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Le boy-scout infatigable

Publié le 08/11/2016, par dans Non classé.

Grand blondinet au cœur tendre, Nassim Mazari, 40 ans et père de trois adorables petites filles, n’est guère le genre à chanter avec nostalgie « kan fi omri âchrine» tant il déborde de projets.
Engagé très jeune dans les SMA, les Scouts musulmans algériens, il aura passé une bonne partie de sa jeunesse comme « kechaf» avant de mettre sa longue expérience dans le scoutisme au service d’autres enseignes associatives. Pour l’anecdote, durant ce séjour US, chaque fois qu’il se présentait comme scout, cela suscitait immanquablement l’enthousiasme de nos hôtes américains qui esquissaient aussitôt le salut des boy-scouts accompagné d’un sourire de connivence. « J’ai commencé au sein du groupe Ben Badis de Fort de l’Eau.

C’est un groupe qui a une grande histoire, il existe depuis 1941», raconte-t-il. Nassim rappelle les nombreuses activités auxquelles il se livrait avec la section de Bordj El Kiffan en plein dans la tourmente des années 1990. « On organisait des campings en plein terrorisme. On a campé à Oued Zhor, du côté de Skikda, l’été 1993. En décembre 1995, on est tombés dans un faux-barrage sur la route de Bou Saâda. On a échappé de peu au pire.» Nassim est vite repéré par l’état-major des SMA pour sa maturité, ses qualités organisationnelles et son sens de l’initiative.

Il est invité à rejoindre le QG, au boulevard Zighoud Youcef, auprès de Noureddine Belaïd. « J’ai assisté à tous les congrès», dit-il. A l’été 1999, il prend une part active dans l’envoi d’une délégation d’une cinquantaine de scouts en France. Nassim devait les accompagner, mais il avait des soucis avec son sursis militaire. Il se retrouve sous les drapeaux à l’Ecole d’application du génie militaire de Béjaïa où il devient instructeur. A sa sortie, on a basculé dans le XXIe siècle.

L’ONU lance les OMD : les Objectifs du Millénaire pour le développement. « On a décroché un projet de partenariat avec le PNUD dans le cadre de la lutte contre la pauvreté», se rappelle Nassim. Tout en renouant avec ses activités de scout, il se projette dans d’autres aventures au sein du mouvement associatif. « Je voulais élargir mes horizons. D’ailleurs, j’ai été parmi l’équipe qui a fondé le réseau Nada», affirme-t-il. Le boy-scout infatigable diversifie ses prestations : gestion d’évènements, montage de projets, formation des formateurs… Il est séduit par le concept de « citoyenneté active» et participe au lancement d’une nouvelle association : Action bénévole pour la citoyenneté et le développement (ABCD).

L’association travaille sur la promotion de valeurs comme le bénévolat, la démocratie participative, l’engagement civique, l’écocitoyenneté et le développement durable. Elle anime également des ateliers de leadership et de management associatif. « On fait aussi du mentoring. On est partenaires du projet Dallil Mentoring. On ambitionne de former 300 jeunes comme encadreurs dans l’esprit de la citoyenneté active, et chacun d’entre eux formera trois autres jeunes à son tour», indique Nassim Mazari.

Dans la foulée, il s’implique dans une autre association : Green Tea pour la promotion de la santé et l’aide humanitaire, basée à Tamanrasset. « C’est la première association à caractère humanitaire en Algérie», assure Nassim. L’association est, entre autres, engagée dans l’aide aux réfugiés. Outre ses activités caritatives, Nassim travaille à l’Hôtel des Monnaies qui relève de la Banque d’Algérie, un métier qu’il doit à sa formation en industrie et arts graphiques.

Revenant sur son séjour intensif aux Etats-Unis, Nassim dit retenir surtout l’importance du travail de proximité. « Chez nous, on le fait aussi mais on manque de moyens», déplore-t-il. « On a beaucoup de beaux projets qui sont abandonnés faute de ressources. Malgré cela, on continue, on ne lâche rien !» Lire la suite

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