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Le séjour cauchemardesque des hadjis algériens

Publié le 09/09/2017, par dans Non classé.

Les discours officiels promettant une meilleure prise en charge des pèlerins algériens, relayés par certains médias nationaux, n’étaient que des leurres. Le pèlerinage, en réalité, n’est qu’une histoire de business entre l’organisme chargé de la gestion du hadj et certains opérateurs en Arabie Saoudite, notamment en matière d’hébergement, de restauration et de transport. Le hadj passe après les affaires.
Les autorités saoudiennes ont mobilisé tous les moyens pour canaliser et maîtriser les gigantesques flux humains et rendre leurs mouvements fluides, pour éviter les tragiques accidents qui ont eu lieu par le passé. Les éléments chargés de faire régner l’ordre étaient à la hauteur, en imposant la discipline aux millions de pèlerins venus des 5 continents.

Les pèlerins algériens ont vécu des situations indécentes, voire humiliantes. Ceux qui étaient chargés de contrôler le fonctionnement ne s’adressaient pas aux concernés, les pèlerins. Ils se contentaient d’échanger des mots avec les  » mourchidines (guides)» qui encadrent les Algériens, avant de remettre leurs comptes-rendus à leur hiérarchie.  » El-Hamdoullilah kouli machi bil kheir, mafich ayi mouchkil », (nous remercions Dieu, tout marche merveilleusement bien, il n’y a pas de problèmes, ndlr) déclare un des employés d’une agence de voyage algérienne, au contrôleur à l’accent égyptien.

Le business exige l’entente parfaite entre les  » affairistes » algériens et les employés des agences qui exercent en Arabie Saoudite, au détriment du hadj qui débourse un peu plus de 50 millions de centimes, pour accomplir l’un des 5 piliers de l’Islam. L’opportunité du pèlerinage permet à chaque hôtel d’héberger un nombre considérable de clients en faisant fi, allègrement, de la règlementation.

Dans un hôtel, qui a accueilli un millier de clients algériens, il faut patienter plus d’une heure pour avoir quelque chose à se mettre sous la dent. Le riz au poulet fait partie du menu quotidien durant le séjour. Ce n’est pas l’hôtel qui assure la restauration. Les négociateurs algériens avaient traité avec les  » traiteurs ». Les agences de voyage se content alors de mettre de l’ordre dans uns espace trop exigu. Les plateaux en plastic ne suffisent pas pour servir tout le monde. Les serveurs chargés de distribuer le semblant de nourriture se montrent trop avares, un ouvrier ramasse les plateaux utilisés pour les remettre à son collègue qui les essuie avec un chiffon avant de servir à un autre pèlerin. Les conditions d’hygiène laissent à désirer. Certains pèlerins ne pouvant pas supporter ce diktat au restaurant, préfère utiliser les emballages en carton au lieu du plateau pour déposer leurs minuscules assiettes et bols, également en plastic.

D’autres pèlerins achetaient leurs nourritures des restaurants et mangeaient dans leurs chambres, après avoir subi une longue attente devant les ascenseurs. Le plat témoin est un mirage. Les représentants de la mission médicale se plaignent du nombre très important de malades. Ils sont dépassés. Ils ne disposent pas suffisamment de moyens pour faire face à la forte sollicitation des femmes et des hommes qui souffrent. Bref. Au 9ème étage de l’hôtel, assis sur une chaise dans le couloir, Azzedine, un pèlerin qui réside à Alger ne dissimule pas sa colère.  » J’étais victime d’une intoxication alimentaire depuis une semaine. Selon le médecin de garde de la mission algérienne, il y avait eu 80 intoxiqués qui se sont présentés chez elle. Elle a fait son rapport mais, selon elle, personne n’a voulu tenir compte », ajoute notre interlocuteur.

Un autre vieux, âgé de 78, ans qui réside à Douéra nous exhibe une boite à médicaments remplie à moitié.  » Voyez-vous ce que m’a prescrit le médecin, la moitié d’une boite pour me traiter », m’avoue-t-il avec un léger sourire. Dans cette atmosphère qui ne laisse pas une place pour la détente, à l’intérieur de l’ascenseur, un éclat de rire fuse lorsqu’un pèlerin déclare à ses compatriotes :  » qui va descendre au mangeoire ? ». En effet, à l’intérieur de la cabine, le  » M » est affiché en plus des numéros qui indiquent l’étage. Il ne s’agit plus de restaurant, mais de mangeoire.

Le départ pour Arafat est annoncé. Chaque pèlerin devra prendre ses dispositions. Il s’agit de l’épreuve vitale et indispensable pour chaque hadji. Cela doit s’articuler sur l’intention d’y aller aux lieux saints, après avoir passé une nuit à Mina. Il faut rester le lendemain à Arafat jusqu’au coucher du soleil, passer la nuit à Mouzdellifa avant de séjourner à Mina les deux jours qui suivent la fêtes de Tabaski et jeter, chaque fois, 7 cailloux sur les 3 stèles durant 3 jours. Avant de regagner la Mecque, les hommes doivent se raser le crâne et les femmes couper légèrement quelques cheveux.

Le camp N°85

L’enthousiasme affiché par les pèlerins algériens s’est estompé dès leur arrivée dans l’immense camp de Mina. Le camp numéro 85 est réservé aux pèlerins algériens. Durant le séjour dans ce camp, les membres de la mission algérienne ont brillé par leur absence. Ils n’étaient pas concernés par les conditions inhumaines imposées aux pèlerins de notre pays, femmes et hommes. Le camp N°85 était une honte pour l’Algérie. Un détour dans quelques camps démontre l’absence de considération à l’égard des hadjis algériens. La mission officielle Hadj 2017 a totalement failli à sa mission. Le Gouvernement algérien devra se pencher sérieusement sur les tâches de chaque département concerné par la prise en charge des pèlerins, pour éviter les mêmes erreurs et errements se reproduisent lors de la prochaine campagne, notamment durant le séjour en Arabie Saoudite.

Les rapports officiels qui seront rédigés par les membres de la mission ne reflèteront aucunement la réalité. Même le nombre, annoncé officiellement, de hadjis algériens décédés devrait être revu à la hausse. Les mensonges ne peuvent pas durer éternellement. Notre pays devra un jour fonctionner sur la base de la vérité afin d’aborder l’avenir avec plus d’assurance. Les conditions d’hygiène vécues à l’intérieur du camp  » 85 » à Mina étaient insupportables. Des images qui ne font pas honneur à l’Algérie. Des femmes âgées Lire la suite

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