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«Le délitement social menace l’Algérie»

Publié le 22/10/2016, par dans Non classé.

En une semaine, Louisa Hanoune a tenu trois rencontres.
Elle s’est d’abord adressée, le 14 octobre, aux membres du comité central de son parti réunis à Zéralda ; trois jours plus tard, elle convoquait les médias pour une conférence de presse au siège du PT ; vendredi 21 octobre, elle faisait l’ouverture du comité national de l’Organisation de la jeunesse révolutionnaire (OJT), une structure affiliée au parti. A chaque fois, la secrétaire générale du parti a répété tout le mal qu’elle pense de la loi des finances 2017 concoctée par le gouvernement Sellal.

Pour elle, cette loi qui doit entrer en vigueur en début d’année est une « descente aux enfers» dont les conséquences seront dramatiques. Mme Hanoune juge le PLF-2017 plus dur que les mesures imposées par le Fonds monétaire international (FMI) en 1990. « On veut vider les poches de la majorité des Algériens pour remplir celles d’une minorité», s’est-elle insurgée, accusant au passage ce gouvernement de mener une « politique de classes» en faveur des plus nantis. « Quelle est donc cette logique suicidaire suivie par le gouvernement ?» s’est demandée la secrétaire générale du PT, au moment où le pouvoir d’achat a chuté de 45% et l’inflation a dépassé les 6%. « Même le FMI a tiré la sonnette d’alarme car il y a un risque de récession», a-t-elle rappelé.

Comme lors de sa précédente conférence de presse, Louisa Hanoune s’en est pris à nouveau à la décision du gouvernement de recourir à l’endettement extérieur. Elle s’est dite étonnée de la demande de prêt d’un milliard de dollars, alors que d’autres options sont envisageables, à commencer par « la récupération des 5 milliards de dollars prêtés au FMI».

Et si cela n’était pas assez, elle rappelle que l’Etat peut se passer de l’endettement en récupérant les impôts non payés, les droits de douane et les crédits économiques accordés. Pour étayer ses propos, Mme Hanoune donne des exemples concrets et conseille au gouvernement d’aller taper dans le portefeuille des grands patrons responsables de la faillite de la CNAS car ne déclarant pas 90% de leurs employés. Pour elle, il y a bien une prédation organisée qui est à l’origine de la crise que traverse le pays.

« Deux affaires seulement de Chakib Khelil représentent 450 millions de dollars, a-t-elle martelé. Les révélations des Panama Papers nous ont appris qu’un importateur de lait a gagné depuis 2007 un million de dollars par mois en surfacturant ses achats.» « La Douane a 1000 milliards de de dinars de droits qu’elle n’a toujours pas recouvrés. Les banques ont 7500 milliards de dinars de prêts dans la nature. C’est cet argent qu’il faut aller chercher», a ajouté la patronne du PT.

En outre, Louisa Hanoune craint que les mesures économiques poussent des Algériens dans les bras d’organisations terroristes. Si elle cite des rapports américains qui indiquent que l’Algérie est jusqu’à maintenant immunisée contre Daech et que le nombre d’Algériens ayant rejoint les rangs de l’organisation terroriste reste infime, elle affirme que les choses peuvent changer devant cette « politique barbare qui est un vivier pour le terrorisme». Enfin, elle rappelle que le Printemps arabe a été évité grâce à une politique sociale et à la création de postes d’emploi. « Aujourd’hui, le délitement social menace la stabilité du pays. Nous allons célébrer le 1er Novembre dans les conditions les plus difficiles depuis l’indépendance.» Lire la suite

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