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«L’Afrique a besoin d’être aidée par les pays historiquement responsables des changements climatiques»

Publié le 07/11/2016, par dans Non classé.

– Quel est le plus grand impact des changements climatiques sur l’Afrique ?

Avant de parler des gros impacts, il est important de situer l’Afrique par rapport aux changements climatiques. Le cas de l’Afrique est un peu particulier parce que c’est le continent le plus sensible et le plus vulnérable aux changements climatiques de par le monde. Les experts du GIEC ont annoncé dans le rapport de leur 5e et plus récente évaluation du climat que l’augmentation de la chaleur de +1° sur le globe terrestre entraînerait une élévation de 2° en Afrique, notamment dans la région du Sahel et du grand Sahara. Les changements climatiques entraîneraient également des perturbations dans les précipitations.

Il sera plus fréquent de constater des inondations dans un pays ou une région et de la sécheresse dans une autre. L’Afrique va beaucoup pâtir des conséquences du réchauffement climatique. Les impacts vont se faire sentir sur l’ensemble des éléments de la vie, qu’ils soient physiques, naturels, économiques, environnementaux ou sociaux. Selon des études, il résultera de ces impacts l’augmentation des migrations, l’exode, la raréfaction de l’eau, la perturbation des cycles agricoles et des calendriers culturaux, sans oublier les impacts économiques.

– Compte tenu des ces impacts importants sur le continent africain, quels sont alors les défis qui doivent être relevés ?

De par cette situation, ces vulnérabilités vont augmenter, les pays africains devront relever plusieurs défis économiques, sociauxc et environnementaux. Le premier défi est de s’adapter à ces changements climatiques, notamment dans le secteur de l’eau avec une meilleure gestion, le stockage et l’utilisation des ressources hydriques même dans les régions où le manque d’eau ne se pose pas. Dans ces régions, notamment tropicales, il s’agit de prévenir les risques des crues et inondations.

Vient ensuite la question de la sécurité alimentaire incluant ainsi les répercussions des perturbations des précipitations sur l’agriculture. Chose qui augmenterait le taux d’appauvrissement de ce continent. Conscientes de tous ces impacts, c’est la première fois que le climat figure parmi les objectifs des Nations unies pour le développement durable. L’un des grands enjeux est essentiellement l’accès à l’énergie.

L’Afrique regorge d’énergies renouvelables. Le défi est d’optimiser l’accès à l’énergie et d’éviter au maximum l’atteinte à l’environnement, comme le recours au bois pour produire du charbon. L’Afrique doit conjuguer tous ces éléments et autres pour retrouver un équilibre qui lui permettrait de s’adapter et à se développer.

– Le sous-développement de l’Afrique est-il réellement bénéfique, comme le prétendent certains ?

Je ne saurais être d’accord avec cet avis dans le sens où il est impossible de faire face aux effets du changement climatique que s’il y a un certain acquis de technologies et de savoirs. Les pays développés ont tous les moyens pour faire face de la manière la plus appropriée aux phénomènes environnementaux résultant des changements climatiques.

Contrairement à l’Afrique, dont la charge sera encore plus lourde qu’elle ne l’a été. L’élément-clé dans cette histoire de changement climatique est que l’Afrique est la moins responsable de cette situation. D’où la demande des pays africains dans les différentes négociations climatiques de bénéficier du savoir des pays développés, notamment dans l’accès à l’énergie, le renforcement des capacités, l’accès aux nouvelles technologies…

C’est cet enjeu auquel l’Afrique est en train d’essayer de faire face pour être en mesure de répondre à tous les autres défis et s’adapter sans dégâts aux changements climatiques. L’Afrique ne peut pas relever tous ces défis toute seule. Elle a besoin d’être aidée par les pays historiquement responsables de cette situation environnementale critique.

– Qu’en est-il de l’Algérie ?

L’Algérie est en train de faire beaucoup d’efforts. Elle s’inscrit pleinement dans la démarche internationale et mondiale de lutte contre les changements climatiques à travers la contribution nationale soumise en septembre 2015, mais aussi la signature et la ratification de l’accord de Paris. Sur le plan national, il y a énormément d’efforts déployés dans le développement de l’agriculture, le programme relatif aux énergies renouvelables avec l’ambition affichée de produire 22 000 mégawatts à l’orée 2030.

Cela permettra de répondre aux besoins croissants des citoyens, des industriels et de l’administration algérienne. S’ajoute à cela la mise en exploitation du rail électrique qui est un véritable engagement dans la réduction des gaz à effet de serre. L’Algérie a également annoncé sa contribution, dans le cadre de l’accord de Paris, de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 7 à 20% d’ici 2030. Ce qui n’est pas une mince affaire et participera vraiment à l’effort mondial. Lire la suite

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