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Le moudjahid et le journaliste

Publié le 11/10/2016, par dans Non classé.

Il est parti sur la pointe des pieds, sans déranger personne. La longue maladie qui le rongeait depuis des années a fini par avoir raison de lui.
Il avait pourtant tenu vaillamment…jusqu’au dernier souffle, lui le résistant qui avait rejoint en pleine adolescence les maquis de la Révolution. Lyes Hamdani a donc tiré sa révérence au monde de la presse auquel il avait consacré les meilleurs moments de sa vie. En toute discrétion. En toute humilité. Exactement à l’image de l’homme affable qu’il était, une personnalité de probité intellectuelle et de respectabilité qui s’était imposée d’elle-même dans l’immense institution de presse que représentait à l’époque El Moudjahid et au sein de laquelle Lyes avait assumé les plus importants postes de responsabilité.

Il est parti il y a seulement quelques jours en nous laissant le souvenir d’un journaliste très besogneux, malgré son apparente fragilité, mais très professionnel avec ce souci permanent de la perfection et du détail qui pouvait tout changer dans un article si on ne prenait pas garde. Tous les confrères qui ont eu la chance de travailler avec lui quand il tenait la rédaction en chef d’El Moudjahid reconnaîtront son indéfectible rigueur dans l’exercice du métier, sa conscience professionnelle surtout qui le rendait intransigeant face aux tentatives de compromissions qui souvent paraissaient inévitables. Lyes Hamdani était à ce titre un authentique journaliste engagé qui ne badinait pas avec ses convictions et qui ne cédait naturellement à aucun chant des sirènes.

D’ailleurs, il appartient à cette famille de maquisards qui n’a jamais « négocié» sa participation à la lutte de Libération et qui a préféré vivre intensément la passion qu’il avait en lui, le journalisme. Dans ce métier où il fut amené à former toute une nouvelle génération de journalistes, Lyes paraissait dans son élément. Il donna beaucoup au journal El Moudjahid par son souci d’organisation et de communication entre les différentes équipes rédactionnelles qu’il avait à diriger. Le défunt avait vécu une parenthèse passionnante et enrichissante dans sa carrière en dirigeant le bureau de l’APS à New Delhi pendant trois ans, mais c’est au quotidien de la rue de Liberté qu’il vécut sa plus grande aventure journalistique.

Adieu Lyes, la presse algérienne se souviendra de toi.
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