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«Le Président sait que le général Hassan était craint par les Services de nombreux pays»

Publié le 01/12/2015, par dans Non classé.

Interrogée à chaud après l’adoption de la loi de finances par l’APN, Louisa Hanoune, secrétaire générale du Parti des travailleurs, qualifie la situation de « très grave». Elle parle de « coup d’Etat» fomenté par « des gangsters» au service d’une oligarchie. Sur l’affaire du général Hassan, elle rapporte les propos tenus par Bouteflika et le chef d’état-major de l’ANP, présentant l’officier comme « un patriote» et « un homme intègre»…
– L’APN a voté hier le projet de loi de finances malgré une forte opposition. Qu’en pensez-vous ?

Ce qui s’est passé au Parlement est très grave. C’est l’arrêt de mort de l’Algérie qui vient d’être validé. Le Président ne peut pas accepter de se faire hara-kiri en se délestant de ses prérogatives en faveur d’un ministre des Finances dont on connaît le profil, pour qu’il puisse disposer de tous les budgets de l’Etat. Nous sommes face à un coup d’Etat en bonne et due forme. Nous n’allons pas nous taire sur ce coup de force, cette déclaration de guerre contre le peuple algérien.

Le Président avait bel et bien déclaré, lors du dernier Conseil des ministres, qu’il n’était pas question de revenir à l’endettement, qu’il a qualifié de mortel pour le pays. Aujourd’hui, le cercle occulte qui l’entoure a non seulement autorisé l’endettement des entreprises, mais assuré qu’il sera garanti par le Trésor public. N’est-ce pas la mort de l’Algérie qu’ils veulent ? Le Président ne peut pas signer une loi de finances qui valide la dissolution de l’Etat algérien. Aujourd’hui (hier), nous avons vu à l’APN des bandits et des gangsters offensifs contre l’Etat et le peuple algérien au profit d’une oligarchie. Cette loi de finances, que le clan veut faire passer par un coup de force, est anticonstitutionnelle.

– Qu’allez-vous faire ?

Nous allons taper sur ce clan jusqu’à ce que le Président nous entende. Nous interpellerons le président du Conseil constitutionnel, même si, hélas, du point de vue des instruments, il n’y a pas grand-chose. De toute façon, nous allons réfléchir à des actions. Ils veulent que nous sortions dans la rue. Ils sont en train de pousser les gens vers l’extrême. Nous, nous ne sommes pas dans cette optique, celle du chaos, nous ne sommes pas pour la violence. Mais ce clan est en train de pousser les Algériens à la violence. Pour moi, ce sont des « Dawaech». Qu’est-ce qui nourrit le terrorisme, n’est-ce pas la précarité, le chômage, la pauvreté ?

Avec cette loi de finances, l’année 2016 sera celle de tous ces maux. Les députés ont exprimé leur colère, boycotté le vote de la loi et sont sortis dans la rue pour faire état de leur contestation. Ce projet de loi va passer au Sénat, où il y a du travail à faire. En attendant, nous allons nous concerter, aujourd’hui, au sein du groupe des 19, lors de l’évaluation de la campagne de signatures de la pétition que nous avons lancée. La pétition a eu un impact considérable. Nous comptons rallier à notre action le maximum de citoyens. Nous voulons voir le Président pour lui faire part des dérives qui se produisent.

– Vous aviez évoqué une rencontre avec le président de la République durant laquelle il aurait affirmé que le général Hassan était un patriote. Peut-on en savoir plus ?

Après les graves accusations lancées par le secrétaire général du FLN contre le DRS, j’avais interpellé le Président sur les propos gravissimes tenus de surcroît par un chef de parti. Le Président m’a reçue. C’était en février 2014. Je lui ai dit : « Monsieur le Président, arrêtez ces dérives. Des secrets d’Etat sont en train d’être révélés. Est-ce que ce général Hassan a trahi ? A-t-il fait quelque chose de grave ?» Il a répondu : « Non. L’affaire a été réglée.

Il n’a commis aucun méfait. Soyez rassurée.» Je me limite à ces propos parce que la discussion était longue et beaucoup de choses m’ont été dites. Je ne peux violer le secret de la rencontre. C’est ce qui me permet de me demander pourquoi une affaire classée peut resurgir une année après, pour qu’un patriote, un héros de la lutte antiterroriste soit poursuivi et condamné. Comment peut-on condamner à 5 ans de prison ferme un général qui a donné sa vie à la lutte antiterroriste. N’est-ce pas là une invitation à toutes les organisations terroristes ?

– Vous avez aussi été reçue par le chef d’état-major de l’ANP et vice-ministre de la Défense nationale. Avez-vous parlé de cette affaire ?

Effectivement. Sa réponse a été : « C’est une opération secrète.» Je lui ai dit : « Dans ce cas, elle doit rester secrète. Mais, ce n’est pas le cas. Elle a pris une dimension anormale du fait qu’elle porte atteinte à la colonne vertébrale de l’armée et du pays. Il faut mettre de l’ordre.» C’était en février 2014.

D’ailleurs, rappelez-vous, le Président a réagi à travers une déclaration rendue publique à l’occasion de la Journée du chahid. Il a rendu hommage à l’ANP, aux Services de renseignement et à leur chef. Il a rétabli les équilibres. Il ne peut pas dire que Hassan est un patriote, un homme intègre, et venir une année après l’accabler et le mettre en prison. Le Président m’a bien dit que le général Hassan était un homme propre, qui n’a pas trahi. Il sait que le général était craint par les Services de nombreux pays pour sa probité, sa compétence et son patriotisme.

Ce n’est pas un prédateur, et c’est l’aveu même du chef d’état-major de l’ANP et vice-ministre de la Défense.
Le Président ne peut en aucun cas être au courant de ce qui se passe. Je suis persuadée que le clan qui l’entoure lui cache beaucoup de choses. Déjà quand il recevait les personnalités politiques, il lui arrivait d’apprendre des faits parce qu’il ne peut être informé de tout. Il prenait des décisions tout de suite après.

– Le Président ne lit-il pas la presse ?

Vous savez, on peut lui découper ce que l’on veut. Le clan a dû lui dire que dans cette lettre qui vous a été adressée, Lire la suite

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