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Le journaliste et le lanceur d’alerte libérés

Publié le 05/06/2018, par dans Non classé.

Six personnes, dont l’ancien et le nouveau propriétaire du site électronique Algérie-Direct, deux de ses techniciens, ainsi que le journaliste et militant des droits de l’homme Saïd Boudour, et le lanceur d’alerte, ancien employé du port d’Oran, Noureddine Tounsi, ont été déférés hier devant le tribunal d’Alger.
Assistés par un collectif d’avocats de la LADDH (Ligue algérienne des droits de l’homme), les mis en cause ont été entendus par le procureur d’abord qui les poursuit pour deux chefs d’inculpation : « outrage à fonctionnaire dans l’exercice de ses fonctions» et « offense au président de la République», en vertu des articles 144, 144 bis et 146 du code pénal.

En milieu d’après-midi, ils ont tous été renvoyés devant le juge d’instruction qui, après plusieurs heures d’audition, a placé les deux responsables du site électronique, Khellaf Benhadda et Mellah, sous contrôle judiciaire et mis en liberté les quatre autres mis en cause, dont le journaliste et le lanceur d’alerte, gardés d’ailleurs avec le statut de témoins dans le dossier, en attendant la fin de l’instruction. L’affaire, faut-il le rappeler, qui avait démarré à la suite de la publication par le site électronique Algérie-Direct d’un article, où il est fait état de la disparition de 44 kg des 701 kg de cocaïne saisis dans les containers de viande congelée importée du Brésil, en précisant que les 44 kg manquants ont été « dérobés», et qu’il « n’en reste» en réalité que 657 kg. L’article en question a été illustré par une caricature allant dans le même sens de l’idée. Dès vendredi, les services de police ont arrêté à Oran le lanceur d’alerte et le journaliste, puis les ont transférés à Alger, pour être entendus au commissariat de Bab Ezzouar.

Dans ces locaux, l’ancien et le nouveau propriétaire du site électronique ainsi que deux de ses techniciens ont également été entendus sans que personne, au niveau de la Ligue des droits de l’homme, qui suit de près ce dossier, ne soit au courant des circonstances, ni des motifs de ces arrestations et auditions inattendues des services de police. Ce n’est qu’hier, que les six mis en cause ont été déférés devant le tribunal d’Alger. En fin de journée, ils ont tous rejoint leurs domiciles en attendant que l’instruction – qui s’apparente à une montagne qui accouche d’une souris – soit achevée. Dimanche dernier, l’association (non encore agréée) des éditeurs de la presse électronique avait rendu public un communiqué dans lequel elle a dénoncé « l’arrestation brutale et illégale» de Saïd Boudour et exigé sa « libération immédiate», tout en exprimant son « inquiétude» quant au sort réservé au personnel du site Algérie-Direct ainsi qu’à son directeur. Lire la suite

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