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Les deux poids deux mesures de l’Etat

Publié le 28/12/2015, par dans Non classé.

L’annonce de ce gel jusqu’à nouvel ordre faite par le ministre de la Santé n’est pas du goût de la majorité des citoyens.
De la politique d’austérité imposée par le gouvernement, le citoyen est le premier à payer le prix. En plus de la loi de finances 2016 qui plumera encore plus la classe moyenne de la société, les hautes autorités de l’Etat ont décidé de geler plusieurs projets classés pourtant de grande utilité publique. Parmi les plus importants figure la réalisation de cinq grands centres hospitalo-universitaires dans les wilayas d’Alger, Tizi Ouzou, Tlemcen, Constantine et Ouargla.

L’annonce de ce gel jusqu’à nouvel ordre faite par le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière n’est pas du goût de la majorité des citoyens. « C’était attendu, s’exclame Abdelkader, chauffeur de taxi à Staouéli. Le fait de geler les grands projets qui apportent un soulagement à la population n’est pas nouveau. C’était le cas du projet du métro d’Alger, du tramway et de beaucoup d’autres.» Pour ce jeune père de quatre enfants, « la santé du citoyen est loin d’être une priorité pour ces responsables, dont la mission initiale est pourtant de servir le peuple et faire tout pour lui garantir une vie décente et surtout lui préserver ses droits constitutionnels dont, entre autres, le droit aux soins».

Faiza, maman de quatre enfants, qui partage cette colère, reproche la surcharge dont souffrent les grands hôpitaux. « Ces responsables ne pourront jamais ressentir la détresse d’une femme qui doit accoucher et dont le mari est obligé de trouver un véhicule pour l’emmener vers un hôpital distant de plusieurs kilomètres. Ils n’assimileront pas non plus le sentiment d’un malade ballotté d’un hôpital à un autre pour insuffisance de lits. Ils n’auront aussi jamais l’occasion de patienter pendant des heures pour avoir accès à une consultation ou passer des radios», s’exclame-t-elle.

Elle raconte avec amertume son expérience avec son plus jeune garçon, qui venait d’être circoncis, victime d’une hémorragie durant la nuit. « Mon affolement et ma colère étaient tels que je n’arrivais pas à trouver, en compagnie de mon mari, un hôpital proche. Nous, qui habitons la commune de Mahalma, avons été obligés de chercher un véhicule pour pouvoir aller à l’hôpital le plus proche, qui est dans la commune de Zéralda. J’avais peur de perdre mon enfant en chemin, tant il était faible et très pâle.

Ce fut une nuit cauchemardesque», confie-t-elle tristement avant de s’interroger sur la véritable notion de la proximité et l’utilité des salles de soins qui obéissent aux horaires de bureau. « Une personne ne doit pas tomber malade après 16h. Sinon, elle devra sortir de son patelin et aller chercher un centre de santé dans les parages, s’il en existe bien sûr. Faute de quoi, le CHU Mustapha, dont la structure et le personnel sont débordés et usés, est le réceptacle de tous ces malades qui viennent des quatre coins du pays dans l’espoir de se faire soigner», ajoute-t-elle.

A voir les autres projets lancés à travers le territoire national, on en viendrait à déduire, qu’en fin de compte, la véritable crise que traverse l’Algérie n’est pas en fait d’ordre financier mais plutôt de priorité. Parallèlement à ces projets qui tombent à l’eau, d’autres d’envergure pharaonique continuent à engloutir des budgets titanesques. Parmi ces derniers, celui de la Grande Mosquée d’Alger auquel le Président tient comme à la prunelle de ses yeux. Un projet qui a coûté à l’Etat une enveloppe d’un milliard d’euros. Une enveloppe qui aurait pu suffire à la réalisation de plusieurs CHU, universités et autres infrastructures de première nécessité.

Le projet le plus aberrant reste celui de la résidence de l’Etat, sis à Tlemcen, dont l’étude seule a coûté pas moins de 20 millions de dinars. Il aurait déjà consommé plus de 500 millions de dinars. Puis connaissant plusieurs retards, le projet serait détourné pour la réalisation d’un hôtel de luxe ou un complexe touristique. Une question s’impose : qui pourrait penser aux vacances alors qu’on n’a pas accès à des soins de qualité ? Lire la suite

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