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L’Algérie classée parmi les mauvais élèves

Publié le 04/07/2016, par dans Non classé.

Le département d’Etat américain a classé l’Algérie dans la catégorie 3 sur la liste des pays qui pratiquent la traite des humains, ne respectent pas les normes minimales en matière de lutte contre ce phénomène et ne font pas de grands efforts pour y faire face. L’Algérie risque de faire l’objet de restrictions financières…
Pour le département d’Etat américain, l’Algérie « est un pays de transit et, dans une moindre mesure, de destination et d’origine pour les femmes victimes du travail forcé et de la traite sexuelle et, dans un moindre degré, pour les hommes soumis au travail forcé». Il précise en se référant à des « groupes» de la société civile, qu’il ne cite pas, que l’Algérie devient « de plus en plus un pays de destination pour les migrants sans papiers et les victimes de la traite des personnes. Des réseaux criminels, qui s’étendent parfois jusqu’en Afrique subsaharienne et en Europe, se livrent aussi bien à la contrebande qu’à la traite des personnes.

Des hommes et des femmes venus d’Afrique subsaharienne, souvent pour se rendre dans des pays voisins ou en Europe, pénètrent en Algérie volontairement mais illégalement, et souvent avec l’aide de passeurs. Nombre de ces migrants, dans l’incapacité de payer les passeurs une fois arrivés en Algérie, se retrouvent endettés, et les femmes peuvent se voir contraintes à la prostitution, au travail domestique et à la mendicité».

Le rapport reste très prudent en utilisant le conditionnel, comme s’il n’était pas sûr des sources diplomatiques et des ONG. « Les migrantes nigériennes qui mendient en Algérie sont peut-être des victimes du travail forcé et portent souvent dans leurs bras des enfants qui sont parfois loués à leurs mères vivant au Niger. Les hommes venus d’Afrique subsaharienne sont soumis à la servitude domestique ; leurs employeurs leur confisquent souvent leurs pièces d’identité, les empêchant ainsi de sortir et les forçant à travailler à la maison. Les migrants clandestins anglophones en provenance d’Afrique subsaharienne sont particulièrement vulnérables au travail forcé et à la traite sexuelle en Algérie, en raison principalement de la pauvreté et des obstacles linguistiques.

Des femmes et des enfants d’origine étrangère, principalement des migrants d’Afrique subsaharienne, se voient forcés de se prostituer dans des bars et des maisons de passe informelles par des trafiquants qui sont souvent des compatriotes des victimes.» Bien plus, le rapport souligne : « Des femmes algériennes et, dans une mesure bien moindre, des enfants algériens sont victimes de la traite sexuelle dans leur pays.»

Pour le département américain, le gouvernement algérien ne se conforme pas pleinement aux normes minimales requises pour l’élimination de la traite des personnes et ne consent pas d’efforts appréciables pour le faire. Il n’a pas déployé d’efforts vigoureux pour enquêter sur les auteurs de traite des personnes à des fins d’exploitation sexuelle et de travail forcé et pour les poursuivre en justice.

Les efforts « minimes» de l’Algérie

Pis encore, il a accusé l’Algérie de continuer « d’amalgamer la traite des personnes et le trafic de migrants et certains fonctionnaires ont nié l’existence de la traite des personnes dans le pays». Il recommande aux autorités algériennes d’enquêter sur les contrevenants à la législation sur la traite des personnes à des fins d’exploitation sexuelle et de travail forcé, en les distinguant des auteurs d’infraction à la législation réprimant le crime de trafic de migrants, les poursuivre en justice et condamner les coupables à des peines de prison ; établir des procédures formelles pour guider les responsables officiels et les aider à identifier les victimes du travail forcé, de la prostitution forcée et de la prostitution des enfants, en particulier dans les communautés de migrants clandestins, de fournir des services de protection appropriés, notamment des services d’hébergement, des soins médicaux et psychologiques, une assistance juridique et d’une aide au rapatriement à toutes les victimes de la traite.

Le département estime que « l’Algérie a déployé des efforts minimes pour lutter contre la traite des personnes par des moyens répressifs (…)». Relevant la pertinence de certaines dispositions du code pénal, en ce qui concerne la traite des humains, « le département trouve, néanmoins, incertain que le gouvernement dispose d’un système efficace pour recueillir des données sur les actions policières de lutte contre la traite des personnes et pour produire des rapports, et les responsables éprouvaient des difficultés à distinguer entre la traite des personnes et le trafic illicite de migrants».

Toutes ces raisons ont fait que l’Algérie a été classée dans la catégorie 3 des pays qui ne se conforment pas aux normes minimales en matière de traite des humains, et ne font pas d’efforts importants dans cette direction. Elle risque de faire l’objet de « restrictions en matière d’aide bilatérale dans le cadre desquelles les Etats-Unis peuvent retarder ou suspendre l’octroi d’aide extérieure non humanitaire et non commerciale». De même qu' »elle risque de ne pas recevoir de financement concernant la participation de ses fonctionnaires à des programmes d’échanges éducatifs et culturels».

Les Etats-Unis peuvent aussi s’opposer à l’octroi d’aide par des institutions financières internationales, telles que le Fonds monétaire international et la Banque mondiale. Il est à préciser que la catégorie 1 de ce classement regroupe les pays dont le gouvernement se conforme pleinement aux normes minimales relatives à l’élimination de la traite des personnes. La catégorie 2 se compose des pays dont le gouvernement ne se conforme pas pleinement aux normes mais déploie des efforts importants pour s’y conformer.

La catégorie 3 concerne les Etats dont le gouvernement ne se conforme pas pleinement aux normes minimales et ne fait pas d’efforts importants dans cette direction. Le secrétaire d’Etat est autorisé à dispenser un pays d’un déclassement automatique sur la base de preuves crédibles indiquant qu’une dispense est justifiée parce que le gouvernement de ce pays a rédigé un plan écrit qui, s’il était mis en œuvre, correspondrait à des efforts importants entrepris pour se conformer aux normes minimales d’élimination de la traite et qu’il consacre assez de moyens à la mise en œuvre de ce plan.
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