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L’affaire n’était qu’une histoire de règlement de comptes

Publié le 16/12/2016, par dans Non classé.

– Vous êtes le premier journaliste à avoir alerté l’opinion publique sur l’état de santé de Mohamed Tamalt et sur sa situation en prison. Quel est votre ressenti depuis sa disparition ?

Je suis effondré. Je le considérais comme un fils. J’avais une relation particulière avec lui car il était étudiant à Londres avec mon fils. Je connais aussi sa famille avec qui j’entretiens de très bonnes relations depuis de longues années. Je savais que le pouvoir voulait conclure un accord avec lui. Certaines personnes voulaient que Tamalt cesse d’écrire sur elles en contrepartie d’un pardon et d’un retour sans problème en Algérie. Mais elles l’ont mis en prison.

Sa détention était arbitraire car il n’avait pas été inquiété à l’aéroport. Les services de sécurité l’ont interpellé près de chez lui, alors qu’il n’était pas poursuivi en justice. S’il y avait diffamation, c’était à la justice de le convoquer et de le juger, mais la sentence ne pouvait dépasser une simple amende. Le changement de prison dont il a fait l’objet a démontré que l’affaire n’était qu’une histoire de règlement de comptes et non une sanction.

Mais j’avais d’autres craintes. Je savais que s’il lui arrivait quoi que ce soit, cela enfoncerait encore une fois l’image du pays et pourrait nous mettre à nouveau face à la crise. C’est le pouvoir qui voulait lui régler son compte et c’est à lui de résoudre le problème. Il a porté atteinte à la vie d’une personne et c’est à lui d’en assumer les conséquences.

– Dans l’une de vos chroniques, vous avez accusé certaines sphères du pouvoir d’avoir orchestré le retour de Tamalt dans le but de l’incarcérer. Vous avez même avancé des noms. Pensez-vous que Tamalt ait été piégé ?

C’est Tamalt lui-même qui me l’avait raconté quand on s’était vus, en février dernier à Londres. Il m’avait dit qu’il avait été contacté par deux personnes. La première était un député algérien établi en Algérie et le deuxième le chef de la sécurité de notre représentation à Londres. J’ai vérifié l’information pour le chef de la sécurité, mais je n’ai que les déclarations de Tamalt concernant le député, qui a d’ailleurs démenti cette information.

J’avais conseillé à Tamalt de ne pas les croire. Je lui avais dit qu’il pouvait seulement rentrer s’il avait les garanties du président de la République en personne. Mais il n’a pas voulu m’entendre. Il voulait retrouver sa mère et me disait qu’elle le pleurait chaque soir et qu’elle avait vraiment envie de le revoir. Maintenant, je ne peux vous dire s’il était piégé ou pas. Tout ce que je sais, c’est que si un Etat promet quelque chose, il est dans l’obligation de s’y tenir. Il s’agit là d’un Etat, qui doit respecter ses promesses.

– Peut-on inscrire l’affaire Tamalt dans le registre du délit de presse ?

Non, je ne le pense pas. Je suis convaincu que c’était un règlement de comptes. Même si on peut dire aujourd’hui que ses écrits ne répondaient aucunement aux règles de l’écriture journalistique, mais ils restent véridiques. Ce que publiait Tamalt (textes ou photos) sur sa page facebook était fondé à 99%.

On ne peut qualifier ses publications d’atteinte aux personnes, car ce qu’il partageait était vérifié. Ses informations étaient justes. Le juge devrait en faire de même et vérifier l’authenticité de ces informations. Les gens sur qui il écrivait voulaient que Tamalt les laisse tranquilles, eux, leurs familles et leurs amis, car ils sont au pouvoir.
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