gardé les pieds sur terre. Du côté des fruits, devenus des produits de luxe, il ne faut plus se leurrer. « C’est quand même paradoxal de voir cette hausse vertigineuse des prix en quelques jours seulement, alors qu’il s’agit de produits de saison, disponibles à profusion.

C’est de la folie», proteste une dame rencontrée au marché Bettou du quartier Belouizdad. Un lieu fréquenté par une classe aisée, connu surtout pour ses prix qui défient toute logique. En fait, les gens rouspètent mais finissent par se résigner. « Nous n’avons aucune responsabilité dans cette hausse, nous la subissons nous aussi auprès des marchands de gros et des mandataires, ce sont eux qui font monter le mercure puisqu’ils détiennent le monopole ; nous, on ne fait que tirer notre marge bénéficiaire», affirme Hocine, vendeur de légumes au même marché.

Même topo au marché Boumezzou, place du 1er Novembre. A Constantine, le mot rush est devenu désuet pour décrire la frénésie « gargantuesque» qui règne dans les magasins. Hier, les bouchers de la ville se sont frotté les mains. Malgré la hausse des prix, les vitrines ont été vidées dès les premières heures de la matinée. Au moment où la viande d’agneau est devenue presque inaccessible, la viande de veau, cédée entre 850 et 1300 DA, s’arrachait, alors qu’elle était boudée il y a quelques jours seulement. Dans les supérettes, les chaînes à la caisse se prolongent jusqu’au trottoir. Du jamais vu !

Place Ahmed Bey, plus connue sous le nom de Dounia Ettaraif, où la commune de Constantine, en collaboration avec l’union des commerçants, a prévu d’ouvrir une sorte de « marché du cœur», c’est la débandade. Une trentaine de stands sont encore vides, alors que le reste attend d’être installé. L’opération, très attendue par les citoyens qu’on classe dans la catégorie des « petites bourses», peine à démarrer. Ceux qui cherchent une ambiance plus clémente prennent la destination du fameux marché populaire Souk El Asser, où l’on a constaté hier une différence des prix allant jusqu’à 50 DA pour certains produits.

D’autres préfèrent s’approvisionner au marché de la cité Daksi, dans la banlieue est de la ville, où l’on peut faire ses emplettes « sans être plumé». En l’absence d’une couverture équilibrée en marchés dans les grandes cités de la ville, de nombreux Constantinois se rabattent sur les souks anarchiques qui pullulent dans l’insalubrité. Les vendeurs informels squattent la voie publique en attendant des jours meilleurs, car là aussi ce n’est guère la joie. Lire la suite

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