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«L’Algérie est en première ligne face à l’immigration clandestine»

Publié le 12/12/2016, par dans Non classé.

Les bouleversements de l’échiquier géopolitique et les guerres, ces cinq dernières années, avec l’effacement des frontières, notamment en Irak, en Syrie et en Lybie, ont jeté des millions de personnes sur les route d’un exile forcé !»
Telle est la première phrase introductive de Benjamin Stora, à l’adresse des étudiants et enseignants de l’université 8 Mai 1945 de Guelma, des autorités civiles et militaires de la wilaya de Guelma, ainsi que du consul général de France à Annaba et du directeur de l’Institut français de Annaba venus, samedi dernier, assister à une conférence-débat de cet historien intitulée « Migration et histoire», organisée à l’occasion du 56e anniversaire des manifestations du 11 Décembre 1960.

En effet, la situation du flux migratoire vers l’Europe et les pays voisins de conflits, qu’a brossée Benjamin Stora, est plus qu’alarmante, à telle enseigne qu’elle a suscité la réouverture d’anciens camps et la construction de murs. Un flux migratoire « qui n’est pas seulement dû aux guerres, mais aussi à la famine et aux conditions climatiques. La Turquie accueille 1,5 million de réfugiés, 3 à 40 000 en Tunisie et 1,4 million au Liban et en Europe plus d’un million de migrants sont arrivés depuis 2015», dira l’orateur. Et de poursuivre : « L’Algérie possède la plus grande frontière au sud avec 1400 kilomètres et 1200 km au nord.

Ce qui fait d’elle un pays en première ligne face à l’immigration clandestine et au trafic d’armes.» Ainsi « le fossé» tend à s’élargir entre les pays du Sud et ceux du Nord (Europe). L’historien appuie son analyse sur un fait gravissime : « L’Europe se protège des migrants et renforce ses frontières même dans des poches, telle celle de Melilla au Maroc, et assiste au démantèlement des pays-nations et l’effacement de leurs frontières en Syrie, Irak et Libye.»

Un point que partagent de nombreux intervenants dans la salle, mais nuancé par la suite par Benjamin Stora : « Je pense que le complot et la manipulation pour mener ces pays au chaos, notamment au départ des révolutions, ne soient pas vrais. Posons la question à ceux qui ont manifesté pour plus de démocratie et de liberté à cette époque. Ils se retrouvent aujourd’hui en pleine guerre !» Avec la colonisation de l’Algérie par la France et la confiscation des terres des paysans algériens, accentués par la Première Guerre mondiale, les premiers flux migratoires d’Algériens sont apparus en France.

« Dès 1920, puis avec l’appel à la main-d’œuvre entre 1954 et 1962, le nombre de migrants algériens s’est multiplié par deux et dépasse les deux millions, avec notamment 130 000 à 350 000 cotisants à la Fédération de France du FLN. En 1980, elle dépasse la communauté portugaise jusqu’à là majoritaire, devenant, depuis, la plus forte communauté étrangère en France», précise Benjamin Stora et de conclure : « Généralement, le premier objectif d’un migrant expulsé est de revenir dans ce même pays, parce qu’il le connaît parfaitement. Hélas ! Nous vivons dans un monde où les plus riches ont le droit de circuler librement !» Lire la suite

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