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Le manque d’audace du gouvernement

Publié le 05/10/2017, par dans Non classé.

Logique dépensière en temps de crise ! Alors que l’économie du pays sombre dans une impasse budgétaire, le gouvernement de Bouteflika vient d’adopter en Conseil des ministres un projet de loi de finances marqué par une orientation dispendieuse.
Un budget de l’Etat qui maintient la tendance des années précédentes, alors que la crise financière s’est considérablement aggravée. Le budget de fonctionnement qui absorbe l’essentiel du Trésor n’a pas connu une baisse sensible comme devrait le recommander la situation d’urgence économique. Les alertes du Premier ministre Ahmed Ouyahia qui a passé une semaine devant le Parlement à expliquer l’ampleur de la crise et les risques de l’incapacité du Trésor public à garantir les salaires des fonctionnaires ne semblent pas trouver de traduction dans le projet de loi de finances 2018.

L’on s’attendait à des coupes drastiques, notamment dans des secteurs aux budgets astronomiques. A la lecture des sommes allouées aux dépenses de l’Etat, notamment dans son versant fonctionnement, il apparaît que le gouvernement n’a pas osé opérer des coupes claires. Ahmed Ouyahia, qui annonçait des jours durs, ne semble pas trouver la formule magique pour réduire le train de vie de l’Etat. Selon plusieurs sources, il aurait rencontré beaucoup de difficultés dans ses arbitrages avec certains départements ministériels pour convaincre de la nécessité de couper dans leurs budgets.

Des ministères comme ceux de la Défense nationale, de l’Intérieur qui captent des enveloppes financières importantes refusent d’entendre parler de réduction de leur portefeuille. Au final, les embardées du Premier ministre n’étaient que des cris d’orfraie tant le tableau assombri qu’il arborait devant les députés n’est pas suivi de mesures courageuses à la hauteur de la crise. Il se trouve en confrontation avec une contradiction difficile à résoudre.

Entre les impératifs économiques du pays et les soucis politiques du pouvoir, il fallait faire un choix. L’équipe d’Ahmed Ouyahia est chargée de conduire les affaires dans un contexte d’état d’urgence économique et sociale pour parvenir à la fin du mandat présidentiel sans grands dégâts. Comment alors concilier deux objectifs opposés ? Comment faire pour calmer le front social en ébullition sous la menace d’une crise inflationniste annoncée et « vendre» la réussite de l’équipe au pouvoir ?

Un dilemme. La ruse toute trouvée qui consiste à recourir au financement non conventionnel (planche à billets) pour colmater l’énorme trou du Trésor aura un effet dévastateur sur le pouvoir d’achat des Algériens déjà en berne. Une démarche qui illustre au mieux l’incapacité d’anticipations des différentes équipes gouvernementales, au pire, leur refus manifeste d’engager des réformes sérieuses au moment où les caisses de l’Etat étaient pleines. Sans doute les deux à la fois. La situation devient encore inextricable dès lors que les prévisions économiques sont indexées sur un agenda politique aussi incertains.

Par manque de volonté politique et d’audace économique, le régime de Bouteflika n’a pas pu engager le pays sur la voie du développement, se contentant de l’affichage de quelques « réalisations» d’infrastructures de qualité moyenne par ailleurs. Le décollage de la machine économique du pays annoncé s’est heurté à la réalité d’un pouvoir enfermé dans ses contradictions.

Les capitaux accumulés grâce à la rente pétrolière auront servi au final qu’à maintenir le statu quo économique adossé à une impasse politique périlleuse. En fin de parcours, anachronique et incapable de se renouveler, le système du pouvoir ne peut être porteur de solutions aux crises qu’il génère. Lire la suite

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