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Les étudiants en pharmacie embarqués par la police

Publié le 13/01/2017, par dans Non classé.

« J’avais l’impression d’être un criminel venu semer le chaos dans les rues. Cette situation est incompréhensible et humiliante pour l’étudiant algérien. Cela renforce mon dégoût des autorités», affirme Mohamed M., étudiant en pharmacie à Alger, embarqué par la police mercredi, puis séquestré dans un bus avec plusieurs de ses camarades.
Ils étaient une centaine d’étudiants en pharmacie, venus de plusieurs wilayas, ayant pour objectif de se rapprocher de l’APN afin de soutenir une délégation qui les représentait auprès de certains députés. « En descendant d’un taxi à proximité du parc Sofia, un policier m’a interpellé en me demandant ma carte d’identité», témoigne Manel Hamdach, étudiante en 4e année en pharmacie à Alger.

« Suite à cela il m’a fait monter dans un bus de l’Etusa, où étaient appréhendés d’autres étudiants et même de simples passants. Le policier ne m’a même pas demandé si j’étais étudiante ou non», raconte-t-elle. « Pendant que nos représentants devaient rencontrer certains députés, nous nous sommes rendus sur place pour soutenir notre délégation. D’une part, pour sensibiliser les députés et d’autre part pour mobiliser les étudiants de tous les départements de pharmacie. Nous voulions protester pacifiquement et calmement.

De nombreux étudiants en pharmacie venus des autres wilayas ont été empêchés de nous rejoindre. Nous n’avons pas eu le temps de nous regrouper. Nous sommes restés dans le bus des heures durant, sans que cela inquiète personne», révèle Manel en rappelant que les étudiants en pharmacie sont en grève « depuis novembre 2016». Leurs revendications concernent une réforme des études de docteur en pharmacie, une limitation du nombre des nouveaux bacheliers ayant accès aux études de docteur en pharmacie en fonction du marché du travail.

Risques

Ils réclament également l’établissement de conventions entre le département de pharmacie et les industries pharmaceutiques, un recrutement des pharmaciens assistants dans les officines ainsi que l’instauration d’un nouveau système des officines. « Nous avons fait des sit-in à l’intérieur de la fac, l’administration de notre département nous a clarifié que c’était au-dessus de ses prérogatives. Nos représentants ont également formulé des demandes d’audience auprès du ministère de l’Enseignement supérieur, des promesses ont été faites.

La même demande a été formulée au ministère de la Santé, sans jamais connaître de réponse, alors que nous avions déjà organisé deux sit-in. Sans succès» Suite à ces arrestations, le député du Parti des travailleurs, Ramdane Youssef Taazibt a publié sur son compte facebook des photos de la rencontre avec la délégation, en commentant : « Dix départements en pharmacie sont en grève depuis deux mois.

Une coordination nationale d’étudiants en pharmacie a décidé de monter vers l’APN pour discuter avec les élus de leurs problèmes. Des centaines d’entre eux sont montés de force par la police dans des bus et sont abandonnés», rapporte-t-il. « Au lieu d’ouvrir un dialogue et des négociations, les autorités poussent les étudiants dans leur dernier retranchement avec des risques d’exaspération», regrette-t-il. Pour S. Bounouar, étudiante en pharmacie venue soutenir ses camarades, « la police nous a déposés à la gare routière de Kharrouba, d’autres ont été abandonnés à Baraki ou Reghaïa.

Nous parlons d’étudiants en pharmacie !» s’insurge-t-elle. « La prochaine étape, ce sera la case prison ou torture !» déplore-t-elle. Les étudiants en pharmacie, mobilisés depuis près de deux mois pour réclamer la satisfaction de leurs revendications, ne désespèrent pas et comptent mener d’autres actions.

Pour sa part, le docteur Lyes Merabet, président du Syndicat national des praticiens de santé publique (Snpsp), regrette ces « mesures répressives à l’encontre des étudiants et de leurs délégués. Nous appelons les autorités concernées à plus de retenue et nous souhaitons que certains ministères ne restent pas figés sur cette situation. Le dialogue et la concertation sont essentiels pour l’intérêt de tous», lance-t-il. Lire la suite

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