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«Les consommateurs sont plus regardants sur le prix que sur la qualité des produits»

Publié le 09/06/2018, par dans Non classé.

Entretien réalisé par Nadir Iddir

Des dizaines de tonnes de produits avariés et périmés ont été saisies par vos services depuis le début du mois de Ramadhan. Qu’en est-il au juste ?

Le mois de Ramadhan est le mois de la consommation par excellence. Il y a un rush sur l’achat des produits alimentaires. De ce fait, tout le contrôle est axé sur ce segment de marché des produits sensibles et les plus demandés, c’est-à-dire les produits périssables, à savoir les viandes, les produits alimentaires transformés, les laitages, les produits maraîchers.

Notre objectif est de s’assurer de la conformité de ces produits et le respect des conditions de conservation. La mobilisation d’un certain nombre d’agents nous a permis de faire plus de 60 740 interventions depuis le début du mois. Les infractions liées à la qualité et aux pratiques commerciales recensées sont au nombre de 9734.

Quelles sont les infractions constatées ?

Ce sont globalement des infractions liées à la commercialisation de produits impropres à la consommation, l’exercice d’activité sans registre de commerce et le défaut de facturation. 8704 procès-verbaux ont été dressés à cet effet par nos agents.

Parallèlement à cela, nos agents, outre la constatation des infractions, comme cela a été dit précédemment, prennent des mesures administratives qui consistent en la saisie de produits reconnus non conformes ou impropres à la consommation : nous avons saisi 44 tonnes de produits périssables (produits alimentaires transformés, boissons, viandes rouges et blanches…). Sur les 44 tonnes, il y avait pratiquement 15 tonnes de viande. Pour les produits transformés tels les laitages, les boissons gazeuses, il y a eu la saisie de plus de 25 tonnes.

Quelles sont les wilayas les plus touchées ?

Ce sont généralement les centres urbains les plus importantes, donc Alger, Oran, Batna… là où il y a une forte concentration commerciale.

A la veille du mois de Ramadhan, nos agents ont saisi 13 carcasses ovines issues d’un abattage clandestin à Dar El Beida (Alger). Il s’agit d’agnelles ou de brebis non destinées à l’abattage et probablement malades. Il y a eu également la saisie de 250 kg de viande de poulet abattu de manière clandestine dans le même périmètre.

Nos agents ont également procédé à la saisie de boissons gazeuses dont la date de péremption est arrivée à expiration et que les commerçants ont préféré mettre sur le marché. Le mois de Ramadhan est généralement celui où le consommateur est le mois vigilant, il est beaucoup plus regardant sur le prix que sur la qualité des produits qu’il achète.

Combien d’agents sont déployés depuis le début du mois ?

Il y a, comme l’a annoncé monsieur le ministre, plus 8000 agents engagés dans les opérations de contrôle. Nos agents sont dotés de valisettes, lesquelles contiennent des instruments qui nous permettent de vérifier le respect de la chaîne de froid. Ils sont dotés de check température (à distance laser, sonde). On dispose aussi d’instruments pour mesurer la densité du lait (densimètre). Ils interviennent durant tout le mois. Nos brigades sont mobilisées de jour comme de nuit.

Les effectifs déployés sont-ils suffisants ?

L’effort engagé ne se mesure pas par le nombre d’agents. C’est l’approche méthodologique qui compte. Cette dernière consiste à maîtriser la grande sphère économique. Le contrôle en amont de cette dernière doit se faire aux frontières et au niveau de la production (yaourtières, laiteries…). Le contrôle est permanent, toutes ces unités font l’objet d’un contrôle périodique à des intervalles et une fréquence réguliers.

Quelles sont les infractions constatées dans ces derniers établissements ?

Elles sont très rares. Il faut dire que ces établissements font des efforts considérables et mettent sur le marché des produits souvent de qualité, avec l’étiquetage nécessaire, la présentation adéquate, le transport sous froid… Par contre, le problème se pose avec les commerçants du détail, avec parfois des commerçants qui trichent : par exemple, la nuit ils éteignent les frigos…

Cela est-il fréquent ?

Les détaillants qui ne respectent pas les règles d’hygiène le font parfois par méconnaissance. Il faut savoir tout de même que le taux des infractions suivant les chiffres donnés est de 7%.

Les consommateurs sont-ils sensibilisés sur cette problématique ?

Il y a un travail de sensibilisation qui est mené en direction des citoyens à longueur d’année. Nos services du commerce organisent des campagnes sur l’acte d’achat au profit des écoliers dans les stations de radio locales. Il y a aussi les campagnes que nous menons conjointement avec les associations des consommateurs sur la lutte contre le gaspillage…

Vous arrive-t-il de recevoir des requêtes ?

Oui, nous recevons des plaintes à travers le site du ministère (www.commerce.gov.dz) et nos directions du commerce (DCW) des wilayas et le numéro vert 1020. Nous recevons sur notre site jusqu’à 300 requêtes et quelque 2000 via les DCW.

Les requêtes portent généralement sur des remarques sur des produits achetés, sur les acquisitions de véhicules, la garantie des marchandises, les activités nuisibles d’un commerce. Il y a des requêtes fondées et d’autres pas. On répond à toutes les demandes. On se déplace et on vérifie toutes les allégations. Quand c’est fondé, nous prenons les mesures appropriées.
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