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Le difficile pari du gouvernement

Publié le 26/12/2017, par dans Non classé.

Le ministre du Commerce, Mohamed Benmeradi, a annoncé, hier, lors d’une rencontre organisée à Alger sur le thème du commerce extérieur, que ses services se penchent actuellement sur la problématique des surfacturations et se font aider, dans cette tâche, par des organismes internationaux spécialisés en la matière, dont la Cnuced.

Le gouvernement semble enfin décidé à s’attaquer sérieusement à l’un des facteurs qui pèse lourdement sur la facture globale des importations du pays, à savoir la majoration de la valeur en douane déclarée à l’importation, communément appelée surfacturation.

Lors d’une rencontre organisée hier à Alger sur le thème du commerce extérieur, le ministre du secteur, Mohamed Benmeradi, a annoncé que ses services se penchent actuellement sur la problématique des surfacturations et se font aider, dans cette tâche, par des organismes internationaux spécialisés en la matière, dont la Cnuced.

« Je ne veux pas jeter de pavé dans la mare, mais je peux dire que les opérations d’importation sont très souvent douteuses. Nous n’avons pas encore de chiffres précis sur l’ampleur du phénomène des surfacturations mais nous y travaillons en collaboration avec des institutions internationales pour appréhender les différents aspects de cette problématique», a indiqué le ministre.

Selon lui, ce travail entre dans le cadre de l’assainissement de l’activité du commerce, engagé par les pouvoirs publics, mais surtout du dispositif mis en place pour réduire la facture des importations et restaurer l’équilibre de la balance des paiements qui affiche, pour 2017, un déficit de 10 milliards de dollars.

Il y a deux années de cela, le défunt ministre du Commerce, Bekhti Belaïb, avait révélé que le montant des transferts illicites de devises, masqués derrière la surfacturation sur les produits et services importés, représentait, pour la seule année 2014, 30% du montant global des opérations d’importation, soit près de 18 milliards de dollars.

Du côté des Douanes algériennes, il a été établi que la facturation excessive, plus importante que la valeur réelle des biens importés, demeure le moyen le plus usité par les fraudeurs, puisque « la majoration de la valeur en douane déclarée à l’importation représente encore la grande majorité des modes opératoires des fraudeurs».

Selon beaucoup d’observateurs, spécialistes du commerce extérieur, de nombreuses opérations d’importation sont réalisées juste pour pouvoir transférer des devises par le canal bancaire, grâce à la domiciliation bancaire qui n’est en réalité qu’une autorisation de change.

La surfacturation aidant, il y a fuite de capitaux vers l’étranger. Il existe aussi des marchandises qui sont importées, mais qui n’ont aucune utilité ni pour le consommateur algérien ni pour l’entreprise, mais pour engager uniquement le processus de paiement avec l’étranger. Ces opérations ne sont pas près de disparaître, estiment les experts, « pour la simple raison que le flux des importations est important et le dinar a deux valeurs : une officielle et une autre sur le marché parallèle qui est de 45 à 50% supérieure.»

C’est la raison pour laquelle les économistes recommandent de traiter, de façon structurelle, ce phénomène qui fait supporter au Trésor public, chaque année, des sommes faramineuses, avec les moyens économiques et juridiques appropriés, en mettant en place un dispositif dont l’objectif principal est d’unifier la valeur externe du dinar pour que le marché parallèle ne soit plus un stimulant aux fuites des capitaux et aux transferts illicites des devises.
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