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Le corbeau et la taupe

Publié le 07/09/2017, par dans Non classé.

Le quotidien français Libération vient de jeter un gros pavé dans la mare en révélant une gravissime affaire d’espionnage franco-marocaine en dehors du cadre légal et visant la surveillance et la traque des activistes islamistes marocains dans l’Hexagone, mais aussi les intérêts supérieurs de l’Algérie. Les services de renseignement français et marocains sont parfaitement dans leur rôle dans ce nouveau feuilleton d’espionnage qui ne manquera pas de mettre à mal les relations algéro-françaises, même si officiellement les premiers se démarquent des agissements de l’officier — corbeau traitant français — recruté par les services marocains en livrant l’agent ripou à la justice. Les affaires d’espionnage sont monnaie courante dans les relations internationales.

Même les pays dits « amis» et « frères» n’échappent pas à cette guerre souterraine du renseignement, compte tenu de l’importance capitale de ce secteur dans la stabilité, la sécurité nationale et le développement. Au-delà de la polémique suscitée par ce scandale dans les médias français peu relayée, au demeurant, au niveau de la classe politique française pour les raisons évidentes d’Etat liant Paris à Rabat, et sans préjuger des résultats de l’enquête judiciaire ouverte par le parquet parisien, l’Etat algérien est vivement interpellé par cette troublante et sombre affaire. Des informations capitales en relation avec ce dossier concernant l’Algérie et qui auraient dû provoquer immédiatement après la révélation du scandale un séisme politique au sommet de l’Etat, ont fuité dans la presse française. Selon le journal Libération, des notes confidentielles de l’ambassade d’Algérie à Paris concernant des déplacements dans la capitale française de l’ancien ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, Noureddine Yazid Zerhouni, et de deux autres ministres, en l’occurrence Hamid Grine et Tahar Hadjar — respectivement ancien ministre de la Communication et ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique reconduit dans les deux gouvernements successifs de Tebboune et de Ouyahia — se sont retrouvées entre les mains des services étrangers.

Ceci laisse supposer que notre appareil diplomatique est dangereusement infiltré par des taupes au service d’intérêts étrangers. Ce qui pose la sempiternelle question du choix et de l’habilitation de notre personnel diplomatique pour les postes à l’étranger. A présent que l’affaire est portée sur la place publique, le gouvernement est sommé de réagir en vue d’éclairer l’opinion sur ce scandale pour situer les responsabilités des uns et des autres, prendre les sanctions qui s’imposent dans la perspective de se prémunir, à l’avenir, contre ce genre de dérive grave qui porte atteinte aux intérêts vitaux de l’Algérie. Lire la suite

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