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L’école sous surveillance

Publié le 19/03/2016, par dans Non classé.

Les ministères de l’Education nationale, de l’Intérieur et des Collectivités locales et de la Défense nationale ont signé, jeudi à Alger, une convention-cadre visant à lutter contre la violence en milieu scolaire.
Dans son allocution avant la signature de ce document qui s’est déroulée au siège du ministère de l’Education, Nouria Benghebrit soutient que « la lutte contre la violence en milieu scolaire passe par la prévention et la sensibilisation en privilégiant le dialogue et la médiation, en redoublant de vigilance et en bannissant l’impunité par l’application de la loi». Le mot d’ordre pour ce département est de « faire de l’école un espace protecteur et protégé» et de prendre en charge le fléau de « manière globale et permanente et non de façon partielle et conjoncturelle».

Noureddine Bedoui, ministre de l’Intérieur, a quant à lui appelé à « sécuriser et assainir le système éducatif», estimant que « les tentatives visant à le désigner comme un espace non sécurisé ont pour but de déstabiliser l’Etat». Le ministre de l’Intérieur souligne que « l’école doit rester la ligne rouge à ne pas franchir», précisant que le gouvernement « est déterminé à lutter contre toutes les formes de violence à travers l’adoption de nouvelles mesures à même de réduire la dangerosité de ce phénomène».

Le général-major Menad Nouba, commandant de la Gendarmerie nationale, a, pour sa part, indiqué que la convention « constitue un outil pour le renforcement de la coordination et de la collaboration entre les ministères de l’Education, de la Défense et de l’Intérieur conformément aux directives contenues dans le programme du gouvernement».

Concrètement, l’accord consiste en la création d’une cellule de suivi et de traitement des données relatives au phénomène de la violence, conjointement avec ce qui se fait au niveau de l’Observatoire national de l’éducation et de la formation installé récemment.

Pas d’atteinte à la franchise scolaire

Si les mesures de fonctionnement n’ont pas été détaillées par les différentes parties signataires de ce document, qui seront annoncées « au moment opportun», des assurances ont été fournies par certains membres de la commission de suivi installée à cet effet. « Il ne s’agit nullement de policer l’école», assure Noureddine Khaldi, directeur de l’éducation d’Alger-Centre et membre de la commission précitée. « Il ne s’agit en aucun cas de mettre des policiers et des gendarmes dans l’enceinte scolaire, mais de sécuriser l’environnement direct de l’école, à la demande des directeurs d’établissement.

La franchise scolaire ne sera en aucun cas violée», détaille M. Khaldi, expliquant, en marge de la cérémonie de signature, que « cet accord permettra aux chefs d’établissement, à la demande de toute la communauté scolaire, de faire appel aux services de sécurité, sans les retards engendrés par les lentes procédures, et de traiter les cas avec l’urgence dictée par le souci de préserver tout d’abord l’intérêt des enfants scolarisés».

C’est donc un outil qui définit la procédure à suivre en cas de besoin, qui alerter, à qui s’adresser. « Cet accord stipule la mise en place de tout un appareil de suivi, d’intervention et de traitement des informations pour préserver un climat scolaire sain et protégé.» « Les fléaux qui menacent l’intégrité des écoliers (drogue, armes blanches, subversion…) vont désormais être traités de manière plus structurée et le secteur aura donc des données réelles sur les dangers qui guettent sa stabilité», détaille M. Khaldi rappelant le lancement d’enquêtes sur la drogue.

Y a-t-il péril en la demeure ?

Les parents d’élèves, à travers l’Association nationale des parents d’élèves, applaudissent à cette mesure « revendiquée depuis 4 ans», selon Khaled Ahmed, président de cette organisation interrogée en marge de la cérémonie. Cet accord répond à un besoin exprimé par la communauté scolaire, aussi bien pour évaluer les dangers que pour y remédier. L’Association espère un ciblage de toutes les formes de violence, à commencer par celles qui ont tendance à se banaliser tels les comportements de plus en plus violents des apprenants et des enseignants.

Pour Khaled Ahmed, « l’école n’est pas à l’abri de la violence idéologique, endoctrinant et ciblant les jeunes». « Cet appareil permettra, espérons-le, de détecter à temps toute tentative d’endoctrinement ou de discours subversif pouvant cibler l’école, qui doit rester un lieu sûr», soutient-il.

Boualem Amoura, du Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation (Satef), explique que le danger de l’endoctrinement doit être pris avec rigueur par cette commission, craignant une montée de ce fléau vu le contexte actuel. « L’école est plus que jamais ciblée par les tentatives de déstabilisation», estime M. Amoura, appelant la communauté à être alerte pour faire face à tout risque. « Cet accord doit être suivi par une révision du contenu du programme qui contient des chapitres qui « favorisent les comportements violents», ajoute-t-il.
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