formats

«Le méga-problème c’est le gaspillage»

Publié le 22/03/2016, par dans Non classé.

L’Algérie est-elle à l’abri du stress hydrique ?

L’Algérie n’est pas à l’abri du stress hydrique, de même que nos voisins situés au sud de la Méditerranée réputée être une zone aride à semi-aride. Avec un climat aride, semi-aride et méditerranéen pour toute la zone côtière, qu’on le veuille ou pas, l’Algérie n’est pas un pays qui possède des ressources abondantes en matière d’eau. Ceci contrairement au Maroc qui a tout l’Atlantique et l’Atlas marocain qui nous barre les intempéries qui viennent de cet océan. Les uniques pluies que nous avons viennent du nord. Ainsi, nos potentialités sont limitées, ceci contrairement au développement démographique qui est en continuelle croissance.

Devant un tel état de fait, nous sommes obligés de recourir à l’optimisation de ces ressources estimées à 18 milliards de mètres cubes de potentialités. Elles nous proviennent des eaux souterraines à hauteur de 10 milliards de mètres cubes, des eaux souterraines renouvelables dans le Nord (2,5 milliards) et les ressources souterraines fossiles faiblement renouvelables (5,2 milliards). Le problème de l’eau ne se posait pas en 1962. La population alors ne dépassait pas les 9 millions d’habitants. Avec l’expansion démographique, il est évident que nous sommes en dessous des normes prévues par la Banque mondiale et les Nations unies en relation avec la pauvreté. Des normes qui prennent en considération l’accès à l’eau potable.

Malgré ce déficit en matière de ressources en eau, la situation n’est pas dramatique et est maîtrisée.

Quel est le coût de revient du mètre cube ?

Le prix est relatif au relief de chaque région. Contrairement à certaines wilayas, l’alimentation en eau potable dans diverses zones du pays, au relief accidenté et à la population éparse, nous coûte au-delà de 200 DA/m3. Je citerai, à titre d’exemple, Tizi Ouzou, Chlef, Tissemsilt, le Constantinois, Jijel ou encore Béjaïa. Ce prix concerne seulement les charges d’exploitation, l’électricité, les salaires des travailleurs, le gasoil et la maintenance des équipements et de la logistique. En moyenne, le coût de revient du mètre cube oscille entre 40 et 50 DA/m3. Malheureusement, la moyenne de facturation des entreprises commerciales de gestion de l’eau potable (ADE et Seaal) est de 18 DA. L’Etat prend en charge cette différence ainsi que les investissements.

Est-ce le même pour l’eau dessalée ?

Du tout ! S’agissant de l’eau dessalée, le prix est totalement différent. Le prix du mètre cube varie entre 0,55 et 0,82 dollar. Avec la dévaluation du dinar, le prix est arrivé à 1 dollar/m3. Ces prix établis sur 25 ans sont révisables. Contrairement à l’eau conventionnelle, l’eau dessalée est subventionnée à hauteur de 100% par l’Etat. Les opérateurs de distribution de l’eau viennent récupérer l’eau dessalée et la livrent via les différentes infrastructures du réseau d’alimentation en eau potable (AEP). Nous avons 10 stations de dessalement de l’eau de mer opérationnelles, une en voie de mise en service et deux différées pour des raisons de procédures, de coût de revient du mètre cube et de la rentabilité pour l’investisseur.

Réalisées suite à un appel à concurrence international pour des investisseurs étrangers, ces stations de dessalement sont l’investissement de plusieurs entreprises de différentes nationalités, notamment américaine, espagnole, italienne et canadienne. Ces investisseurs ont signé un contrat avec Sonatrach, représentant de l’Etat algérien, sur un principe « take or pay». Le contrat oblige l’Etat algérien à acheter l’eau produite de ces stations qu’elle soit récupérée ou pas. Dans le cas où on ne paye pas le prix de cette eau produite, nous sommes sujet à des pénalités. Mais vu le manque de ressources hydriques, le recours au dessalement de l’eau de mer est l’unique solution.

Qu’en est-il de la situation financière de l’ADE ?

L’inquiétude du directeur général de l’Algérienne des eaux (ADE) est justifiée étant donné qu’il a un équilibre financier à assurer. Il est vrai que le décalage de reversement de la subvention de l’Etat crée de petits problèmes financiers à l’ADE, mais en contrepartie, il y a aussi des obligations à assumer pour assurer cet équilibre. Le directeur général de l’ADE doit non seulement assurer un bon service au citoyen mais surtout veiller à la récupération de l’argent. Recouvrer les créances, qui dépassent les 35 millions de dinars, est plus qu’une obligation en ce moment pour cet EPIC. Il doit appliquer la rigueur dans le service et couper systématiquement l’eau aux citoyens qui ne payent pas leurs factures. Il faut pousser les citoyens à mettre la main à la poche. Dans cette situation, il y a une grande part de responsabilité que doit assumer l’Algérienne des eaux.

Faut-il réellement augmenter le prix de l’eau ?

Pour le moment, cette action n’est pas à l’ordre du jour et est loin d’être envisageable. Nous avons fait, en 2006, une enquête auprès des ménages pour définir le tarif. Ce dernier est laissé à l’appréciation de l’Etat. Les résultats de l’enquête ont fait ressortir qu’une famille de 5 personnes habitant un appartement de 3 pièces consomme 40 m3/trimestre. Sa facture ne dépassera pas les 1200 DA le trimestre. Par ailleurs, le méga problème est le gaspillage et les déperditions.

Ces dernières ne sont pas seulement dues aux fuites mais plutôt à des branchements illicites non déclarés et non facturés. La tendance au gaspillage est aussi motivée par la tarification au forfait. Il faut absolument aller vers l’élimination de ce type de comptage et de tarification, traquer les fraudeurs, installer des compteurs pour ceux qui n’en ont pas encore et surtout récupérer les créances. Lire la suite

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Home Non classé «Le méga-problème c’est le gaspillage»
Facebook Twitter Gplus RSS
© Radio Dzair