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Les citoyens entre condamnation et dignité

Publié le 03/09/2017, par dans Non classé.

L’attentat, passé les moments de doute, a laissé place à la condamnation de l’acte sur fond d’une large réprobation tant dans les chaumières, les cercles intimes que sur les réseaux sociaux, où l’on ne cache plus ses sentiments vis-à-vis du phénomène terroriste qui a laissé des traces indélébiles dans la mémoire collective des Algériens.
Trois jours après l’attentat terroriste perpétré jeudi, jour de la montée au mont Arafat, par le terroriste kamikaze Boucheta Benaissa, 39 ans, et non Bouceta comme rapporté par certains médias, devant l’entrée du siège de la sûreté de wilaya de Tiaret, l’opinion publique locale est toujours sur le qui-vive bien que la vie continue à l’aune de cette grande fête religieuse qu’est l’Aïd El Adha. Aucune panique n’a été constatée.

Bien au contraire, la population s’est montrée digne et courageuse et est allée s’enquérir des nouvelles.
L’attentat, passé les moments de doute, a laissé place à la condamnation de l’acte sur fond d’une large réprobation tant dans les chaumières, les cercles intimes que sur les réseaux sociaux, où l’on ne cache plus ses sentiments vis-à-vis du phénomène terroriste qui a laissé des traces indélébiles dans la mémoire collective des Algériens.

La délégation officielle conduite par le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, Noureddine Bedoui, et composée du général-major Abdelghani Hamel et du PDG de la Protection civile, Mustapha Habiri, un enfant de la ville de Tiaret, ainsi que des autorités locales, avait accompagné à leur dernière demeure les deux victimes, Tayeb et Saad, au cimetière de la commune de Nadhora et présenté les condoléances au nom du président de la République non sans émettre des messages d’apaisement clairs à destination de l’opinion publique nationale. Au-delà donc du rituel lié à l’inhumation des deux braves enfants de Dhayet Etterfas, dans cet ex-village socialiste où habitaient les victimes, il y a des analyses et quelques certitudes.

Le kamikaze Boucheta, qui résidait dans la cité Lalla Abdia sur les hauteurs de la ville de Tiaret, serait monté au maquis depuis 2009 et est recherché et fiché par les services de sécurité depuis 2011, quelques mois avant l’accrochage qui a eu lieu dans la dense forêt de Mechraa Sfa entre les monts de Djebbel Ghezala et Timixi, 26 km au nord-ouest du chef-lieu de wilaya, et qui a valu la mort du chef du secteur militaire de l’armée, des blessures à sept éléments de l’ANP, mais aussi la mise hors d’état de nuire de l’émir Kora.

Cet ex-chef terroriste qui a lâchement tiré sur le jeune officier militaire, alors qu’il tentait de parlementer avec lui, a été justement remplacé par Boucheta, un des nombreux fils de cette famille, dont certains de ses membres activaient sous la bannière des groupes terroristes affiliés au GIA puis au GSPC, avant de se mouvoir dans d’autres groupes en Kabylie. Kora M’hamed, natif de Sidi Abderrahmane et ayant rejoint le maquis en 1995, avec l’un de ses acolytes, a été capturé vivant. Cette opération avait permis de récupérer deux fusils de type kalachnikov. Un élément du groupe terroriste avait en revanche, indiquent nos sources, réussi à fuir l’accrochage.

Selon les mêmes sources, les trois terroristes en question font partie d’un groupe, dont trois de ses éléments ont été capturés par les policiers du BRI, au niveau du marché hebdomadaire à bestiaux de la ville de Tiaret, alors qu’ils tentaient de déposer une bombe, évitant un carnage au sein de la population. Une semaine avant l’attentat de jeudi, quelques membres de la famille ont d’ailleurs été embarqués et auditionnés, ajoutent nos sources. D’autres éléments de soutien (trois) ont été appréhendés jeudi, avons-nous appris.

Avant d’accomplir son acte, Boucheta a été conduit par un acolyte sur le lieu du crime par un véhicule toujours activement recherché. Après, il s’est présenté devant le grand portail menant vers l’esplanade où devait se tenir le rassemblement habituel. Il était 7h55. L’explosion a été telle que son écho a été entendu à plusieurs kilomètres à la ronde du siège situé entre les cités Erahma et Volani au sud de la ville.

Le kamikaze, qui voulait probablement faire le plus de victimes possible, portait une arme de poing, une kalachnikov et un sac contenant une ceinture explosive. Une fois devant le policier en faction, il a tiré à bout portant blessant sérieusement Saad avant que Tayeb, qui l’aurait reconnu, ne se jette sur lui pour le maîtriser. Il y eut explosion et projection du corps du terroriste sur près de 35 mètres jusqu’au-devant d’un jardin faisant face au commissariat.

Sa tête traînait à côté d’un sac à l’entrée d’un jardin menant vers les 100 Logements FNPOS. Une tête portant des cheveux longs et une barbichette coiffée. Des lambeaux de chair étaient disséminés aux alentours et jusqu’à l’intérieur des véhicules de service. Des traces de l’impact de la déflagration restent visibles devant le siège du commissariat qui n’a pas été atteint, à part des vitres qui ont volé en éclats. Notons que la femme de ménage, choquée et hospitalisée aux UMC de l’hôpital Youssef Damerdji a rejoint son domicile.
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