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L’autre «guerre» commerciale

Publié le 12/04/2018, par dans Non classé.

Durant 2017, la Chine était, pour la cinquième année consécutive, en tête des principaux fournisseurs de l’Algérie.
Les déclarations dont s’est fendue avant-hier la commissaire européenne au commerce, Cecilia Malmström, reprochant à l’Algérie de ne pas respecter ses accords commerciaux avec l’Union européenne (UE), viennent mettre en évidence la « guéguerre» commerciale, jusque-là larvée, entre les deux partenaires, liés pourtant depuis 2005 par un accord d’association.

Pour la commissaire européenne, qui intervenait à l’Assemblée nationale française autour des relations commerciales entre l’UE et le reste du monde, l’Algérie est non seulement coupable de ne pas respecter ses accords de libre-échange avec l’Union européenne, mais agirait carrément en favorisant la Chine, qui depuis quelques années a détrôné, faut-il rappeler, les pays européens au classement des partenaires commerciaux de l’Algérie.

Alors que l’Europe est déjà au cœur d’un conflit commercial international, mettant surtout aux prises la Chine et les Etats-Unis, la commissaire européenne a adopté un ton pour le moins sévère à l’endroit de l’Algérie, en indiquant devant les députés français qu’il faut trouver des solutions en faveur de l’UE, sans quoi, « il faudra évoquer des clauses de règlement de différend», a-t-elle averti.

Evitant toutefois d’anticiper un recours à cette voie extrême, la représentante de l’UE a préféré mettre en avant l’existence d’un dialogue continu avec l’Algérie, à travers surtout « des échanges de lettres et de discussions avec les autorités algériennes» autour des relations commerciales bilatérales.

Quoi qu’il en soit, bien que la commissaire européenne ne donne aucun détail précis sur ce que l’Algérie aurait fait au détriment de ses accords avec l’UE et en faveur des intérêts de la Chine, force est assurément de croire que les cibles de ses critiques sont surtout les barrières non tarifaires imposées ces deux dernières années par les pouvoirs publics aux importations.

Autrefois partenaires hautement privilégiés de l’Algérie en termes d’échanges commerciaux, les pays européens, auxquels l’accord d’association avec l’UE offre pourtant d’importants avantages, ont vu sensiblement reculer ces dernières années leurs parts sur le marché algérien, alors que la Chine s’y est installée confortablement comme principal fournisseur.

Ainsi, selon les premiers chiffres de 2018, publiés récemment par les services des Douanes, la Chine continue à trôner à la tête du classement des fournisseurs de l’Algérie, avec près de 1,1 milliard de dollars rien que durant les deux premiers mois de l’année, soit plus de 15% des importations algériennes globales.

Derrière, suivent des pays de l’UE, dont notamment la France avec 712 millions de dollars et une part de près de 10%, l’Italie avec 616 millions de dollars, l’Espagne avec 567 millions de dollars et enfin l’Allemagne avec 458 millions de dollars. Sur la période en référence, est-il utile de souligner, la facture globale de l’Algérie à l’importation a connu sa première baisse significative, soit une réduction de 10%, sans doute à la faveur des restrictions imposées au commerce extérieur.

Durant 2017, faut-il également rappeler, la Chine est pour la cinquième année consécutive en tête des principaux fournisseurs de l’Algérie avec 8,31 milliards de dollars, soit 18,1% des importations globales algériennes, suivie notamment de la France avec 4,3 milliards (9,35%) et de l’Italie avec 3,75 milliards de dollars (8,2%).

A souligner en définitive qu’à la demande de la partie algérienne, l’accord d’association avec l’UE fait déjà l’objet de discussions entre les deux parties en vue de sa réévaluation, l’Algérie le considérant comme n’ayant pas rempli ses objectifs en matière d’investissements.

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