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Le récit d’une autre Amérique

Publié le 08/11/2016, par dans Non classé.

En compagnie de Nedjma, Rafik et Nassim, trois jeunes militants associatifs de chez nous, nous avons partagé une expérience intense aux States, dans le cadre d’un programme conçu spécialement pour notre mini-délégation : Youth Violence Prevention and Conflict Resolution : a Project for Algeria (Prévention de la violence des jeunes et résolution de conflit : un projet pour l’Algérie). Notre séjour américain qui s’est étalé du 17 au 30 septembre 2016, était réparti entre Washington, Los Angeles et Baltimore. Il s’inscrivait dans le cadre de l’International Visitor Leadership Program qui relève du département d’Etat.
Dimanche 18 septembre. Washington DC. Il est 9h, soit 14h à Alger. Cinq heures de décalage horaire entre les deux capitales, oui. Le jetlag faisant son effet, nous sommes réveillés depuis belle lurette après une nuit bien courte. En compagnie de Nedjma, Nassim et Rafik, nous faisons nos premiers pas sur le sol américain à travers les rues les plus proches de l’hôtel Club Quarters où nous sommes logés.

L’hôtel est situé sur la 17e Rue, à moins de 500 mètres de la Maison-Blanche. Les rues de Washington sont étrangement vides en cette matinée dominicale. La plupart des boutiques et des cafés sont fermés. Il y a toutefois quelques amateurs de sport qui font du jogging dans les nombreux parcs et sur les grands boulevards de la capitale fédérale US.

Il fait un temps clément. Un bon 22°C, soit un peu plus de 70 Fahrenheit. Il faut savoir que les températures, ici, sont effectivement déclinées en Fahrenheit. « Les hivers peuvent être très rudes, avec des chutes brutales de température», nous dit-on. Nous musardons dans les allées du Lafayette Square, situé dans le périmètre du Président’s Park, et au milieu duquel trône une statue équestre à la gloire du président Andrew Jackson.

Au bout du parc se profile un bâtiment blanc de style néoclassique entouré d’une pelouse soigneusement taillée. C’est la Maison-Blanche justement, lieu de pèlerinage obligé pour tous les touristes de passage à Washington DC. « On va prendre un café chez Obama ?» plaisante un membre du groupe. Des voitures de police estampillées « Secret Service» sont parquées aux abords de la White House. Mais pas de fébrilité policière ni de dispositif de sécurité exceptionnel. Pourtant, la veille, un attentat à la bombe avait été perpétré à New York, faisant 29 blessés. Il s’agit, selon la presse locale, d’un engin explosif déposé dans une poubelle dans le quartier de Chelsea, à Manhattan.

Les chaînes d’info en continu ne parlent que de cela. Un activiste antinucléaire tapi sous un abri improvisé campe à quelques mètres de l’enceinte présidentielle. « Live by the bomb, die by the bomb» (Vis par la bombe, meurs par la bombe) peut-on lire sur l’une des pancartes brandies par ce militant pacifiste. Nous croiserons d’autres manifestants solitaires tout au long de notre séjour, dressés toute la journée en face de la Maison-Blanche, à l’image de cet autre activiste tenant une pancarte appelant à la libération de Mumia Abu Jamal et d’autres détenus considérés comme des prisonniers politiques.

« Salam»

En revenant sur nos pas au long de Jackson Place, et à hauteur de la White House Historical Association, nous ramassons un billet de banque qui traînait par terre, un faux dollar à l’effigie de Hillary Clinton et Donald Trump. Il y est écrit : « Peace and prosperity» (Paix et prospérité) et, détail de taille, porte dans un coin une inscription en lettres arabes, avec ce mot : « Salam» (Paix). Hormis cette trouvaille, il n’y a quasiment rien dans le paysage washingtonien en ce dimanche tiède qui indique que l’on est à quelques « encablures» de l’élection présidentielle, prévue le 8 novembre (aujourd’hui).

En se promenant dans les rues de Washington DC (ces petites lettres faisant référence à District of Columbia pour la distinguer de l’Etat de Washington situé à l’extrême nord-ouest du pays), on note d’emblée l’absence de gratte-ciel. Certains voudraient que tous les bâtiments de la ville ne devraient pas dépasser le Washington Monument, ce mémorial en forme d’obélisque de 169 m de haut, fait de marbre et de granit, érigé en hommage à George Washington et inauguré en 1885.

Ce n’est, en réalité, qu’une légende urbaine. La ville a été bâtie à la confluence de deux rivières : le Potomac et l’Anacostia. Son urbanisme est globalement de type orthogonal. Le plan originel de la métropole a été conçu par un architecte et ingénieur militaire français : Pierre L’Enfant. Washington a été créée sur le papier en 1790 et a été programmée dès le départ pour être la capitale de l’Union. Par souci de neutralité, elle ne relève d’aucun des Etats fédérés.

On a dû prélever un territoire à l’Etat du Maryland et un autre bout à l’Etat de Virginie pour la construire. Aujourd’hui, sa population « intra muros» s’élève à près de 659 000 habitants. Le paysage urbain est aéré, avec de larges avenues, des parcs en veux-tu en voilà, des sculptures sur toutes les places publiques et à tous les coins de rue. Le National Mall offre une superbe perspective allant du Washington Monument au Capitole et sa coupole emblématique qui abrite le Congrès. Des monuments et autres stèles commémoratives sont présents en force dans le « downtown», le centre-ville, à l’instar du Lincoln Memorial, du National World War II Memorial ou le Martin Luther King Jr National Memorial.

En plus de ces monuments, Washington compte une bonne ribambelle de musées : le National Museum of the American Indian, le National Galery of Art, ou encore le National Museum of African American History and Culture qui a été inauguré par le président Obama le 24 septembre dernier. L’imposant édifice de 40 000 m2 habillé en résille de bronze est signé David Adjaye, un architecte ghanéen qui a grandi en Tanzanie. Signalons aussi cet autre musée, le Newseum, littéralement « Musée de l’information», consacré au monde des médias et du journalisme, et qui, chaque jour, expose sur sa façade qui donne sur Pennsylvania Avenue les « front pages» — les Unes — de dizaines de journaux américains.

On ne peut pas ne pas remarquer cet autre haut lieu de la Lire la suite

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