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Les étudiants en pharmacie maintiennent leur protestation

Publié le 10/03/2017, par dans Non classé.

« Je doute fort que les deux ministères, celui de l’Enseignement supérieur et celui de la Santé, tiennent leurs promesses. Les étudiants en pharmacie en ont déjà fait l’expérience en 2011.
Après plusieurs semaines de protestation, nous avons fini par sortir avec un seul procès-verbal signé par le ministère de l’Enseignement supérieur, mais qui n’a jamais été respecté. J’ai l’impression que nous revivons aujourd’hui le même scénario d’il y a quatre ans», regrette Amine Bousnane, 28 ans, étudiant en 5e année de pharmacie et l’un des deux délégués d’Alger, qui a vécu de près la contestation estudiantine de 2011.

En termes de chiffres, l’Algérie compte dix départements où la spécialité de pharmacie est enseignée à environ 12 000 étudiants à l’échelle nationale, dont près de 3000 rien qu’à la faculté de médecine d’Alger. Les étudiants en pharmacie sont en grève illimitée depuis le 22 novembre dernier. La contestation risque de perdurer car, comme l’explique Amine Bousnane, « leurs revendications ne sont pas totalement prises en charge par la tutelle». Sarah et Cylia ont toutes les deux 22 ans et sont étudiantes en 2e année de pharmacie à la fac centrale.

Elles, qui découvrent pour la première fois la contestation de rue, se disent déterminées à continuer le mouvement de protestation jusqu’à satisfaction de leurs revendications. « C’est une question de dignité. Nous avons été marginalisés, piétinés, mais cela n’a fait que renforcer notre détermination à aller de l’avant. Nous revendications sont légitimes et doivent être satisfaites», exige Sarah.

Plateforme

Lors de notre rencontre à Alger, Cylia revient sur la plateforme de revendications et explique les points importants qui, selon elle, posent problème aux deux ministères concernés, l’Enseignement supérieur et la Santé. « Nous réclamons une meilleure qualité de formation et l’instauration de la faculté de pharmacie pour en finir avec la dépendance à celle de médecine. Ce n’est pas tout, car nous exigeons aussi du ministère de l’Enseignement supérieur d’adapter le nombre d’étudiants admis aux moyens pédagogiques dont disposent nos facultés et prendre en considération le facteur du marché de l’emploi», énonce-t-elle.

Cylia confie par la même occasion qu’à la fac centrale, les travaux pratiques se font, au grand regret des étudiants, dans de petites salles qui « comptent parfois plus de 60 étudiants». Autres revendications, l’augmentation des postes d’admission en résidanat notamment, quand il s’agit des spécialités mixtes entre les étudiants en pharmacie et ceux en médecine, comme la biochimie et l’hémobiologie. Ce point, les étudiants le considèrent comme culminant, ce que tente d’expliquer de son côté Sarah : « Quand il s’agit des cinq spécialités mixtes avec les étudiants en médecine, l’administration n’admet en résidanat qu’une poignée d’étudiants en pharmacie, contrairement à ceux en médecine qui bénéficient de plus 90% des quotas. Nous demandons aussi à ce que nous passions le même concours.

Nous ne comprenons pas cette différenciation.» Sur le plan des revendications professionnelles, les étudiants exigent du ministère de la Santé d’imposer aux pharmaciens titulaires, possédants des pharmacies, de recruter des pharmaciens assistants. « La vente de médicaments dans les pharmacies ne se fait généralement pas par des professionnels, mais par de simples vendeurs. Cela cause énormément de problèmes et constitue un danger pour la santé publique. Il s’agit de la préservation de cette dernière et une opportunité d’emploi de plus pour les diplômés de notre secteur», souligne Cylia.

Ministères

Après des dizaines de manifestations organisées devant les deux ministère, l’Assemblée populaire nationale (APN), place du 1er Mai, et leurs rencontres répétitives avec la tutelle, les étudiants en pharmacie ne sont sortis au final qu’avec deux procès-verbaux délivrés respectivement par le ministère de l’Enseignement supérieur et le Comité pédagogique national (CPN), composé de chefs de département et chefs de service des différentes facultés.

Amine Bousnane, l’un des délégués, qui ont été reçus en compagnie des deux représentants des étudiants en pharmacie de la faculté de Sidi Bel Abbès et Tizi Ouzou, le 6 février dernier au palais de gouvernement, raconte leur entrevue avec le Premier ministre, Abdelmalek Sellal. « Les délégués des étudiants en pharmacie et moi-même étions déçus de constater l’absence du représentant du ministère de la Santé.

Notre rencontre avec le Premier ministre était déterminante pour nous qui avions vécu un mois de contestation à Alger et plus de deux mois successifs dans les autres wilayas du pays. M. Sellal a éludé plusieurs questions qui nous semblaient importantes. Nous avons été démotivés, notamment par l’indifférence du ministère de la Santé. M. Sellal a fini par nous orienter vers le ministre de l’Enseignement supérieur, Tahar Hadjar», se souvient-il.

Les étudiants, rencontrés lors des différentes manifestations, et leurs délégués estiment, aujourd’hui, que « les acquis obtenus jusque-là sont en dessous de leurs attentes et de l’ampleur de leurs mouvements et sacrifices, ce qui consolide comme, disent-ils, leur détermination à maintenir la contestation». Le ministère de l’Enseignement supérieur avait exigé d’Amine d’organiser une assemblée générale à la fac centrale d’Alger afin de connaître l’avis des étudiants sur le maintient ou non de leur mouvement.

Pour rappel, une assemblée a été précédemment organisée par les délégués d’Alger, où 700 étudiants y ont participé et voté la continuité de la contestation. « Les étudiants ont refusé la proposition du ministère et se sont opposés à l’organisation d’une deuxième assemblée, confie Amine. Nous avons senti que les ministères n’avaient pas la volonté de prendre sérieusement en charge nos doléances, raison pour laquelle les étudiants ont décidé de maintenir le cap. Ils exigent des arrêtés et non des PV, comme ce fut le cas en 2011.»

Répression

Ali, 24 ans, étudiant en 5e année à la même faculté, rencontré dans notre rédaction, explique que le ministère de l’Enseignement n’a accepté que certains points. « Dans un communiqué qui n’a été distribué qu’aux étudiants et non à la presse, le ministère de l’Enseignement a accordé les points sur la régulation des flux selon les places pédagogiques et non les moyens dont disposent les facultés, comme cela a été revendiqué par les étudiants et l’augmentation du nombre de postes d’admission en résidanat en avantageant cette fois-ci les étudiants en pharmacie, notamment pour les filières dites mixtes», indique-t-il.

Pour Sarah, Cylia et Ali, l’Etat représenté par ses ministères « a porté Lire la suite

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