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Le silence intrigant du ministère de l’Intérieur…

Publié le 22/04/2017, par dans Non classé.

Depuis son élection en octobre 2015, à la tête de l’Association algérienne enfance et famille d’accueil bénévole (AAEFAB), Mme Boukadoum peine toujours à obtenir l’agrément du nouveau bureau auprès du ministère de l’Intérieur.
« En tant qu’association nous dépendons du ministère de l’Intérieur, alors que les bébés transférés à nos deux pouponnières dépendent, quant à eux, du ministère de la Solidarité. Après notre mise en conformité avec la nouvelle loi sur les associations, les membres fondateurs et actifs ont fait un constat de carence et, de ce fait, décidé de retirer leur confiance à l’ancien bureau, à l’origine d’une gestion catastrophique de l’organisation qui a eu pour conséquence une accumulation de dettes. L’attention de l’ancien président, Youcef Antri Bouzar, a été attirée à plusieurs reprises mais en vain. Il n’en faisait qu’à sa tête et refusait de présenter les bilans financier et moral que ce soit aux membres de l’Association ou au ministère de la Solidarité, qui a d’ailleurs mis fin à la subvention de 10 millions de dinars qu’il nous accordait. Il gère l’association comme un bien privé», révèle Mme Boukadoum. Le constat ne pouvait durer, précise-t-elle, raison pour laquelle, le conseil des sages de l’association, et après plusieurs réunions, a convoqué une assemblée générale, tenue sur autorisation du tribunal de Chéraga et en présence d’un huissier de justice. « Le constat établi par les sages de l’association fait état d’une situation financière catastrophique engendrée par des dysfonctionnements dans la gestion de la trésorerie de l’association, qui peine à honorer les salaires de ses 64 employés. Tout a été consigné. Un constat de carence a été établi et un nouveau bureau élu. Un dossier a été déposé au ministère de l’Intérieur pour l’agrément, mais aucune réponse ne nous a été donnée. De son côté, l’ancien président a fait fit de toutes les décisions de l’assemblée générale. Il a refusé de partir malgré mon installation légale à la tête du nouveau bureau. Il a déposé plainte contre moi pour un présumé vol de document et j’ai dû quitter les lieux jusqu’à ce que le tribunal tranche en ma faveur.

Au moins trois fois, la justice a rendu des décisions au profit du nouveau bureau», tient-elle à préciser. Visiblement éreintée et surtout désabusée, Mme Boukadoum s’interroge sur le silence du département de Noureddine Bedoui. « L’association aurait pu reprendre ses activités et redresser la barre, si le ministère de l’Intérieur n’avait pas fait la sourde oreille.» « Cela fait 18 mois depuis le dépôt du dossier lié à l’élection du nouveau bureau. Les accusés de réception et les lettres recommandées en font foi. Tous nos courriers adressés à ce département sont restés sans écho. Nous avons essayé de comprendre ce silence en nous adressant à nos contacts. Ces derniers affirment qu’ils n’ont rien trouvé au ministère. Nous avons montré les accusés de réception, mais la réponse était toujours la même : refaire un autre dossier. Nous l’avons fait, mais rien à ce jour, et la situation des deux pouponnières ne fait que s’aggraver. Les cotisations à la Sécurité sociale ne sont pas payées depuis longtemps.

La dette a dépassé les 70 millions de dinars. Une vingtaine d’employés ayant atteint l’âge de la retraite ne peuvent partir parce que leurs dossiers ne sont pas à jour et les loyers du site qui abrite la pouponnière de Palm Beach ne sont pas honorés depuis des années. Si le ministère de l’Intérieur n’avait pas fermé les yeux, la situation n’aurait pas été aussi catastrophique, la barre aurait été redressée par la nouvelle équipe qui s’est engagée à sauver les 30 années de combat pour le bien-être des enfants abandonnés», lance Mme Boukadoum d’un ton coléreux. Le problème, dit-elle, est celui d’une gestion dans laquelle a failli l’ancien bureau. « Le ministère de l’Intérieur est au courant de tout. Pourquoi ferme-t-il les yeux ? Pourquoi ne se penche-t-il pas sur la gestion de l’ancien bureau qui continue à accaparer l’association mettant en danger la prise en charge des enfants ? Nous avons mis 30 ans pour former des berceuses qualifiées, qui à leur tour ont formé le personnel des pouponnières de l’Etat. Notre méthode est une référence dans le domaine et cela grâce à l’engagement d’une personne qui, malheureusement, est en déperdition», déclare Mme Boukadoum. Et de lancer un cri de cœur à l’adresse du ministre de l’Intérieur : « Notre seul souci est de remettre sur les rails l’association qui compte dans ses rangs de véritables militants, qui sont préoccupés par le sort des deux pouponnières dédiées aux enfants abandonnés. La situation est intolérable. Le nouveau bureau est légal et doit avoir une autorisation pour sauver ce qui peut être sauvé.»
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