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«Le pays est en danger, son système immunitaire est détruit»

Publié le 07/12/2015, par dans Non classé.

Le groupe des personnalités nationales (19-4) ayant demandé audience au président Bouteflika ne désarme pas. Ses animateurs se disent convaincus par la justesse de leur démarche qui, selon eux, est confortée par l’accumulation des faits enregistrés, notamment la semaine dernière. Le dernier en date est la lettre publiée par le général Toufik, ex-patron du DRS.
« Cette lettre confirme nos préoccupations et conforte notre position», lancent les représentants du Groupe des 19-4 lors d’une conférence de presse, animée hier au siège du Parti des travailleurs (PT) à Alger. Convoquée pour faire le bilan de leur démarche enclenchée il y a plus d’un mois, la conférence a été une occasion pour les représentants de ce groupe de commenter largement la lettre inédite du général Toufik. Faisant le lien avec « le coup de force» imposé, au début de la semaine dernière à l’APN, les intervenants alertent sur « la gravité de la situation qui met le pays en danger».

« Si les équilibres de l’institution militaire sont ébranlés, c’est que l’Algérie est en danger», déclare Khalida Toumi, ancienne ministre de la Culture. Pour elle, le général Toufik a, en défendant le général Hassan, dit des choses. « S’il a décidé de briser le silence, c’est que le fonctionnement des institutions n’est pas normal. Ensuite, il dit, sans rien révéler des détails de l’affaire pour laquelle le général Hassan est poursuivi, que cet homme a agi dans le respect de la loi et de la réglementation.

Cela prouve que le général Hassan — que je ne connais pas — est victime d’une cabale», lance-t-elle, avant d’évoquer aussi le cas du général Medjdoub. « Je sais des choses qui me permettent de dire que le procès du général Medjdoub est une cabale. Je ne dirais rien par respect pour le peuple algérien et le président de la République», ajoute-t-elle en dénonçant des « règlements de comptes».

« Hamid Grine a violé l’obligation de réserve»

Dans ce sens, Khalida Toumi se dit très préoccupée pour l’avenir du pays : « Nous avions très peur pour notre pays et cette lettre nous apprend que la colonne vertébrale de l’Algérie, qui est l’ANP, est brisée.» Enchaînant dans le même sens, Louisa Hanoune estime que le système immunitaire du pays est en passe d’être détruit. « C’est pourquoi nous réitérons notre demande d’audience au chef de l’Etat pour attirer son attention sur toutes les décisions dangereuses prises ces derniers temps», précise-t-elle.

La patronne du Parti des travailleurs s’attarde, elle aussi, sur le contenu de la lettre du général Toufik et s’interroge : « Le général Hassan est accusé, entre autres, de constitution d’une association de malfaiteurs. Où sont les autres membres de cette association? Quant au général Medjdoub qui a assuré la sécurité présidentielle pendant 10 ans, son cas reste une énigme. Qu’est-ce que s’est passé à la résidence d’Etat de Zeralda ? C’est notre droit de le savoir !»

Et de trancher : « Nous sommes devant la criminalisation du patriotisme et de la compétence.» Zohra Drif-Bitat et maître Boudjemaâ Ghechir se saisissent aussi de cette affaire pour s’interroger sur ce qui s’est passé au niveau de la justice militaire, qui « était jusque-là épargnée des interférences externes». « L’association de malfaiteurs est constituée par ceux qui ont violé le règlement de l’APN pour faire passer le projet de loi de finances et ceux qui ont promis aux Etats-Unis d’investir 260 milliards de dollars dans une ville américaine en faillite», dénonce Mme Drif-Bitat.

L’intervention du ministre de la Communication, Hamid Grine, qui a dénoncé l’intervention du général Toufik, a suscité également une réaction des conférenciers. Pour Khalida Toumi, Hamid Grine « a violé l’obligation de réserve». « Un ministre de l’Exécutif ne peut pas parler, ni de près ni de loin, directement ou indirectement, d’un procès de justice parce qu’il s’agit d’un principe constitutionnel exigeant le respect de la séparation entre les pouvoirs.

C’est une violation de l’indépendance de la justice», condamne-t-elle, en se gardant de polémiquer avec le ministre. Revenant sur l’évaluation de leur démarche, Me Ghechir relève les échos favorables reçus des citoyens et des personnalités et annonce la possibilité de mettre en place, à l’avenir, « un nouvel espace permettant à tous ces gens d’exprimer leurs avis sur la situation du pays».

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