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Le fardeau des actifs publics

Publié le 03/03/2018, par dans Non classé.

Les montants donnent le tournis : entre 2010 et 2015, l’Etat a mobilisé environ 25 milliards de dollars pour soutenir les entreprises publiques.
Les sujets qui fâchent ne manqueront pas pour le gouvernement, appelé à composer désormais avec une crise endémique qui ne fait que réduire sa marge de manœuvre budgétaire, alors que nombre de filières industrielles et d’entreprises ne survivent que sous perfusion financière permanente assurée par l’Etat propriétaire.

Cession d’actifs publics, subventions, restrictions aux importations, dévaluation du dinar, justice fiscale… autant de réformes qui s’avèrent inévitables en l’état actuel des choses, anesthésiées ces dernières années par l’attitude budgétaire volontariste de l’Etat. Comment faire face à une politique si coûteuse à l’heure du pétrole bon marché ? Tel est le défi qui se présente désormais au gouvernement.

Sur nombre de sujets, il souffle le chaud et le froid, tergiverse et le temps fuit. « Tout flotte, hésite, atermoie, chancelle», pour reprendre ainsi une expression de Victor Hugo.

En tout cas, l’urgence de réformer n’a jamais semblé aussi pressante. Sur la question des subventions, les enquêtes de l’Office national des statistiques et les rapports des institutions de Bretton Woods ont montré tout le caractère corrosif, voire injuste de la politique de l’Etat en la matière.

Le soutien aux prix des produits énergétique est l’illustration parfaite d’une politique irréfléchie, étant donné que « 10% de la population la plus aisée consomme plus de carburant que les 90% restants». Les subventions fiscales au sucre et le soutien direct au prix du pain posent par-dessus tout un vrai problème de santé publique.

Quant à la question des actifs publics et leur coût au Trésor, le gouvernement se garde décidément d’évoquer les sujets qui fâchent après les secousses politiques provoquées par les PPP (Partenariats public-privé). Privatisation ou pas, plus personne n’osera désormais toucher à cette patate chaude.

A moins que le résultat des joutes politiques en prévision de 2019 décide de redonner à la gestion purement économique ses lettres de noblesse. En décembre dernier, le gouvernement et ses partenaires sociaux ont signé la charte relative aux PPP, mettant ainsi nombre d’actifs publics dans une perspective de cession. C’est qu’ils sont devenus encombrants, voire coûteux pour l’Etat.

Un patrimoine pesant…

Les montants donnent le tournis : entre 2010 et 2015, l’Etat a mobilisé environ 25 milliards de dollars pour soutenir les entreprises publiques, avons-nous appris de sources proches du ministère de l’Industrie et des Mines. Les différentes opérations d’effacement des dettes ont coûté 4,359 milliards de dollars sur la période 2010-2015, alors que 19,174 milliards de dollars ont été injectés sous forme de dotations et de soutien à la réhabilitation de l’appareil de production.

Dans les listings établis, 560 entreprises ont profité de la cagnotte, dont de grands groupes censés dégager des bénéfices, à l’instar de Saidal, Gica, Cosider, Eniem, Rouiba Eclairage, les EPE de la SGP Indjab, Air Algérie, l’ENTMV, la SNTF, les hôtels, Sonelgaz, Algérie Télécom, etc. La liste des bénéficiaires est longue.

Pour ainsi dire, l’Etat injecte annuellement des sommes faramineuses dans des entreprises publiques de différentes tailles, dont certaines jouissent d’un monopole presque parfait dans leurs domaines respectifs, sans qu’elles ne parviennent, en retour, à dégager des bénéfices suffisants pour leur autonomie financière. Une situation qui suscite moult questionnements sur la gestion de ces entreprises, sur l’attitude dépensière de l’Etat sans qu’aucun retour sur investissement ne soit exigé et/ou garanti, sur l’absence d’une obligation de résultats…

Pis, la Cour des comptes a maintes fois relevé une opacité totale dans l’octroi et le suivi des dotations de l’Etat au profit de ces entreprises. Ces carences ont donné lieu par moments à d’importants reliquats. En 2015, à l’issue d’un quinquennat tout aussi dépensier que les précédents, on se réveille en sursaut sous l’effet d’un nouveau contre-choc pétrolier.

Du rêve de l’opulence au cauchemar de la crise, l’idée de ne plus pouvoir soutenir financièrement les entreprises publiques hante le gouvernement. Les différentes entreprises habituées aux perfusions financières de l’Etat emploient un peu plus d’un million de travailleurs ; une bombe à retardement. Lire la suite

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