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L’Algérien ne demande qu’à accéder à une location sécurisée et en adéquation avec son revenu et sa situation familiale

Publié le 10/11/2017, par dans Non classé.

Entre la location et l’achat d’un appartement, quelle est, selon vous, qui êtes spécialisé dans l’immobilier depuis 2009, la meilleure formule adaptée au niveau de vie et au pouvoir d’achat des Algériens ?

Tout le monde ne peut pas être propriétaire. Pour l’être, il faut avoir un certain niveau de revenus pour pouvoir acheter un logement, d’autant plus que les prix de l’immobilier en Algérie ont connu une augmentation vertigineuse ces dernières années. D’après un sondage de Lkeria.com, près de 60% des Algériens se considèrent en crise de logement, s’ils ne sont pas propriétaires. Un F3, qui coûte 1,7 milliard de centimes, est inaccessible à un cadre moyen, qui doit passer inévitablement par la banque pour financer son acquisition. Les expériences menées dans plusieurs pays du monde ont montré les limites de la diffusion du modèle du « tous propriétaires».

En Roumanie, 96,6% des ménages sont propriétaires. Mais ce statut est toutefois loin de garantir aux Roumains de bonnes conditions de logement, car 50% d’entre eux vivent dans des maisons surpeuplées et 20% sont privés d’éléments essentiels de confort. On peut également évoquer le cas de l’Espagne, qui est sans aucun doute un pays de propriétaires (77% de la population).

Mais la crise de 2008 a mis un coup d’arrêt à la diffusion du modèle de tous propriétaires. 400 000 d’entre eux ont ainsi vu leur appartement ou leur maison saisis par la banque entre 2007 et 2012. Quant aux ménages endettés, ils ont fini par se débarrasser de leurs logements pour opter pour la location. Par ailleurs, le modèle allemand, plus équilibré, semble le plus pertinent avec 40% de la population logée dans le secteur locatif privé, alors que le parc social ne représente que 6%.

Dans ce pays, le régime juridique protecteur limite le risque d’être évincé de son logement par le propriétaire et les loyers sont restés stables grâce à un système juridique d’encadrement des hausses de prix. Cette régulation publique des loyers s’accompagne aussi d’une bonne qualité générale des logements. C’est pour cela que le marché locatif peut constituer une alternative pour des millions d’Algériens, à condition que les loyers soient accessibles. L’Algérien ne demande qu’à accéder à une location sécurisée et en adéquation avec son revenu et sa situation familiale.

Les agences avouent ne pas contrôler le marché de la location. Qui le contrôle selon vous ? Et qui en tire les bénéfices ?

La réglementation existe. Elle est détaillée, mais elle doit être améliorée pour suivre la métamorphose qu’a connue la société algérienne depuis les quinze dernières années. Alors qu’elle est le garant d’une transaction sécurisée et fiable, l’agence immobilière agréée n’a pas pu avoir la côte auprès des Algériens, même si elle reste l’unique acteur économique autorisé par la réglementation à faire de l’intermédiation dans les transactions immobilières. Donc, le premier gagnant de cette déstructuration reste le smasri qui travaille au noir. Et c’est lui qui donne le tempo avec une marge de bénéficie de 20 à 30%, ce qui revient très cher aux demandeurs de location.

L’avance annuelle de loyers reste le plus grand problème de cette formule. Vous avez proposé, récemment, de l’interdire dans une lettre que vous avez adressée aux groupes parlementaires qui siègent à l’APN. Pouvez-vous nous expliquer votre démarche ?

Parmi les solutions que nous proposons figure l’encadrement de la location. Comme l’ont constaté plusieurs experts de l’immobilier, l’avance annuelle de loyers est une barrière infranchissable pour beaucoup d’Algériens, qui disposent pourtant de revenus réguliers leur permettant de payer leur loyer, mais qui ne peuvent avancer la totalité du loyer annuel, sauf en s’endettant, ce qui demeure un frein pour beaucoup. Revenir à des pratiques commerciales normalisées à travers l’interdiction de l’avance annuelle permettra à beaucoup d’Algériens aux revenus modestes de louer et d’habiter un logement décent et constitue la solution idoine pour les jeunes couples.

C’est pour ces raisons que nous avons proposé aux décideurs de modifier la législation en vigueur afin d’interdire l’avance annuelle de loyers. Cette proposition est partagée par 82% des 2931 internautes sondés. Rappelons que le paiement mensuel était effectif en Algérie avant l’avènement de la décennie noire, période où les propriétaires, par soucis liés à la situation sécuritaire, exigeaient une avance d’une année. Dix ans après la fin de la tragédie nationale, cette pratique n’a aucune justification.

En accompagnement à cette proposition, nous préconisons de fixer une durée minimale pour les baux de location à usage d’habitation. Trois années semblent une durée raisonnable pour permettre au locataire de jouir de sa location en toute tranquillité, et garantir un minimum de stabilité pour la scolarité des enfants. Le bail de trois années permettra également la stabilisation des prix de location qui ne pourront augmenter pendant cette durée.

Enfin et pour ne pas léser les propriétaires, plusieurs solutions peuvent être envisagées pour leur garantir le règlement des loyers. L’instauration d’une assurance loyers impayés qui couvrira le propriétaire en cas de défaillance du locataire, est une des solutions. La création d’un organisme de caution, qui pourra assurer ou se substituer aux locataires dans certains cas (perte d’emploi, décès, etc.), peut aussi être envisagée. L’idée est d’ouvrir le débat au niveau de nos institutions et de faire appel à tous les experts algériens afin de promouvoir le marché locatif dans notre pays. Lire la suite

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