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L’économie de l’éducation en Algérie

Publié le 08/09/2017, par dans Non classé.

Redoublement indispensable, réforme de l’éducation, investir en l’homme loin de tout calcul politique ou économique à travers un enseignement de qualité sont les bases du développement d’un pays.
Selon une enquête du CLA, le taux de redoublement est de 15% des élèves du primaire, 26% des collégiens et 18% des lycéens. Mais le problème du redoublement se pose surtout au niveau des classes d’examen où un élève sur deux refait l’examen, il faut ajouter à cela ceux qui repasseront leur baccalauréat pour améliorer leur profil d’orientation et d’inscription surtout à l’université.

Cette étude démontre l’échec de la réforme, où le redoublement n’est obligatoirement et largement détectable qu’en classe d’examen, ce qui signifie que les élèves ne redoublent pas ou peu pendant leur cursus scolaire pour diverses raisons ; ils n’auront un aperçu de leur vraie valeur qu’une fois en classe d’examen, alors la question reste posée : pourquoi les élèves ne redoublent que rarement pendant les autres années ?

Les responsables évitent d’intervenir ou de mettre fin à ce problème, car tout le monde y trouve son compte, puisque chaque redoublement est une facture en plus pour l’Etat et pour les parents d’élèves. La facture du redoublement est en moyenne en Algérie de 13% sur l’enveloppe globale qui se chiffre à 761 081 milliards de dinars cette année.

1- La population scolaire dans l’enseignement augmente globalement chaque année. En 2016-2017, 8 600 000 enfants fréquentent l’enseignement, en 2015-2016 ils étaient 8 112 475, soit un excédent d’élèves de plus de 480 000, alors qu’en 2014-2015, ils étaient 8 451 370, ce fut une année particulière. Mais le problème se posera surtout à partir de 2022, car on a eu un million de naissances en 2016, le taux de natalité en Algérie a pratiquement doublé depuis le début des années 2000, passant de 600 000 naissances par an à un million.

Nous sommes ainsi 41,2 millions d’habitants début 2017, d’après le Centre de recherche en économie appliquée pour le développement (CREAD). Selon les spécialistes, ce nouveau « baby boom» est dû en partie à un taux de nuptialité qui a été multiplié par deux. En effet, plus de 369 000 mariages ont été enregistrés durant l’année 2015 contre 177 000 enregistrés en 2000, soit une moyenne de 9 mariages par 1000 habitants contre 5/1000, ce qui explique cette croissance du taux de natalité, a affirmé Amer Ouali, le directeur de la population au ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière.

2- Pour ce responsable, alors que la fécondité a baissé ces dernières années, le taux de natalité est encouragé par le mariage à un plus jeune âge, ainsi qu’un taux de mortalité infantile en baisse de 14 points (soit 22 décès pour 1000 naissances en moyenne).

3- Donc, l’enfant qui est né en 2015 aura 7 ans en 2022, donc le baby-boom deviendra en 2022 un écolier boom. Sur les 10 ans observés, le coût par élève a augmenté de 20% à prix constants dans l’enseignement pour un accroissement des effectifs élèves de 12% au cours de la même période en 2006, il était de 7 557 994 élèves, soit un excédent de 1 042 006.

Au final, retenons de ces chiffres qu’un élève sur cinq a déjà redoublé au moins une fois au moyen, contre un élève sur deux au secondaire ! Sans réel investissement qui permettrait de développer des pratiques de pédagogies différenciées (à quand une politique audacieuse de médiation immédiate dans nos écoles ?), on ne doit pas espérer de changements majeurs dans les prochaines années.

Par ailleurs, le coût de l’échec scolaire ira encore croissant avec l’arrivée de nouveaux élèves dans les prochaines années. Les indicateurs annoncent une croissance de 13% d’ici 2022, car on aura plus de 9 600 000 élèves… Le coût du cursus scolaire annuel d’un élève coûte à l’Etat actuellement 88 000 dinars. Le coût du cursus scolaire annuel d’un élève vu l’échec de la réforme.

Livre : 4000 DA ; fournitures scolaires 4000 DA ; transport 160 000 DA ; cours particuliers : 60 000 DA, c’est-à-dire 84 000 DA annuellement par année et par enfant comme frais minimal, sans tenir compte de l’argent de poche et des faux frais. De là, nous pouvons voir que le redoublement d’un élève, si c’est un besoin pédagogique important pour l’élève, pour son développement et pour son apprentissage, il est d’un rapport négatif du point de vue financier aussi bien pour l’Etat que pour les parents.

Ainsi, dans tout futur programme politique des Etats et de l’Algérie en particulier et pour amortir l’ardoise financière dans l’éducation, le redoublement est à bannir et les réformes qui seront mises en place n’auront qu’un seul but : diminuer le budget de roulement de l’éducation par tous les moyens. Le redoublement est presque nul dans le moyen et le secondaire en appliquant les rattrapages et les rattrapages des rattrapages.

Le redoublement est indispensable, car c’est un facteur dans l’éducation du citoyen qui n’assimilera pas un minimum de connaissances et son taux ne doit pas nous poser un problème, car dans la finalité, c’est le moyen de corriger ses erreurs et en parallèle des passerelles de formation professionnelle doivent être créées pour limiter au maximum la déperdition scolaire. Aujourd’hui, on oblige l’élève à poursuivre sa scolarité malgré son incapacité ou sa mauvaise orientation et l’on se satisfait des faux taux de réussite, mais jusqu’à quand ? Et c’est cela qui a engendré cette violence de plus en plus grande.

Le démantèlement de l’enseignement technique démontre la politique du pays qui, pour une raison économique, a privé le pays de l’une de ses plus efficaces armes de développement. L’Etat n’investit plus en l’homme et seul l’intérêt économique prime. Et toute réforme dans l’éducation prévue se fera suivant les besoins économiques, sans tenir compte de la qualité de l’enseignement. On est en train de détruire l’école publique et engendrer encore plus notre dépendance vis-à-vis de l’étranger. Une nouvelle colonisation moderne est en train de naître à travers l’éducation. Lire la suite

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