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Le jour où le Palais du gouvernement a été ébranlé par une attaque kamikaze

Publié le 11/04/2017, par dans Non classé.

Il y a dix ans, jour pour jour, le 11 avril 2007, un double attentat terroriste ébranlait la capitale et sa banlieue. Ce jour-là, l’ex-GSPC, qui venait de prêter allégeance à Al Qaîda et se labellisait désormais « Al Qaîda au Maghreb islamique» (AQMI), frappait Alger en plein cœur en visant rien de moins que le Palais du gouvernement, soit le siège du pouvoir exécutif, faisant 12 morts et 135 blessés selon un premier bilan.
Dans cette même matinée sanglante, à Bab Ezzouar, un autre attentat kamikaze ciblait un commissariat abritant la Division Est de la police judiciaire, à la lisière de la Cité du 5 Juillet, tandis qu’une autre explosion secouait la compagnie de Gendarmerie nationale de Dar El Beïda, sur le même axe routier qui débouche sur l’aéroport international Houari Boumediène. Le bilan définitif de l’ensemble de ces attentats faisait état de 33 morts et 57 blessés.

Il était 10h40 ce mercredi 11 avril 2007, lorsqu’une sourde déflagration de l’ampleur d’un véritable séisme s’est produite aux abords du Premier ministère et du ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales. On se rendra compte assez vite qu’il s’agissait d’un attentat-suicide au moyen d’un véhicule bourré d’explosifs. Il en sera de même pour les attaques terroristes de Bab Ezzouar. Des photos des trois kamikazes qui ont exécuté ces attentats seront diffusées dans la foulée par AQMI qui n’avait pas tardé à revendiquer ces opérations de sinistre mémoire.

Le souffle de l’explosion fut tel que la façade des bâtiments officiels a été touchée de plein fouet, donnant à voir des bureaux éventrés et des fenêtres arrachées. L’onde de choc secouera violemment les immeubles des quartiers alentour, ainsi que les devantures des magasins de la rue Docteur Saâdane et de l’avenue Pasteur.

Outre les fonctionnaires du Palais du gouvernement et du ministère de l’Intérieur, plusieurs victimes seront déplorées parmi les automobilistes empruntant la chaussée qui longe l’enceinte du Palais. On se souvient que plusieurs carcasses de voitures foudroyées par l’explosion gisaient sur ce tronçon transformé en un rien de temps en un abominable champ de bataille.

D’ailleurs, depuis l’attentat, la voie carrossable qui traverse cette zone a été sensiblement rétrécie après l’élargissement du périmètre de sécurité de l’édifice gouvernemental, et le rond-point qui jouxte la grille d’entrée du bâtiment a été condamné et transformé en plate-bande fleurie. Les dégâts se sont étendus également à la caserne de la Protection civile faisant face au Palais. Un jardin d’enfants tout proche a été, lui aussi, touché, et de pauvres gamins ont été blessés par les débris de verre qui ont été propulsés par la déflagration.

Le cœur de l’Exécutif touché pour la première fois

Les images d’horreur qui ont fusé après cet attentat rappelaient fatalement celles de la bombe du boulevard Amirouche lorsqu’une voiture piégée explosait devant le Commissariat central, en plein Ramadhan, faisant 42 morts. Cela s’est passé le 30 janvier 1995.

L’attentat qui ébranla le siège de l’Exécutif et celui qui a visé les brigades de la police judiciaire à Bab Ezzouar survenaient, faut-il le rappeler, un peu plus d’un mois avant les législatives du 17 mai 2007. Il convient de relever que c’est bien la première fois que le Palais du gouvernement subissait une telle attaque.

Même au plus fort de la « décennie noire» et de la vague d’attentats à la voiture piégée qui semaient la terreur dans la capitale, même du temps de la folie meurtrière de l’OAS aux dernières heures de la colonisation, jamais, en effet, le terrorisme n’a réussi à s’approcher de l’ancienne « place du Forum».

Huit mois après ces offensives criminelles, un autre « 11», précisément le 11 décembre 2007, deux autres attentats étaient perpétrés sur les hauteurs de la capitale. Ils prenaient pour cible le siège du Conseil constitutionnel à Ben Aknoun, ainsi que la représentation des Nations unies à Hydra, en l’occurrence les bureaux du PNUD et du HCR.

Il s’agissait là aussi de deux attaques-suicide menées par des kamikazes au volant de véhicules chargés d’explosifs. Le bilan officiel de ces attentats faisait état de 37 morts et plusieurs dizaines de blessés, tandis que des sources médicales ont évalué les victimes à 72 morts et plus de 200 blessés.

A noter que 17 personnes parmi le personnel des Nations unies à Alger ont trouvé la mort ce jour-là (voir : http://www.un.org/fr/memorial/algiers/algiers2007.shtml). Cette dernière série d’attentats venait achever une année 2007 qui restera comme l’une des plus sanglantes de notre histoire récente.

Et tout cela, faut-il noter, se produisait peu après l’adoption de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale et constituait un véritable camouflet à la politique de « moussalaha» chère au président Bouteflika.

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