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L’apaisement mémoriel à l’épreuve des enjeux économiques

Publié le 15/11/2017, par dans Non classé.

La visite à Alger du président Emmanuel Macron à Alger, prévue le 6 décembre, est attendue avec un certain intérêt en France par les historiens de la période coloniale et les militants de la mémoire.
Pendant la campagne présidentielle, le candidat Macron était allé plus loin qu’aucun responsable politique français, en qualifiant de « crimes contre l’humanité» les méfaits coloniaux. Même s’il avait un peu arrondi les angles par la suite, ses propos avaient suscité un regain d’espoir pour tous ceux qui agissent depuis des années pour l’apaisement des mémoires, si ce n’est une réconciliation entre les deux pays sur la base d’une reconnaissance du passé.

Pour autant, que ce soit pour le 8 Mai, deux jours après son élection, ou pour le 17 Octobre, l’attente d’une parole forte a été vaine. Le militant anticolonialiste Henri Pouillot confie à El Watan qu’il n’attend rien de cette visite : « D’une façon générale, je n’attends rien de très positif. Notre Président a l’art de noyer le poisson.

Il dit en même temps que le colonialisme est un crime contre l’humanité, mais aussi que la colonisation a eu des bienfaits : éducation, droits de l’homme, civilisation… Un double langage pour tenter de répondre favorablement à chaque interlocuteur qu’il a en face de lui à un moment donné… Je ne reprendrai que deux exemples : la disparition de Maurice Audin et le 17 Octobre 1961. A l’occasion du 60e anniversaire de la disparition de Maurice Audin, une lettre ouverte signée de nombreuses personnalités lui avait été adressée.

La réponse de l’Elysée est ‘‘remarquable » : ‘‘ La correspondance que vous avez souhaité adresser au président de la République lui est bien parvenue. Soyez assurés qu’il a bien pris connaissance de l’ ‘‘Appel des 171 personnalités » et de l’ ‘‘Appel des 12 » relatifs à la disparition de Maurice Audin dans la nuit du 11 au 12 juin 1957 à Alger. Je puis vous indiquer que le sujet est connu du chef de l’Etat et des membres de son cabinet qui sont attentifs à votre demande » .»

Quant à l’interpellation par un collectif sur les massacres du 17 Octobre 1961, les services de la Présidence française ont été encore plus laconiques : « Soyez néanmoins assurés qu’il a été pris attentivement connaissance de vos préoccupations et de vos propositions concernant les événements survenus le 17 Octobre 1961 à Paris.» Pour Henri Pouillot, il est extraordinaire qu’on retrouve cité ce terme d’événements : « Pour le nouveau Président, il ne s’agit plus que ‘‘d’événements » : on retrouve les termes autrefois employés, niant ainsi le caractère de cette Guerre de Libération de l’Algérie.»

Une part du marché algérien

Si du côté des enjeux mémoriels, on ne sait pas ce qui va se produire, par contre c’est au niveau économique que la visite présidentielle française va booster les relations. Le Moniteur du commerce international (MOCI) écrivait lundi : « La France va contribuer à la diversification de l’économie algérienne. Tel est le sens des trois accords signés à Alger, à l’occasion du Comité mixte économique franco-algérien (Comefa), le 12 novembre.

Ils concernent les secteurs de l’automobile, l’équipement électrique et l’agroalimentaire.» Et d’ajouter : « Ici, il s’agit clairement de profiter d’un terrain propice en termes de population et d’appétence pour les produits tricolores. Aujourd’hui, les investissements français ont généré 40 000 emplois directs et 100 000 autres indirects dans le pays. Ce sont ainsi 450 entreprises de l’Hexagone qui sont déjà implantées sur place.»

Ainsi, selon le Moci (créé en 1883, le Moniteur du commerce international est le plus ancien et le plus important magazine professionnel entièrement dédié au commerce international). La donne ayant changé en Algérie, avec la baisse substantielle des importations, souhaitée par les pouvoirs publics, il s’agit pour la France de regagner une part de gâteau de la production locale algérienne, destinée d’abord au marché algérien. L’exemple de Renault et de Peugeot en étant les signes pertinents. Lire la suite

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