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«Les débits ne doivent pas être un handicap pour l’exploitation des services»

Publié le 05/07/2016, par dans Non classé.

Un rapport d’Akamai classe l’Algérie parmi les derniers en termes de vitesse de connexion à internet. Quelle lecture pouvez-vous en faire ?

Ce n’est pas la seule société qui fait ce genre d’étude. Il y a beaucoup d’entreprises qui offrent du contenu au niveau mondial et qui mesurent à quelle vitesse on accède à leurs serveurs. Leurs machines font des tests lors de téléchargement de fichiers et donne une moyenne de débit pour chaque pays. Akamai est une société américaine et internationale qui héberge le contenu vidéo à travers le monde. Ses rapports sont pris au sérieux par plusieurs pays pour rectifier le tir. L’Algérie est classée parmi les derniers, ce qui prouve que les plaintes des gens sont fondées et que nous avons les débits les plus faibles au monde.

Malgré les efforts d’Algérie Télécom et des différents opérateurs, le débit reste faible. Il y a une première explication à cela : tout le trafic des internautes est à l’étranger. La majorité des sites algériens sont à l’étranger (les journaux, Sonatrach) et cela pose problème. Normalement, il doit y avoir un taux de trafic national où le prix est moindre, cela évite de payer en devises des opérateurs intermédiaires.

Pourquoi les entreprises sont-elles obligées d’avoir des serveurs à l’étranger ?

Cela est dû aux tarifs pratiqués en Algérie, où l’hébergement reste cher comparé à ce qui se pratique dans le monde. Il y a un travail à faire pour s’assurer que les tarifs soient compétitifs ou au moins au même prix, dans ce cas on peut faire jouer la préférence nationale. Il n’y aurait pas de transfert de devises à faire et on aurait un support local pour résoudre des problèmes d’ordre technique.

Par ailleurs, il faut que les fournisseurs d’accès s’engagent à assurer une qualité de service. Il n’est pas normal qu’un opérateur facture à un débit donné (2 ou 4 Mbps) et que l’abonné se retrouve avec même pas la moitié, en plus des coupures qui procurent une qualité moindre. Il faut aller vers la signature de contrat avec les opérateurs de type QOS (Quality of Service), où ils s’engagent à assurer un débit minimum sans coupure.

Ne pensez-vous pas que cela reste un frein au développement de l’économie numérique en Algérie ?

Quand on parle d’économie numérique, on parle de services électroniques et, dans ce cas, il est primordial de s’assurer que la connexion est bonne. Vous imaginez le ministère de la Justice offrant un service auquel les citoyens ne peuvent pas accéder. Une banque a besoin aussi d’une connexion fiable pour que le commerçant puisse y accéder pour faire ses virements. Il faut sans le moindre doute avoir une infrastructure fiable et sécurisée avec un débit appréciable. Si le site d’une entreprise n’est pas accessible, on dira que ce service est médiocre.

Les débits ne doivent pas être un handicap pour l’exploitation des services. Il faut aussi avoir des tarifs abordables.
Un autre facteur à ne pas négliger : il faut éviter les deux poids deux mesures. Il faut que tous accèdent partout avec la même qualité de service.
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