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L’Algérie mal classée

Publié le 26/01/2017, par dans Non classé.

Selon l’IPC publié hier, l’Algérie recule de 20 places par rapport à son classement de 2015 (88e). Qualifiant ce score « d’énorme marche arrière», l’Association algérienne de lutte contre la corruption (AACC) estime qu' »il illustre on ne peut mieux l’absence de volonté politique à lutter contre la corruption».
L’Algérie reste un mauvais élève en matière de lutte contre la corruption. L’indice de perception de ce fléau (IPC) de l’ONG Transparency International, rendu public hier, lui attribue le score le plus médiocre des six dernières années en la classant à la 108e place sur 176 pays. Selon le document, l’Algérie recule de 20 places par rapport à son classement de 2015 (88e).

Ce résultat la place loin derrière les plus importants pays du Maghreb et de la région MENA. En effet, en Afrique du Nord, le pays partage la même place avec l’Egypte, mais il est devancé par la Tunisie (75e) et le Maroc (90e). Dans la zone Moyen-Orient-Afrique du Nord, ce sont les Emirats arabes unis (24 e), le Qatar (31 e), la Jordanie (57 e), l’Arabie Saoudite (62e), Oman (64 e), Bahreïn (70 e) qui devancent largement l’Algérie.

« Malgré les changements politiques qui ont secoué la région il y a six ans, l’espoir des peuples arabes dans la lutte contre la corruption n’a pas progressé. Au contraire, la majorité des pays arabes n’ont pas répondu à la volonté du peuple de construire des systèmes démocratiques permettant une plus grande transparence et responsabilité», note Transparency International.

Ce résultat est qualifié par l’Association algérienne de lutte contre la corruption (AACC) de « désastreux pour l’Algérie». Dans un communiqué rendu public en réaction au rapport de Transparency International, l’Association fait d’abord une comparaison des scores obtenus par l’Algérie ces six dernières années et souligne l’énorme régression : « L’Algérie avait obtenu en 2015 la note de 3,6 sur 10 et la 88e place ; en 2014 la note de 3,6 et la 100e place ; en 2013 la note de 3,6 sur 10 et la 94e place ; en 2012 c’est 3,4 sur 10 et la 105e place ; en 2011 la note catastrophique de 2,9 sur 10, la même qu’en 2010, et la 112e place, reculant de 7 places par rapport au classement de 2010 !» L’Algérie, rappelle l’AACC, occupe la très peu reluisante 19e place en Afrique et 10e dans la région MENA (Maghreb et Moyen-Orient).

« Résultat de la fuite en avant du pouvoir»

Qualifiant ce score « d’énorme marche arrière», l’AACC estime qu' »il illustre on ne peut mieux l’absence de volonté politique à lutter contre la corruption. Mais plus grave, ce score et ce classement sont le résultat de la politique de fuite avant du pouvoir en place». Ce dernier a fait de la corruption son « fonds de commerce pour se maintenir à n’importe quel prix», dénonce l’Association.

Cette dernière rappelle aussi l’inefficacité des organisations gouvernementales en charge de la prévention et de la lutte contre la corruption. « Elles sont toutes frappées d’inertie, inefficaces et aux abonnés absents, obsolètes et périmées. Ces organisation sont la Cour des comptes, l’Organe national de prévention et de lutte contre la corruption, l’Inspection générale des finances, l’Office central de répression de la corruption, la Cellule de traitement du renseignement financier, les Pôles judiciaires spécialisés dans la lutte contre la délinquance économique et financière, etc.», explique l’AACC.

« Pour le pouvoir en place, l’ennemi est la ‘lutte’ contre la corruption», sinon comment expliquer que « les lanceurs d’alerte et les dénonciateurs de la corruption sont systématiquement l’objet de toutes sortes de représailles et de mesures arbitraires et illégales pouvant aller jusqu’à l’emprisonnement abusif», ajoute la même source.

L’indice de perception de la corruption, rappelons-le, note 176 pays et territoires sur une échelle de 0 (extrêmement corrompu) à 100 (extrêmement intègre). La notation est établie selon les niveaux de corruption perçus dans le secteur public. L’indice utilise les données de 12 enquêtes portant sur des facteurs tels que l’application des lois anticorruption, l’accès à l’information et les conflits d’intérêt.
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