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Le gouvernement sollicite la diaspora

Publié le 10/05/2016, par dans Non classé.

Le gouvernement vient d’instruire les ambassades et autres consulats algériens à travers le monde à faire la promotion auprès des nationaux de l’étranger de l’emprunt obligataire lancé le 17 avril.
Une opération qui risque de ne pas attirer beaucoup d’épargnants de la diaspora, même ceux mus par le patriotisme économique, selon les observateurs. L’une des premières raisons du désintérêt est que l’arrêté du ministère des Finances du 28 mars 2016 ne prévoit pas d’obligations en devises étrangères – les obligations sont émises sous forme de coupures de 50 000 DA. « Le taux d’intérêt de 3,5% sur 3 ans et 5,75% sur 5 ans est l’un des plus attractifs au monde. Au Canada, le taux est d’à peine 1% à court terme. Il n’y a que la Norvège et trois ou quatre autres pays qui ont mis sur le marché des obligations avec un taux aussi alléchant.

Mais il ne faut pas compter sur l’engouement des épargnants algériens à convertir leurs dollars en dinars. La seule solution serait que le gouvernement les autorise à déposer leur argent en devises et à récupérer leur capital et les intérêts en devises», explique Youcef Bendada, un économiste à la retraite, qui vit au Canada. Le même décret stipule que les souscriptions peuvent être reçues, entre autres, dans les agences bancaires et les succursales de la Banque d’Algérie.

Or, aucune représentation de la Banque d’Algérie n’est implantée en dehors du territoire national. « Il faudrait créer immédiatement des succursales à l’étranger du CPA ou de la BEA, par exemple, pour drainer l’épargne des Algériens de l’étranger», ajoute Youcef Bendada, surpris que l’arrêté ne prévoie rien pour la diaspora. A moins que le gouvernement s’attende à ce que l’argent vienne dans les bagages des touristes nationaux avec toutes les contraintes que posent les pays de résidence quant aux mouvements financiers (lutte contre le financement du terrorisme, protectionnisme…).

A titre de comparaison, les Marocains du Canada peuvent disposer de leur argent directement au pays, à travers la banque Desjardins, qui a une entente avec la Banque marocaine du commerce extérieur (BMCE). En outre, le gouvernement algérien n’a prévu aucun plan de communication à destination de la diaspora. La stratégie se résume à des messages austères sur les sites des représentations diplomatiques. Ainsi, sur le site du consulat d’Algérie à Montréal, comme sur d’autres consultés par El Watan, un lien informe « les membres de la communauté nationale, établis au Canada, que l’opération de souscription à l’emprunt national pour la croissance économique est effective depuis le 17 avril 2016».

Plus loin, « les ressortissants désireux de contribuer, de manière tangible, à la croissance économique du pays» sont invités « à prendre connaissance des conditions et des modalités d’émission par le Trésor public de l’emprunt, telles que fixées par l’arrêté du 28 mars 2016 du ministère des Finances». Il n’y a toutefois aucune documentation ou dépliant disponible à l’accueil du public, à part le même communiqué imprimé et affiché sur le babillard. Il ne faudra pas alors s’étonner du possible échec de cette opération auprès des Algériens de l’étranger dont le peu de considération, voire le mépris et la suspicion qu’affiche le gouvernement à leur égard sont symbolisés par l’article 51 de la nouvelle Constitution qui leur interdit l’accès « aux hautes responsabilités de l’Etat et aux fonctions politiques». Lire la suite

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