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Le développement économique passe par les collectivités locales

Publié le 14/06/2016, par dans Non classé.

« Le développement local est primordial et la situation ne permet aucun répit», a prévenu le ministre de l’Intérieur, qui a indirectement menacé d’écarter les gestionnaires n’arrivant pas à suivre le mouvement.
Le rôle des collectivités locales dans le développement économique du pays a été au cœur de la rencontre régionale d’évaluation ayant concerné 13 wilayas de l’Ouest et qui a été animée hier à Oran par Nouredine Bedoui, ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales. La motivation exprimée répond à un double objectif : atténuer la dépendance des collectivités locales vis-à-vis du Trésor public en impulsant une nouvelle dynamique de développement et permettre à l’Algérie de sortir de la dépendance vis-à-vis des hydrocarbures.

Ainsi, l’impératif qui consiste à encourager et à diversifier la production des biens et des services pour suppléer à l’importation est conjugué à « la nécessité de rationnaliser les dépenses publiques et de réduire celles liées à la gestion», selon le ministre qui affirme : « Malgré les instructions données dans ce sens, des exagérations dans l’établissement de budgets orientés vers les dépenses au lieu d’acquérir des équipements ont été constatées.»

Le contexte actuel marqué par la chute des prix du pétrole et l’hégémonie des grandes institutions financières mondiales a été évoqué, mais pour dire simplement que « les décisions prises il y a quelques années, tel le remboursement anticipé de la dette extérieure, nous ont permis d’atténuer les effets de la crise vécue par les pays producteurs de pétrole».

La rencontre revêt cependant un caractère pratique orienté vers l’avenir et les 13 walis qui ont participé aux travaux devaient fournir leurs propres bilans mais aussi débattre des insuffisances ou des entraves rencontrées sur le terrain afin d’y remédier. « Le développement local est primordial et la situation ne permet aucun répit», a prévenu le ministre qui a, indirectement, menacé les gestionnaires n’arrivant pas à suivre le mouvement de se voir écartés.

Le gouvernement table sur un programme de développement global qui ne laisse aucune région à la traîne et c’est ce qui motive la « création de nouvelles zones d’activités, y compris dans les communes les plus enclavées». Le chiffre de 50 000 lots de terrains à attribuer dans le cadre des microzones d’activité a été par ailleurs communiqué et vise à permettre aux jeunes entrepreneurs de se lancer dans l’aventure sans avoir à mobiliser des ressources importantes.

En parallèle, il est demandé aux walis d’assainir la situation du foncier industriel et d’encourager les « vrais» investisseurs en les accompagnant réellement dans leurs démarches. « Il n’y a pas de commune pauvre sauf chez ceux qui ont encore la mentalité rentière», a encore martelé le ministre pour inciter les décideurs locaux à être entreprenants et prendre en compte les ressources fiscales comme les sources de revenus, tout en assurant le bon fonctionnement des services de l’ Etat.

A un niveau central, des initiatives ont été prises pour réviser les textes de loi relatifs à l’organisation et à la finance locales afin de doter les collectivités locales de plus de ressources. De nouveaux textes instaurant localement des mécanismes qui permettent d’encourager le secteur productif sont également en préparation, a annoncé le ministre qui insiste sur le suivi et le contrôle de tous les actes de gestion, seul rempart contre la dilapidation des biens publics et la corruption.

L’intervention lors de cette rencontre d’un directeur central démontre à quel point on est encore loin et les chiffres tenant compte du Calpiref et des dispositions de la loi de finances complémentaire de 2015 parlent d’eux-mêmes. Les 13 wilayas de l’ouest ont enregistré 11 204 dossiers d’investissement, dont 2666 ont été retenus. Seulement 817 actes de concession ont été délivrés et seuls 607 projets pour une valeur globale de 4,3 milliards de dinars ont été réellement lancés.

Enfin, uniquement 60 projets sont opérationnels pour une valeur de 1,3 milliard de de dinars. Au final, le taux de concrétisation des projets n’est que de 7,3% contre 5,7% à l’échelle nationale. A l’échelle régionale, les 6540 emplois générés dans ce cadre ne représentent qu’une infime partie des potentialités réelles de développement de la région et c’est ce retard que le gouvernement veut rattraper en multipliant les rencontres avec les responsables locaux.

La réunion gouvernement-walis sera officielle et régulière et les regroupements régionaux vont tendre à estomper les disparités en sortant avec des recommandations concrètes. Par exemple, dans le détail, il s’est avéré que quatre wilayas (El Bayadh, Tissemsilt, Naâma, Mostaganem) n’ont délivré aucun acte de concession à des investisseurs.

De manière générale, en dehors des effets négatifs de la bureaucratie, les walis qui se sont exprimés ont posé des problèmes concrets, tels que la centralisation de certaines décisions qui entravent l’initiative locale et font perdre du temps ; c’est le cas de la viabilisation des zones industrielles qui ne relève pas des prérogatives locales. La situation du foncier agricole situé à proximité des zones urbaines ou à l’intérieur des zones d’extension touristiques a été un des thèmes ayant suscité le plus de controverse.
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