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Les marchands ne cèdent pas aux chants de l’Exécutif

Publié le 21/02/2016, par dans Non classé.

Plus de sept mois après le lancement de l’opération dite de mise en conformité fiscale volontaire (MCFV), l’appel du gouvernement reste sans écho dans le marché de gros de Semmar, l’une des principales sources d’approvisionnement en divers produits alimentaires des détaillants de l’ensemble du pays.

Dans cette zone d’habitation, aménagée en espace de vente, l’écrasante majorité des marchands refuse catégoriquement de s’inscrire dans ce dispositif réglementaire, initié en dernier recours par les autorités, en quête de nouvelles ressources financières, dans le sillage de la contraction des recettes en devises. C’est le cas de Toufik, originaire de Biskra, locataire d’un dépôt de produits agroalimentaires. « Tant que je serais vivant, jamais je ne déposerais mon argent dans une banque», jure-t-il.

Un embouteillage, causé par des camions de gros tonnage, commence à se former sur l’une des artères du marché. Notre interlocuteur reprend son réquisitoire : « Je n’ai aucune confiance en eux ! Vous vous souvenez ce qui s’était passé avec le scandale de la banque Khalifa ? De simples dépositaires ont perdu leur argent alors que les gros poissons ont échappé à la justice.» Une rumeur court selon laquelle des contrôleurs du fisc allaient faire une descente.

Aussitôt, certains baissent rideau mais on ne s’inquiète pas outre mesure. Finalement, il s’agit d’une fausse alerte. Dans ce marché où plus de 700 commerçants exercent pour beaucoup dans l’illégalité la plus parfaite mais tolérés par les autorités, le devoir de solidarité entre les vendeurs informels est de mise. On raconte que des jeunes désœuvrés sont postés comme des sentinelles à certains endroits pour sonner le tocsin à tout moment.

Quelques ruelles plus loin, un autre vendeur-grossiste apostrophé, qui préfère garder l’anonymat, partage le même avis. « Je préfère échanger de l’argent contre de la monnaie étrangère, devenue une valeur refuge. Si tu échanges ton agent contre de la devise, tu as la garantie que ton capital augmentera, sachant que l’euro par exemple est en hausse continue. Voilà pourquoi personne, à commencer par moi, ne risquerait de placer un seul dinar dans un établissement bancaire», explique-t-il.

Ce stratagème adopté par ces marchands, indique-t-on, est l’une des principales raisons de la flambée de la monnaie européenne au niveau du marché informel de la devise. S’ils restent farouchement opposés à injecter leurs fonds dans le circuit bancaire, les vendeurs, du moins ceux interrogés, ne voient en revanche aucun inconvénient à ce que le marché soit délocalisé. « L’activité commerciale est très difficile, les rues trop exigües. Le loyer est aussi très cher. J’ai du payer 240 millions de centimes pour louer un espace où stocker de la marchandise pour un contrat d’une durée de deux ans. Si demain, on nous propose un endroit accessible et doté de toutes les commodités, je serais le premier à quitter les lieux», avance un autre marchand.

Outre les commerçants informels, les propriétaires des lieux qui louent des espaces auront beaucoup à perdre si la décision de délocaliser le marché deviendrait effective. « Il semblerait que ces personnes sont ent rain de faire du lobbying pour faire capoter le projet de délocalisation», croit-il savoir.

Il y a trois semaines, le ministre du Commence a justifié la décision de délocalisation par le fait que le lieu d’implantation actuel du marché n’est pas approprié pour une activité de ce genre et que l’endroit est, par ailleurs, une zone d’habitation. Une nouvelle structure dont l’endroit n’a pas encore été désigné devrait être officiellement ouverte dans six mois.

En attendant la concrétisation dudit projet, des marchands grossistes « légaux» s’indignent de ces nouvelles concessions faites par le gouvernement aux acteurs de l’économie souterraine. Selon eux, les autorités devraient appliquer la loi et sanctionner ceux qui sont en porte-à-faux avec la réglementation en vigueur. Lire la suite

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