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L’activité chirurgicale suspendue depuis mercredi

Publié le 15/04/2018, par dans Non classé.

L’activité chirurgicale à la clinique de chirurgie cardiaque Mohamed Abderrahmani à Bir Mourad Raïs, à Alger, a été interrompue durant deux jours, mercredi et jeudi. Toutes les interventions chirurgicales ont été reportées à une date ultérieure.
L’équipe de chirurgiens a décidé d’arrêter l’activité en raison de nombreux problèmes liés au manque de moyens élémentaires pour faire fonctionner un bloc opératoire.

Absence de réactif pour les examens biologiques, de lampe scialytique pour l’éclairage au bloc, de tensiomètre, de scoop et de respirateur et tant d’autres dispositifs nécessaires pour une intervention chirurgicale, a signalé le personnel médical et paramédical rencontré à la clinique. « Il y a quelques mois, on arrivait à opérer au moins trois malades par jour, là il est quasiment impossible de le faire.

Un seul patient est généralement programmé pour que l’on puisse bien travailler en toute sécurité. D’ailleurs, les rendez-vous sont retardés à chaque fois et là, on a des patients pour mars 2019.

Nous avons d’énormes difficultés à assurer notre mission. A chaque fois qu’on demande des bilans complémentaires pour les patients en déséquilibre hormonal, la TSH nous dit qu’il n’y a pas de réactif, alors qu’il y a tout ce qu’il faut. Le directeur a donné des instructions à l’infirmier de rejeter les demandes, sauf celles qu’il valide lui-même. Le kit de réactifs a été enlevé à l’automate et remis à la pharmacie de l’hôpital.

Si c’est pour faire des économies, ce n’est pas au détriment des patients. C’est le cas également pour les dispositifs médicaux, notamment les valves, les patchs, le chirurgien doit faire une ordonnance signée qui doit être validée par le directeur.

Depuis quand c’est le directeur qui décide des prescriptions ?» s’interroge un chirurgien, qui a tenu à nous montrer le bloc opératoire en état de surcharge, où les fils électriques jonchaient le sol. « J’ai également décidé de ne pas opérer dans de telles conditions depuis deux jours.

Arriver à cacher des réactifs et dire que l’établissement n’en disposait pas, c’est grave. Menacer l’infirmier de sanctions s’il prend en charge les demandes des bilans et refuser de délivrer les dispositifs médicaux sans l’aval du directeur sur la prescription du chirurgien, c’est doublement grave.

Mes cartons sont déjà faits et je suis sur le point de partir», a déclaré le Pr Bourezak, l’ancien chef de service. Par ailleurs, les patients en attente d’une intervention chirurgicale ne savent plus à quel saint se vouer. « Je suis là depuis deux mois en préparation pour subir une intervention chirurgicale, et là on nous dit que tout est à l’arrêt.

Comment allons-nous faire ? J’ai laissé mes enfants en bas âge et un a abandonné l’école, vu mon absence de la maison. On demande l’intervention des responsables pour régler ce problème. J’ai été hospitalisée dans cet établissement en 2015, tout allait bien, et actuellement les choses ont changé. Les garde- malades n’ont même pas le droit au repas servi que je juge très maigre pour nous les malades.

Le chirurgien m’a promis que tout allait bien. Mais s’il part comment vais-je faire ?» s’inquiète une malade, âgée de 43 ans, venue de Biskra. Une autre patiente, allongée dans son lit, regardant la télévision, s’inquiète elle aussi pour son état de santé. « J’attends mon tour, mais il semble que nous allons tous être renvoyés», a-t-elle indiqué. Au premier étage, au service homme, toutes les chambres étaient occupées en cette heure de visite.

La plupart des patients semblent originaires des wilayas de l’intérieur du pays, vu l’absence de visiteurs dans ces chambres. « Je suis arrivé dans ce service il y a plus d’une quinzaine de jours, après avoir passé deux mois à l’hôpital Mustapha Pacha.

Je dois être opéré en urgence, mais là les médecins ont arrêté d’opérer. Ce service est connu pour ses compétences, je ne peux pas aller ailleurs. Je dois attendre mon tour, mais cela risque de prendre plusieurs jours. Nous souhaitons une résolution rapide du problème», lance un patient hospitalisé.

Le directeur de l’établissement, Khaled Bacha, a, quant à lui, réfuté toutes les accusations. Pour lui, c’est de son devoir d’assurer la traçabilité de tout ce qui doit être consommé par le service. « J’ai effectivement exigé les signatures des ordonnances pour savoir qui est le prescripteur.

Je suis tenu d’assurer la traçabilité de tout ce que nous achetons et consommons. Pour ce qui des réactifs, je dois dire que 80% des demandes pour la TSH sont des malades externes. Durant les derniers trois mois (janvier, février, mars), sur l’ensemble des demandes enregistrées, une seule concernait un malade hospitalisé et le registre fait foi.

On ne peut pas continuer à ce rythme», a-t-il souligné avant de préciser qu’un projet de rénovation du premier étage (salles post-opératoires et le bloc opératoire) est prévu et les travaux devaient débuté le 1er mars dernier. « Tout est prêt pour entamer les travaux, l’entreprise a été sélectionnée, l’équipe médicale a été informée pour s’organiser par rapport à l’activité chirurgicale.

On a même commencé à libérer certaines chambres. Malheureusement, des lits ont été remis et des malades ont été installés sans m’en informer et l’opération a encore été gelée», a-t-il déploré.

Il est à noter qu’une inspection a été dépêchée par la DSP et une enquête est en cours au sein de l’établissement.

Le rapport de l’inspection sera rendu aujourd’hui, avons-nous appris. En attendant, les patients hospitalisés, une cinquantaine, sont dans le flou total.
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