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Le piège des législatives

Publié le 24/01/2017, par dans Non classé.

Malgré les fortes réserves exprimées par la majorité des animateurs de l’Instance de concertation et de suivi de l’opposition (ICSO), la réunion convoquée par le président du MSP, Abderrezak Makri, s’est tenue hier en présence, en plus du parti hôte, le RCD, le parti des Avant-gardes des libertés, Abdelaziz Rahabi, Ahmed Benbitour, Tahar Benbaibèche et Filali Ghouni d’El Islah.
Certains partis politiques, organisations de la société civile et personnalités ont décidé de boycotter ce rendez-vous, arguant de son « inutilité» dans le contexte actuel et surtout redoutant une manœuvre d’instrumentaliser l’Instance dans la campagne des législatives. C’est dire le climat de méfiance qui domine au sein de la coalition de l’opposition.

Cependant, ceux qui ont pris part à la réunion d’hier ont mesuré le danger, tenant compte des réticences des « boycotteurs» pour éviter un risque d’éclatement de l’ICSO, comme le laisse entendre le communiqué final sanctionnant les travaux de la réunion : « L’instance a réaffirmé que la position à l’égard des élections législatives relève de la souveraineté des partis politiques et que l’ICSO n’a aucune position à prendre à ce sujet, comme cela a été décidé dans les précédentes réunions.»

Les participants ont également dénoncé, au nom de l’Instance de concertation, « les déclarations officielles qui contraignent le libre choix de s’opposer et empêchent les partis politiques boycotteurs d’exprimer librement leurs positions». Une riposte à l’adresse du ministre de l’Intérieur, Noureddine Bedoui, qui aurait menacé de revoir la loi sur les partis en introduisant une disposition interdisant aux partis de boycotter les élections. Ainsi donc, la réunion de l’ICSO tenue en « session ordinaire» s’est contentée d’un « minimum syndical».

Pas de grande et décisive décision. Il fallait éviter d’engager la coalition de l’opposition sur un terrain glissant qui pourrait « ruiner» tout le travail accompli depuis le congrès de Zéralda de 2014, qui a donné naissance à une large coalition des partis de l’opposition des différents courants idéologiques regroupés au sein de la Coordination nationale pour la transition démocratique (CNTD).

Et s’il est admis qu’après plus de deux années d’actions politiques elle n’est pas parvenue à forger un rapport de force dans la société pour imposer au pouvoir sa feuille de route politique de transition démocratique négociée, il est indéniable qu’il faut leur (les partis) reconnaître un travail de pédagogie redonnant à l’action politique son sens et réintroduire la vertu de dialogue et de formulation de propositions qui transcendent les clivages idéologiques et historiques.

Cependant, force est d’admettre aussi que la démarche comporte des limites objectives dès lors que ses principaux animateurs, rattrapés par des stratégies partisanes, divergent profondément sur la conduite à tenir face aux échéances. Les prochaines élections législatives sont justement un moment politique qui pourrait provoquer de fortes dissensions internes, voire une rupture. Les signes de division apparaissent au grand jour.

Les partis d’obédience islamiste travaillent à une alliance pour mieux négocier en bloc avec le pouvoir. Le chef du MSP, Abderrezak Makri, n’exclut pas le retour de son parti au gouvernement dans le cas où les élections législatives le créditent d’un bon score électoral.
C’est avoir plusieurs fers au feu. La nomination de Abdelwahab Derbal, transfuge d’Ennahada de Abdellah Djaballah, à la tête de la Haute instance de surveillance des élections, est présentée comme une assurance pour les islamistes.

Certains observateurs n’excluent pas le rôle que peut faire jouer le pouvoir à cet ancien député islamiste dans un éventuel rapprochement avec la mouvance islamiste. De toute évidence, les élections législatives vont remodeler la carte politique et impacter les alliances politiques existantes. Elles pourraient signer la fin du parcours de la coalition d’opposition. Lire la suite

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