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L’Algérie dans la même interrogation

Publié le 18/04/2016, par dans Non classé.

L’Algérie est dangereusement en état d’échec. Sans gouvernail, elle est livrée aux quatre vents.
Deux ans, jour pour jour, après la reconduction du chef de l’Etat, Abdelaziz Bouteflika, pour un quatrième mandat, le 17 avril 2014, l’Algérie est toujours dans la même interrogation. Est-il en mesure d’assumer les charges qu’impose la fonction présidentielle ? Qui gère le pays ? Qui va succéder au Président, très handicapé par la maladie ? Les mêmes questionnements préoccupent les Algériens qui ont toutes les raisons de se soucier, après la dernière apparition du locataire d’El Mouradia dans un état de santé inquiétant, de l’avenir de leur pays.

Qui n’aurait pas aimé que la compétition politique soit centrée sur les choix à faire pour sortir de la grave crise qui secoue l’économie, sur la meilleure manière d’améliorer le quotidien des Algériens, sur comment rendre l’école et l’université algériennes performantes, sur la meilleure manière d’opérer l’inéluctable transition énergétique, sur les questions environnementales, etc. ? Ce sont ces débats qui auraient pu être les nôtres. Ceux de la classe politique, des citoyens lambda, des élites et de la jeunesse.

Deux ans après la reconduction du président Bouteflika, on se retrouve malheureusement encore à palabrer indéfiniment de son état de santé, de la corruption qui s’est répandue comme de la gangrène, de la féroce lutte de clans, pendant que le salut de la nation demeure toujours suspendu à la Bourse des marchés internationaux du pétrole. Notre survie et notre stabilité politique en dépendent. L’Algérie est dangereusement en état d’échec. Sans gouvernail, elle est livrée aux quatre vents.

D’un côté, une classe politique qui passe son temps à scruter avec quelle mine on présentera le premier magistrat du pays au JT de 20h et s’il accomplit les actes de gouvernance qui sont les siens ; de l’autre, un pouvoir et ses relais politico-médiatiques qui passent leur temps à tenter de convaincre l’opinion que le chef de l’Etat tient bon, que ses capacités à diriger le pays restent intactes. Voilà à quoi se résume la vie politique nationale ces deux premières années du mandat présidentiel, rythmées par les problèmes de santé du chef de l’Etat et les scandales de corruption qui éclaboussent son entourage.

Mais la dernière visite en Algérie du Premier ministre français, Manuel Valls, a sonné comme une gifle. L’on peut discuter du procédé du responsable français, c’est carrément une autre histoire. Qu’à cela ne tienne, l’humiliation qui se cache derrière l’image d’un Président impotent, très fatigué et incapable de s’entretenir avec son hôte du jour a eu tout de même ce mérite de réveiller un pays, un peuple, sur ses réalités et sur ses mensonges qu’il a admis, et sur cette vérité qu’il connaît depuis un temps : le titulaire du mandat présidentiel n’est plus à même de gérer et d’autres, tapis dans l’ombre, attendant l’heure de la curée, le font à sa place.

Tous les discours et les mensonges de la faune politique qui rôde autour du palais d’El Mouradia n’ont pas résisté à une image cliquée dans un tweet. Qui croirait, aujourd’hui Omar Ghoul, ministre du Tourisme, ou Ahmed Ouyahia, chef de cabinet de la Présidence, qui crient à « la trahison» et à « la main de l’étranger» ? Personne. Sauf ceux qui veulent bien les croire ou font mine de les croire en échange de quelques dividendes. Le pays est réellement en crise et, visiblement, peu de monde tente d’imaginer une issue. Lire la suite

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