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Le risque des deux-roues

Publié le 16/02/2018, par dans Non classé.

Sur les routes, ils sont impliqués directement ou indirectement dans les accidents de la circulation. Mais il n’y pas de statistiques précises sur le nombre de morts chaque année chez les motocycleurs. El Watan Week-end s’est intéressé, à l’occasion du 1er Salon international de la prévention et de la sécurité routières, à cette catégorie qui représente de plus en plus de danger, surtout que la plupart sont des « sans-papiers»
Statistiquement, il y a eu 25 038 accidents dans tout le pays en 2017, causant la mort de 3639 personnes et 36 287 blessés. Plus de détails : plus de 3095 accidents de la route impliquant les motocycles ont été enregistrés en 2017, soit12,36 % du nombre de l’accidentalité globale, selon le Centre national de la prévention et de la sécurité routières (CNPSR).

« Dans 2 cas sur 10 des accidents relevés par la Protection civile, les motocyleurs sont impliqués de manière directe ou indirecte», selon les mêmes services. « Les motocycles sont signalés dans 3095 accidents corporels enregistrés au cours de l’année 2017, soit 12,36% de l’accidentalité globale, une augmentation de 3% par rapport à l’année 2016», selon Fatma Khellaf, responsable presse au CNPSR.

Pour 2017, les motocycles sont classés en 3e position des véhicules impliqués dans les accidents de la circulation. Ils viennent évidemment après les véhicules légers et lourds. Une situation dramatique, c’est un peu normal quand on nous dit : « Je n’ai pas de permis de conduire, ni d’assurance, ni de carte grise. Je conduis un scooter (Faragh) (c’est à dire sans existence légale).

Je sais que c’est interdit par la loi, mais j’essaye toujours de ne pas me faire prendre», témoigne Houssam, 20 ans, tout fier. Et évidemment, il n’est pas le seul. Aujourd’hui, c’est surtout tendance, sachant que dans le cas où un motocycle est impliqué dans un accident, il ne pourra rendre compte à l’autre partie, et probablement, un délit de fuite sera relevé sur le lieu de l’infraction. « Cela m’est arrivé déjà. J’ai accidentellement effleuré un piéton avec mon rétroviseur et étant dans l’irrégularité totale, j’ai préféré fuir… plutôt que le risque de voir ma moto en fourrière.» Mehdi, qui livre un autre témoignage et ne dépasse pas les 30 ans, raconte presque la même chose.

Concernant l’indifférence pour circuler dans un cadre réglementaire, il ne se rend pas compte du potentiel danger qu’il encourt, sur sa propre personne, et aux autres usagers. « Je n’ai pas le chiffre exact concernant le nombre de motos saisies par nos services, mais je sais que c’est un nombre important ! Nous sommes rigoureux quant à l’application de la loi», affirme un gendarme rencontré au Salon international de la prévention et de la sécurité routières. Que stipule la réglementation ?

Lorsque l’automobiliste ou le motocycliste est dans l’impossibilité de présenter les documents exigés pour la conduite et la circulation du véhicule (permis de conduire, carte d’immatriculation, attestation d’assurance, autorisation de transport…), le conducteur est en infraction. Il sera maintenu sur les lieux de la constatation de l’infraction, le temps qu’il justifie le manque de documents.

S’il est dans l’incapacité de le faire dans un délai de quarante-huit heures, la mobilisation de la moto peut se transformer en une mise en fourrière. « Il m’est arrivé à plusieurs reprises de constater de grave dépassements de la part des conducteurs de moto : non- respect de la vitesse limitée, pas de port de casques. Certains s’adonnent à des cascades dangereuses sur les autoroutes, mettant ainsi leur vie en péril et celle d’autres usagers. Nous leur faisons signe de s’arrêter, hélas, certains refusent d’obtempérer», s’indigne le même gendarme. Ils refusent de s’arrêter !

Que faire dans le cas de constatation d’une telle infraction ? « Quand le motocycleur refuse de s’arrêter au niveau d’un point de contrôle, une toute autre procédure est enclenchée, l’auteur du délit sera considéré hors la loi et un avis de recherche sera lancé», explique encore le représentant de la gendarmerie.

Sensibilisation

Mais pas de poursuite à l’américaine au risque de porter atteinte aux autres usagers de la route. « En Algérie, ce n’est pas le même mode opératoire, à partir de l’instant de signalement, il nous est strictement interdit d’enclencher une course-poursuite. Cela peut engendrer de gros risques d’accident», ajoute encore notre interlocuteur. Et cette interdiction, les motocycleurs ne l’ignorent pas.

Avec 1405 accidents corporels enregistrés au cours de l’année 2017, la capitale se positionne dans le peloton de tête des villes les plus touchées par l’hécatombe routière, un chiffre relevant de la forte implication des jeunes conducteurs âgés entre 18 et 29 ans. Toujours selon Fatma Khellaf, les motocycles représentaient 0,57% du parc automobile en 2016, soit 50 842, chiffre qui est vraisemblablement sous-estimé par notre source à la Fédération algérienne des sports mécanique. « Les chiffres communiqués par le CNPSR n’englobent pas les motards qui ne sont malheureusement pas en règle, ce sont ceux-là qui faut viser…», affirme notre source.

Autrement dit, ils sont plus nombreux à être sur les routes aujourd’hui, mais difficile de les identifier dans la mesure où ils n’existent pas légalement. Quand est-il de la sensibilisation ? Des tentatives…. « Un intense travail de communication en direction des usagers de la route a été également accompli», informe Fatma Khellaf, responsable presse au CNPSR.

Certes, à encourager, mais, les timides actions de prévention doivent être intensifiées, et ce, à longueur d’année, orientant leur communication surtout vers les jeunes, vu que 1620 personnes de moins de 29 ans ont perdu la vie sur nos routes au cours de l’année 2017, soit 44,52% du nombre global de décès. La sensibilisation des motocyclistes, sur l’importance du port du casque, des gants, du respect du code de la route … doit être, entre autres, une priorité absolu des acteurs de la sécurité routière. Lire la suite

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