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Le gouvernement n’a pas tenu ses engagements

Publié le 18/03/2016, par dans Non classé.

Pour commencer, je tiens à dire que je ne conteste pas la contestation. Le gouvernement qui peut user d’une intelligence administrative et politique pour éteindre le feu participe à sa propagation et il semblerait qu’on ne veuille pas régler le problème de l’emploi.
La Milyonia a drainé des dizaines de citoyens lambda qui se sont retrouvés, ce jour-là, dans cette dynamique citoyenne, les membres de la CNDDC y avaient prêté, pour la première fois, l’oreille aux sages qu’ils avaient l’habitude de mettre dos à dos avec les autorités et les élus. Ils ont d’abord accepté de transformer leur marche en un sit-in pour mieux maîtriser l’événement et mis bien en évidence une grande pancarte signalant que « l’unité nationale est une ligne rouge».

Des garanties ont été données par une personne qui s’est présentée comme l’émissaire du président Bouteflika qui a proposé de constituer une délégation pour discuter, à Alger, les revendications et revenir avec une solution définitive du problème de l’emploi dans le secteur pétrolier. 33 personnes se sont entretenues 17 jours durant avec les ministres de l’Intérieur, de l’Agriculture, de l’Hydraulique et du Travail ainsi que des représentants du Premier ministre et de la présidence de la République. Une journée non-stop a même été dédiée à un dialogue ouvert avec le PDG de Sonatrach.

Les engagements du gouvernement

-Mise en œuvre d’une politique visant la valorisation agricole d’immenses parcelles sahariennes. Un programme entamé qui croule sous la bureaucratie et les anciennes habitudes.
-Transfert des eaux douces des hauteurs de Hassi Lefhel pour endiguer les problèmes de santé. Le projet n’a jamais vu le jour.
-Nomination de cadres du Sud, un commencement timide avant de s’arrêter.
-Révision de la politique du logement dans le Sud afin de respecter les cachets architecturaux et les placettes. Rien n’a été fait.
-Encouragement de l’investissement industriel et agricole, mais la réalité est que rien de palpable n’a été fait.
-Constitution d’instances populaires de suivi de ces engagements et organisation de rencontres périodiques avec les décideurs. Rien.
-Ouverture de postes pour les jeunes du Sud. Seule la police a engagé 2600 jeunes.

Ce qui a été réalisé

-La majorité des représentants des chômeurs ont été embauchés avec de bons salaires, ceux qui le désiraient ont pu accéder à des crédits.
-Les notables ont été sacrifiés et vilipendés alors qu’aucun d’eux n’a trahi la cause des chômeurs ou tiré profit de cette affaire.
Les questions qui s’imposent aujourd’hui :

-Est-ce que le gouvernement a des éléments de réponse à présenter à ces jeunes ?
-Est-ce que la société n’encourt plus de danger ?
-Le gouvernement a-t-il la confiance de ces jeunes ?
-Le nombre des chômeurs a-t-il diminué ou augmenté ?
-La priorité à l’emploi a-t-elle été appliquée ?
-Qu’en est-il de l’investissement industriel et agricole ?
-Y a-t-il eu un seul projet à valeur matérielle ou morale ajoutée ?

Ces sept questions me rappellent les sept colonnes de sagesse de Lawrence d’Arabie qui inspirent tous les troubles au Moyen-Orient. Dieu merci, nous n’avons pas médiatisé ces engagements non tenus, comme nous l’avait demandé l’ex-ministre de l’Intérieur. Aujourd’hui, l’évolution qualitative des modes de contestation est inquiétante, la réduction du nombre de contestataires n’est en rien un indicateur d’apaisement. La division culturelle, le conflit ethnique et l’antagonisme des rites sont des faits indéniables et suffisamment puissants pour ouvrir la porte à la « fitna» et le tout-sécuritaire n’est plus envisageable. Au moment où les technologies font que les idées et les révolutions se transmettent vite, nos décideurs sont loin d’évaluer la portée du désespoir qui enfle.

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