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Le cri de détresse des malades chroniques

Publié le 30/03/2017, par dans Non classé.

Les ruptures d’approvisionnement de médicaments se multiplient. Les pharmaciens tirent désormais la sonnette d’alarme.
La pénurie touche toutes les officines du pays, a annoncé un pharmacien installé au chef-lieu de wilaya de Bouira, tentant d’expliquer l’indisponibilité inédite de médicaments à des patients atteint de diabète. « Nous n’avons pas été approvisionnés de plusieurs produits, et ce, depuis plus d’un mois», dit-il, avec un sentiment de désolation. Même les traitements indispensables destinés aux personnes atteintes du goitre et autres dysfonctionnements de la thyroïde sont introuvables, à l’image de Carbimazole produit localement. Les pharmacies vivent une situation de tension. Les malades aussi.

Ces derniers déplorent cette situation devenue intenable. Des médicaments de première nécessité sont introuvables dans la quasi-totalité des pharmacies du pays, a-t-on témoigné. Le nombre de médicaments en rupture de stock est important. « 50% de ces produits sont inexistants», a souligné un autre pharmacien, imputant cette situation au ministère de la Santé. Le retard de signature des programmes d’importation censés être délivrés par la direction générale de la pharmacie au ministère de tutelle est à l’origine de cette situation critique. « Il y a une véritable crise. Les importateurs ont refusé de signer les contrats.

Le système de quota imposé par les pouvoirs publics est à l’origine de cette rupture qui risque de s’éterniser», a justifié un vendeur, tout en imputant cette situation aux responsables du secteur. A travers plusieurs officines de la wilaya de Bouira et d’autres régions du pays, des médicaments essentiels sont fortement demandés par les patients.

Croisés sur place, des malades dénoncent la gravité de la situation. « J’ai même sillonné d’autres points de vente à travers d’autres villes du pays, mais je n’ai pas trouvé le médicament prescrit par mon médecin», a dénoncé un patient atteint de diabète. Interrogés, des pharmaciens étaient unanimes à confirmer que cette pénurie inédite touche désormais des médicaments de différents types, (génériques ou princeps, ndlr). Un nombre important de médicaments génériques produits par des laboratoires nationaux sont également introuvables, précise-t-on. Les patients atteints de maladies chroniques comme le diabète et l’hypertension vivent le calvaire.

La situation est inquiétante. D’autres pharmaciens ont révélé une rupture de stock des bandelettes destinées au contrôle de la glycémie. Les diabétiques se retrouvent dans la tourmente dès lors que ce contrôle systématique est obligatoire et doit se faire d’une manière régulière par les patients. Selon des sources, environ 1,8 million de boîtes du produit en question sont actuellement bloquées au niveau des douanes au port d’Alger. Ce retard est causé par le non-paiement de la TVA par les importateurs.

Le ministère de la santé fuit ses responsabilités

Le département de Abdelmalek Boudiaf accumule les scandales après avoir été éclaboussé par la fameuse affaire dite du RHP. Contacté par téléphone, le chargé de communication au ministère de la santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, a estimé que tous les médicaments importés ont bénéficié d’un programme prévisionnel d’importation pour l’exercice 2017.

Evoquant une liste de 167 produits signalés comme étant en rupture, le même responsable a précisé qu’aucun pays au monde ne peut « assurer une disponibilité permanente de l’ensemble des molécules autorisées à la mise sur le marché», Et d’ajouter : « Le ministère de la santé estime qu’il est clair que toute l’agitation faite autour d’un prétendue rupture de 167 médicaments relève pour le moins d’une méconnaissance du domaine pharmaceutique.

Une méconnaissance, souligne-t-il, instrumentalisée par ceux que dérange la montée en puissance de l’industrie locale qui se substitue progressivement aux importations.» Une chose est certaine, minimiser cette pénurie est décidément une fuite en avant des responsables du secteur. La situation risque de s’aggraver et le gouvernement est interpellé afin de prendre en charge les doléances des patients. Les pouvoirs publics, si prompts à délivrer des licences d’importation de la banane, ont délaissé de l’autre côté la santé du citoyen, désormais en danger…
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