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«L’affaire El Khabar est liée aux conditions de succession à Bouteflika»

Publié le 16/05/2016, par dans Non classé.

– Au-delà du soutien que vous apportez à El Khabar, quelle analyse politique faites-vous de cette affaire ?

Mon soutien au quotidien El Khabar est dicté par des principes : défendre la liberté d’expression, la liberté de la presse et la démocratie. Ceci, d’une part. D’autre part, nous devons nous élever contre les injustices. Il faut reconnaître qu’on ne détient pas tous les détails de cet imbroglio.

D’autres magnats détiennent des journaux et des chaînes de télévision. El Khabar tout comme El Watan sont des ouvertures démocratiques qui font un travail d’information et de sensibilisation auxquels nous tenons. En tant que militants, ils nous ont accompagnés et pour notre part nous devons les soutenir dans les moments de crise.

El Khabar, j’en suis convaincu, ne s’est pas engouffré dans une affaire illégale et, à partir de là, on s’interroge et on dénonce ces coups assénés contre les libertés. Dans cette histoire, le pouvoir fait d’une pierre deux coups : tenter de se débarrasser d’un journal libre et crédible, et mettre des bâtons dans les roues à un capitaine d’industrie qui réussit à l’étranger et qu’on veut étouffer dans son pays.

– Après plusieurs reports, pensez-vous que la justice rendra un verdict dans la transparence ?

Je suis persuadé que la justice et ceux qui la font marcher auront tôt ou tard un sursaut d’orgueil. Des échos proviennent de ce secteur faisant état de voix de magistrats qui entendent agir dans le sens du droit pour ne pas aggraver ce climat de malaise fait de cumul d’injustices. Pour de nombreux magistrats, l’enjeu est de défendre leur dignité et leur honneur. C’est, en tout cas, mon sentiment.

– Certaines voix disent que c’est l’homme d’affaires Issad Rebrab qui est directement visé. Quel est votre avis ?

Cela est indéniable. Des journaux gouvernementaux et des chaînes de télévision du régime ne cessent de dénigrer cet homme d’affaires, et ce sont des signes très forts. On ne peut pas expliquer cet acharnement uniquement par la volonté de lui nuire. Car dans tout projet d’économie libérale les entrepreneurs doivent recevoir de la considération et non pas des blocages.

L’argent est fortement lié au pouvoir et une distribution des cartes se dessine. Les voix indociles ne sont pas les bienvenues dans le clan et l’oligarchie de cette fin de règne du régime Boufeflika. Dans ces moments de crise, au lieu que le pouvoir libère l’économie pour attirer des investisseurs étrangers et donner des assurances de stabilité politique, il fait tout le contraire.

– Pensez-vous que cette inhabituelle agitation du pouvoir à travers ses relais politiques et médiatiques s’inscrit dans la perspective de la succession du président Bouteflika ?

Dans les sphères du pouvoir, on sent de l’affolement pour maîtriser les conditions de succession. L’objectif est de garantir l’influence, le pouvoir et les intérêts de la caste dirigeante. Tout l’enjeu est là. C’est indéniable, le sérail a peur que ce processus échappe à son contrôle et de perdre des intérêts qui semblent colossaux. Tout ceci se passe dans un climat d’opacité.

En tant que citoyens, il faut exceller dans le décodage pour saisir ce qui se trame autour de nous pour la simple raison qu’on n’a pas une vie publique transparente. La situation a commencé avec le troisième mandat et s’est aggravée avec le quatrième qu’on a octroyé à Bouteflika. Le décideur n°1 n’est pas en possession de ses capacités pour gérer le pays et cela veut dire qu’il n’y aura pas de politique claire à court et moyen termes. Le bateau Algérie n’est pas à l’abri de tempêtes graves. Lire la suite

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