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Les limites du plan de rattrapage

Publié le 05/05/2018, par dans Non classé.

A quelques semaines seulement de l’examen du baccalauréat, les parents d’élèves et les enseignants s’inquiètent de l’achèvement du programme.
Les mesures préconisées par le ministère de l’Education permettront l’achèvement du programme avant les épreuves du baccalauréat, « mais ce sera sans les normes qualitatives», selon l’Association nationale des parents d’élèves.

Dans les établissements fortement perturbés par la grève du Cnapeste, ayant débuté le 27 novembre et jusqu’au 28 février dernier, le plan de rattrapage a permis aux élèves d’obtenir le même volume de leçons que leurs camarades du reste du pays. Les bouchées doubles ont été mises dans l’emploi du temps à Blida et à Tizi Ouzou, ayant connu des perturbations importantes en raison de la grève, souligne l’Association nationale des parents d’élèves.

Dans la wilaya de Blida, le retard a vite été rattrapé, « grâce au recrutement, dix jours après le début de la grève, d’enseignants contractuels, issus de la plateforme numérique de recrutement, ayant été installés pour remplacer les grévistes, ce qui a réduit le retard enregistré», témoigne le président de l’Association nationale des parents d’élèves, Khaled Ahmed, révélant par la même occasion qu’une enveloppe de 4 millions de dinars aurait été débloquée par ladite wilaya pour couvrir les dépenses de remplacement des grévistes, « sans avoir à subir les lenteurs bureaucratiques de régularisation de la situation financière risquant d’entraver le processus de remplacement», fera remarquer Khaled Ahmed.

Dans la wilaya de Tizi Ouzou, le retard dans le programme a été « maîtrisé», puisque la grève a été suspendue dans cette wilaya après un mois de débrayage, enchaîne le représentant des parents d’élèves. La situation « n’est pas aussi rassurante dans la wilaya de Béjaïa», où le plan de remplacement des enseignants grévistes durant la grève a été « fortement perturbé».

Selon la même association, « actuellement, un plan Orsec a été déployé par l’inspection général du ministère de l’Education consistant en l’exploitation de tout le volume horaire». « Certes nos enfants auront tous les cours d’ici l’arrêt des cours, mais ce ne sera pas avec le même rythme ni avec la même qualité», s’inquiète Khaled Ahmed.

Des représentants des enseignants livrent un constat plutôt inquiétant. « Ce serait un mensonge de dire que le programme est terminé dans les délais pour tous les paliers», souligne Idir Achour, secrétaire général du Conseil des enseignants des lycées d’Algérie (CELA).

Tous les efforts sont déployés pour que les élèves de terminale terminent le programme, « mais avec quelle qualité ?» s’interroge notre interlocuteur. Le Cela exprime également des inquiétudes concernant les autres niveaux du secondaire qui connaissent un phénomène d’absentéisme dès la fin des compositions. Le ministère oblige les personnels enseignant et encadrant à ouvrir les classes jusqu’au 30 juin. « Le même ministère fixe la date des compositions pour la fin mai, et signe sans le vouloir la fin de l’année scolaire pour les élèves. Les enseignants qui sont à leur poste jusqu’au 4 juillet ne peuvent rien contre l’absentéisme des élèves», souligne M. Achour.

Le même constat est fait par le Satef, qui, par la voix de son président, Boualem Amoura, exprime des réserves « sur la façon dont se termine généralement le programme». Dans certaines matières, comme les sciences naturelles et la physique, « le programme étant trop long, il n’a jamais été terminé pour les classes de deuxième et première années secondaires», souligne notre interlocuteur.

Pour la classe de terminale, les enseignants font appel à des initiatives individuelles, en empruntant des heures de leurs collègues enseignants des matières dont le programme est achevé. « Les enseignants exploitent tous les moyens afin de terminer le programme pour les élèves de la classe d’examen, mais je peux vous certifier que le programme n’a jamais été achevé en sciences et en physique pour les 1re et 2e années secondaires, ce qui se répercute sur l’enchaînement des cours au palier d’après», souligne M. Amoura.

La longueur du programme dans centaines matières dans l’enseignement secondaire figure parmi les préoccupations principales soulevées ces dernières années par les syndicats des enseignants. La ministre de l’Education, qui a ouvert le dossier de la refonte de l’examen du baccalauréat, est ainsi interpellée sur la question. Lire la suite

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